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Le Daande Maayo, ligne de fracture Habib KA, Thilogne

Le Daande Maayo, c’est cette zone lisière qui borde la frontière du Sénégal d’avec la Mauritanie au nord, le Mali à l’est. Une vallée qui s’étend de Dagana à Bakel, communément appelée en Poular Daande Maayo ou rive du fleuve. Pour la région de Matam, l’axe Daande Maayo Nord qui va de Horéfondé à Matam, et celle de Daande Maayo sud, la dorsale qui part de Nawel (Matam) à Dembancané dont le mouvement Daande Maayo émergent (DME) est le porte-étendard.

Les lignes de démarcations sont fantaisistes, les cloisons artificielles et que les autorités administratives rectifieront cette anomalie lourde de conséquences néfastes, dans les délais les meilleurs.

Faut-il encore rappeler que la doléance primaire et récurrente des populations du Daande Maayo a toujours été de sortir d’un enclavement qui les privait de tout : accès aux soins de santé primaire, à l’eau potable, à l’éducation, à la formation professionnelle, à l’emploi des jeunes.

Aussi, le président de la République en tournée économique en mars 2017, avait promis de bitumer la route du Daande Maayo, de Oréfondé à Dembancané et d’aménager des ponts et des pistes pour faciliter la circulation des biens et des personnes avec des connexions sur la Route Nationale 2.

La route, c’est le désenclavement, le raccourci pour le développement rapide d’un territoire. En effet, sans infrastructures adéquates, point d’émergence plausible.

Le Daande Maayo qui va de Nawel à Dembancané et regroupe trente-sept villages présente à lui seul toutes les pathologies caractéristiques d’une région pauvre, arriérée : enclavement, absence d’infrastructures sanitaires, scolaires, d’une administration de proximité pour gérer plus rationnellement l’état-civil, difficile accès à l’eau potable, à l’électricité, aux financements des femmes et des jeunes, d’un système de pompage performant dans les périmètres agricoles.

Le Daande Maayo sud, à l’instar d’autres communes et localités du pays, est tributaire des incohérences territoriales dues à un découpage administratif fantaisiste, inspiré de l’Acte III de la Décentralisation, de manque de collèges, de lycées, de centres de formation, de postes de gendarmerie, etc . . . Des doléances que l’Association Daande Maayo Émergent (DME) porte au pinacle.

En effet, dans son dernier point de presse en date du 20 décembre 2020, l’Association Daande Maayo Émergent (DME), persiste à insister pour le bitumage de l’axe Nawel-Dembacane, Thialy-Kanel pour un désenclavement intégral du Daande Maayo sud.

Le désenclavement de la localité est la voie obligée de tout développement économique, social. Que le plan Sénégal Émergent (PSE), cher au président Macky Sall, ne peut faire l’impasse sur toute une contrée censée suffire elle seule à assurer l’autosuffisance alimentaire de toute la région.

Il urge d’attaquer le bitumage de l’axe Nawel-Dembacané qui, avec les ponts de Ganguél Soulé, de Wendou Boussoyabé, les pistes Bow-Ouro Sidy, Bow-Soringho, ouvre un large boulevard vers le désenclavement, vers le développement tant souhaité par les filles et les fils du Daande Maayo.

Encore faudrait-il se désoler ici de la volonté exprimée par les services de l’État, notamment le Trésor, de prélever 360 millions de francs cfa, 18% sur l’enveloppe de 2 milliards de francs cfa allouée par les bailleurs pour la construction d’un pont et d’une piste Bow-Soringho, au point de provoquer l’arrêt des travaux.

Il faut restaurer la confiance, l’espoir des Matamois. Pour ce faire, le président Macky Sall doit annoncer le ton en dotant le plus rapidement possible le Centre hospitalier régional d’un scanner : le Centre en manque depuis plus de huit mois, obligeant certains malades à se rendre jusqu’à l’hôpital Matlaboul Fawzaïni de Touba pour y faire faire leurs analyses et, si possible, y être admis.

L’hôpital de Ourossogui, face à la Covid-19, manque de matériels. Il ne dispose que de trois respirateurs, pour une région où la pandémie a pris une envergure troublante au point d’être citée parmi les régions les plus infectées.

Il s’y ajoute alors le tronçon Thilogne-Ourossogui qui devait être réceptionné depuis belle lurette, mais toujours cahoteux et rouge de poussière.

Il en est de même du District sanitaire de Thilogne mis en service alors que les travaux restent à être terminés notamment le forage, les logements du personnel, etc . . . L’Hôpital Abdoul Cissé Kane des Agnams, quant à lui, n’est même pas encore fonctionnel.

Il faudrait également installer des banques de crédits agricoles à taux d’intérêt raisonnables, des magasins de vente de matériel et produits agricoles, un système rationnel organisé d’écoulement de produits vivriers, de stockage et de conservation des produits agricoles.

Un aéroport fonctionnel tous les jours, ce sont des évacuations sanitaires, des séjours d’affaires, un service fret opérationnel, des vivres frais qui peuvent être destinés régulièrement à l’extérieur, en toute saison. Atteindre l’aéroport de Ourossogui pour plus de 600 km en 90 environ, c’est une opportunité économique qui s’ouvre pour tout un monde d’hommes d’affaires, d’investisseurs, de commerçants et de petits métiers.

Des opportunités sur le secteur hôtelier, le redéploiement des succursales des agences de voyage. Tout un travail : réservations, achats de billets, faire ses formalités d’enregistrement depuis l’aéroport de Ourossogui et l’aéroport international Blaise Diagne, devient une escale pour les vols par correspondance vers l’Europe, les Etats-Unis et d’autres destinations dans le monde.

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