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L’Atychiphobie, la peur de l’échec ! Une anxiété cognitive qui enterre l’instinct créateur Chérifa Sadany Ibou daba SOW

Il est tout à fait normal d’avoir la crainte d’échouer ; mais lorsque cela devient excessif, le sentiment se transforme en véritable phobie, d’où l’atychiphobie, la peur de l’échec․ Des victimes partagent leur vécu dans ce reportage.

« À mes 6 ans, je me souviens, mon père m’accompagnait jouer au football. Par-là, il commençait à me faire des reproches. Du genre : « Je ne dois pas laisser que les autres me prennent le ballon, qu’il ne faut pas que je tombe, qu’il faut que je marque un but à tout prix ». Finalement j’étais devenu une machine.

A l’école, c’était la même chanson : je n’avais presque plus le temps de loisir tellement j’étais concentré à rendre fier à mon père en n’échouant pas․ Et depuis, dans tout ce que j’entreprends, la voix du vieux me revient à la tête avec sa fameuse phrase :  ” Il ne faut pas ” ».

Edou (nom d’emprunt), aujourd’hui chef d’entreprise, a pourtant connu des échecs dans sa vie malgré l’éducation galvanique qu’il a reçue : deux mariages ratés, un licenciement et plusieurs échecs dans son travail. Ces évènements l’ont effectivement traumatisé. « J’avais du mal à toujours me remettre de chaque échec. Je faisais la guerre avec ma conscience pour m’en sortir. Mais ce n’était pas évident, surtout quand l’orgueil et la colère prenaient le dessus sur mon raisonnement. Je piquais une crise de colère excessive, j’étais devenu une personne orgueilleuse, Je peux même dire jalouse au final. Complètement inhumain. Mais j’ai eu à surpasser les étapes cauchemardesques de ma vie grâce à ma grand-mère, paix à son âme. Cette dame m’a récupéré pédagogiquement en me réconciliant avec ma bonne conscience », raconte-t-il, taciturne certains peuvent être traumatisés depuis leur enfance par leur entourage․ C’était le cas de Edou qui, très tôt, a été saccadé par son père qui ne voulait que sa réussite․

Mbaye, lui, évolue dans la communication mais il a sa façon de vaincre la peur de l’échec : « Je me confie toujours à une personne de confiance qui soit capable de me rassurer objectivement, de m’enflammer » ․ Souvent, il est n’est atteint d’atychiphobie que lorsqu’on lui donne « des responsabilités » termine-t-il avant de continuer : « Plus d’une fois, j’ai décliné une offre alléchante qui pouvait exceller ma carrière professionnelle. Mais cette peur m’a handicapé ».

De quoi aviez-vous peur au juste ?

« De ne pas être à la hauteur, répondit-il. C’est comme un manque de confiance en soi. Je me pose beaucoup de questions ».

De quels genres ?

« Serais-je capable de bien mener les tâches, suis-je assez performant ?  Pourrais-je y arriver ? Les autres le font-t-ils mieux que moi ? Ces genres. Finalement, je décline l’offre après ces questions ».

Comment vous vous sentiez après avoir décliné des offres ?

« Soulagé, mais triste en même temps. Je me dis qu’au fond, je pourrais essayer avant de me désengager, mais la phobie me domine au moment de prendre une bonne décision. Au final, je la laisse me terrasser si je n’ai pas de solutions pour la vaincre », avoue-t-il.

Comme il est défini, la crainte est une expression de nombreuses névroses s’imbriquant de manière complexe. Et donc, ça fait perdre la confiance en soi et tue l’instinct de créativité.

Au nom tarabiscotant, l’atychiphobie, aussi paralysante qu’elle puisse être, ne peut être vaincue que par l’optimisme… avant tout.

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