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Le mandat de trop ? Enjeux, dangers Par Habib KÂ, chef du bureau régional de Matam, Thilogne

Le troisième mandat engendre nécessairement des craintes, des peurs. Si les tensions politiques persistent à 25 mois de la fin de son mandat, Macky Sall pourrait assurer ses arrières avec un dauphin choisi à cet effet.

Les successions à la tête des états sont très difficiles, les départs, traumatisants, parce que le nouvellement élu, au-delà de ses pouvoir illimités, hérite d’une constitution qu’il peut réviser à ses convenances, un pouvoir d’accès libre à toutes les institutions et organes, des partenaires internationaux, des hommes d’affaires ; tout un monde ouvert devant lui, à sa simple signature magique, si bien que le président et l’État se confondent pour ne faire qu’un.

Le sortant, quant à lui, privé de touts ces extras par la suite, c’est,  comme lui crever les yeux de la tête. S’y ajoutent, le danger d’être rattrapé  par une mauvaise gestion, les histoires de rééditions des comptes, la chasse aux sorcières, l’inspection Générale d’Etet (IGE), les autres organes de contrôle, sans oublier la redoutable Cour de Répression de l’Enrichissement Ilicite (CREI), toujours active pour régler les comptes de l’entourage et du cercle immédiat de la famille présidentielle déchue. Le 3ème mandat engendre nécessairement donc toutes ces craintes, toutes ces peurs.

Conscient de tout cela, le président Macky Sall, à quelques 25 mois de la fin de son mandat, cherche à rempiler pour un 3ème, cinq années supplémentaires pour différer cette probabilité, et, si les tensions politiques et sociales ne le permettent pas, prévoir une issue heureuse de sortie du pouvoir, un dauphin qui couvrirait ses arrières.

NUL NE PEUT EXERCER PLUS DE DEUX MANDATS CONSÉCUTIFS

Partout dans le monde, deux mandats suffisent. Tout président élu devait s’en tenir à cela, puisqu’en république, il n’y a point d’homme providence, de messie, encore que les élus ne sont pas forcément les meilleurs. Un président ça fait au plus dix ans, et ça quitte, pour se consacrer ailleurs à autre chose. Un pays ne se construit pas dn quinze, vingt ans, il est seulement demandé au président en exercice, dans la continuité de l’État, d’administrer, de gérer dans la transparence, la démocratie.. Nul n’est indispensable. pour que la constitution soit taillée à ses mesures. La charte fondamentale doit être et rester au-dessus du président et non le contraire.

Si tel était le cas, le Sénégal n’en serait pas aujourd’hui là, suspendu au “je ne dis ni oui, ni non” d’un président élu, même s’il avait précisé avec insistance que : “c’est moi qui ai fait rédiger la Constitution. (…) Je ne peux pas me présenter à un troisième mandat. Mais pour le moment, c’est le deuxième (et dernier mandat ndlr) mandat qui est en ligne de mire”. C’etait en 2017, avant la Présidentielle de 2019, prenant à témoin les sénégalais, se désolant même de ne pas savoir quelle langue parler pour être plus explicite, plus convaincant.

Encore qu’en rapport avec la question du 3ème mandat, le président Macky Sall a adopté deux postures séquentielles différentes sur un même sujet et qui trahissent sa volonté de se maintenir au pouvoir.

La première, à la veille de l’élection présidentielle de 2019, pour distraire les velléités de certains de son entourage ministériel qu’il soupçonne avoir des ambitions de le succéder, à ses alliés de Benno Bokk Yakaar (BBY) aussi qui avaient convaincus leur base respective de cautionner qu’il rempile pour un second et dernier mandat.

L’ Alliance des Forces du Progrès (AFP) de Moustapha Niass, perdait son numéro 2, Malick Gacko, par la suite, le Parti Socialiste (PS) de Ousmane Tanor Dieng, amputera une rébellion regroupée autour de Khalifa Ababacar Sall  et une partie, autour de la mairesse de Podor, Aissata Tall Sall, sans compter le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) de Abdoulaye Wade qui n’avait pas désespéré de voir l’ancien ministre Karim Wade, revenir sur la scène politique briguer le suffrage des sénégalais pour la présidentielle de 2019.

Certains disaient et à juste raison, que les calculs politiques de Abdoulaye Wade l’accommoderaient  plus d’une victoire de Macky Sall en 2019, qu’un Idrissa seck ou Ousmane Sonko, qui une fois la victoire acquise, l’appareil d’État sur commande obtiendrait un second mandat sans difficulté et ce qui compromettrait les chances de Karim Wade d’être un jour président de la république du Sénégal.

Il fallait donc rassurer tout ce monde

La deuxième séquence c’est sa réponse ambiguë suite à une question d’un journaliste de TFM, Babacar Fall, le priant de confirmer ou infirmer par un oui ou par un non s’il est toujours à son second et dernier mandat ou pas.

Cette réponse alambiquée prouvait à suffisance que le president Macky Sall était et est encore dans la logique d’un 3ème mandat.

MACKY EN CAMPAGNE BIEN AVANT LE NI OUI, NI NON

Qui encore pour douter de la volonté de Macky Sall de briguer un 3ème mandat ?

Il se prépare et ne travaille que pour cela depuis sa réélection en 2019.

Que Ismaila Madior Fall, éminent constitualiste, conseiller spécial du chef de l’État, Seydou Gueye, ministre, porte parole du gouvernement se dédisent après avoir emboucher la trompette après avoir pris à la lettre les propos de Macky Sall, qu’il fera deux mandats consécutifs un de 7 ans et celui de 5 ans en cours, prouvent que le chef de l’État est dans les starting block de la presidentielle avant tous les autres candidats.

Que les ministres et certains responsables politiques désertent les plateaux de télévisions, pour qu’aucune  questions et interpellations fort embarrassantes des journalistes amusés de leur tirer le ver du nez ne tombent dans la dérision, le ridicule, prouve à suffisance que le mandat du président est en jeu, dans un contexte chargé de danger, mandat de trop qu’il avait lui-même refusé au président Abdoulaye Wade.

Dans le contexte international, le 3ème mandat, en Afrique de l’ouest est facteur d’instabilité, de fragilisation des institutions et de régression politique.

Sous l’ere macky Sall seulement, en neuf ans d’exercices du pouvoir, il a pratiqué avec trois administrations americaines, Barack Obama, Donald Trump, et Joe Biden, trois  présidents en France, Nicolas Sarkozy, Francois Hollande, Emmanuel Macron.

C’est dire que dans ces pays, la démocratie est une réalité, l’alternance, un acquis immuable, la constitution, clé de voûte de la république.

La démocratie  dans les pays arriérés, dépendant comme le disait le président Jacques Chirac est encore un luxe, ses dirigeants, des roitelets locaux.

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