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Le grand oral du samedi : Sos !

Le président Diomaye au grand oral du 02 mai
Sos
La recherche d’onction populaire pour légitimer les actes actuels ou à venir vicie l’atmosphère politique au Sénégal. Les observations et récriminations post-entretien ajoutent à une cacophonie qui amuserait s’il ne s’agissait de la dignité des Sénégalais; celle du président de la République au premier chef.

Son dernier entretien avec la presse, ce 02 mai, a montré un président faible, affaibli et exposé. Ses appels de détresse rappellent Sonko en pleine tourmente avec l’affaire Adji Sarr. À la recherche d’appuis pour légitimer son comportement, Bassirou Diomaye Faye multiplie les sorties qui posent plus problème : son souci du détail renseigne sur le peu de perspective offerte faute de recul pour penser l’avenir. Ainsi, s’il dénonce en gros une précipitation en face, il oublie de préciser qu’il s’est plus appuyé sur l’existant qu’il ne se projette en avant, pour répondre au mal-vivre des Sénégalais. Et peut–être sous un angle qui le met plus en valeur qu’il n’aide à faire la part du feu. D’où et toujours ce goût de cendres à chacune de ses sorties : le phare n’éclaire pas assez pour aider la pirogue Sénégal à éviter les écueils. Il est pourtant plus intelligent qu’il n’y paraît, même si certains y voient plus de rouerie ; comme avec naguère Idrissa Seck, la ruse n’est pas l’intelligence. D’où, finalement, faute de vues en hauteur, ces menaces voilées en formes d’appel d’air…ou d’aveux d’échecs lourds de conséquence pour le futur, quand le Premier ministre n’aura plus sa confiance.
Ses menaces ?
Punir sans toucher à la loi d’amnistie avec les enquêtes qui se poursuivent, menaces sous-entendues de dissolution d’un Pastef sur la mauvaise pente, avertissement à ces ministres qui lui portent publiquement la contradiction. Sans quand même poser le geste républicain régalien, là où les populations l’attendent depuis avril 2024 avec l’affaire Samba Ndiaye : imposer l’autorité de l’État hors toute sensiblerie ou toute crainte.

La virulente réaction de Pastef, au plus haut niveau, ne permet pas de démêler l’écheveau, ajoutant à un bavardage général entre le président Bassirou Diomaye Faye et le camp irréductible du président Ousmane Sonko appuyé par une puissante machine de propagande dans les réseaux sociaux et dans la presse, en plus de sympathies  toujours vérifiées en cas de victimisation avérée. D’où cet équilibre de la terreur, chacune voulant se faire plaindre par l’opinion.

À ce jeu, il faut craindre un retour au Sénégal d’autrefois qui ne se remet pas des troubles de 2021-2023 majorés des difficultés de gestion du temps et l’espace des Sénégalais.
Contrairement à ce qu’avance le président, l’étude pointue des évènements entre 2021 et 2023 conduit bien à un fanatisme religieux des bonzes du Viêt-Nam et des kamikazes (vents divins) japonais. “Le don de soi pastéfien” n’est pas une vue de l’esprit avec tous les sous-organes évoqués dans la période de la crise. Pire : l’absence de perspective pour les populations expose la force de la jeunesse à tous les actes désespérés.
S’il avait commencé à reprendre du poil de la bête avec la confirmation de la coalition “Diomaye Président” par devoir plus que par nécessité, le puissant réseau Pastef semble l’avoir ébranlé.
Savoir recevoir, c’est aussi savoir se dépasser ; le coup bas au groupe Wal Fadjri a manqué de hauteur. Il est vrai que la rencontre de ce samedi semblait réunir des acteurs rompus dans le duel à fleurets mouchetés. Je te tiens la barbichette, tu me tiens la barbichette.
Il faut craindre pour ce pays.

Pathé MBODJE