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La polygamie, porte-étendard de femmes instruites pour sortir du célibat

Combattue autrefois par les femmes instruites, aujourd’hui, la polygamie attire de plus en plus la nouvelle génération. Par choix, mais aussi du fait de la pression sociale.

Anta, 32 ans, est originaire de la région de Louga. La jeune femme, qui s’est mariée à l’âge de 22 ans, a vécu deux mariages et divorces de son premier mari. Elle se dit aujourd’hui prête à se battre pour sa liberté. Mais où est-ce qu’elle peut trouver cette liberté à laquelle elle fait allusion ? « A côté d’un homme marié », révèle-elle.

 « J’ai été mariée à l’âge de 22 ans avec mon cousin, qui avait quatre (4) années de plus que moi. Et sa famille m’a obligée d’arrêter mes études pour être une bonne épouse. Je vous dis que j’ai vécu toute sorte de malheurs et mon mari est resté zen devant cette situation.  Des disputes à ne plus en finir. J’ai même divorcé deux fois.  Mais, à chaque fois, mes parents m’obligeaient à retourner à mon domicile familial. Mais la troisième fois, j’ai pris mon destin en main. Et j’ai dit : « Basta ! C’est fini pour ce mariage. », narre-t-elle.

Victime de violence conjugale, Anta devenue aujourd’hui commerciale dans une boutique d’opérateur téléphonique garde précieusement sa nouvelle relation avec un certain banquier marié qui lui a promis de l’épouser à la veille de la fête de la tabaski. « Hiii… ces temps-ci je vis love story (histoire d’amour). Je suis avec un homme marié. Il est un banquier, marié avec deux enfants. C’est un homme si mature qui me comprend et me comble sur tous les côtés.  D’ailleurs le mariage devrait être célébré à la veille de la tabaski. Tout est prêt », s’excite-t-elle.

Un choix que notre interlocutrice assume. « Quand je suis sortie de mon premier mariage, je me suis jurée ! « Plus d’hommes célibataires dans ma vie ! ». Non seulement ils sont immatures mais ils ne font que suivre à l’aveuglette tout ce que leurs parents racontent. Et je sais qu’avec mon homme marié, non seulement j’aurais du temps pour moi une fois qu’il est avec sa première épouse mais je pourrais gérer tranquillement ma vie professionnelle. », explique-t-elle avec décontraction.

Anta n’est pas seule à se ruer vers les hommes mariés pour, dit-elle ; avoir une vie stable, mais Coumba également en est fait un choix. « Pour dire vrai, je n’ai pas le temps de m’occuper d’un mari au jour au jour vraiment.  Devenir la niarel (seconde épouse, en wolof), j’en rêve depuis que je suis  gamine », déclare la trentenaire, qui allie étude et travail.   Elle poursuit : « Je suis une formation Master 2 en Administration et je suis responsable dans l’entreprise où j’évolue. Et je vous le dis, j’ai un calendrier tellement chargé qui ne me permet guère d’être une première épouse avec toutes les contraintes que ça incombe», peste-t-elle.

Mais, pour les deux dames Anta et Coumba, la polygamie est un choix. Tel n’est pas le cas pour Fatmata. Cette dernière qui, après de longues études, n’a pas pu avoir le boulot qu’elle désirait, est devenue maintenant commerçante ; elle veut sortir du célibat coûte que coûte, du fait de la pression sociale et de sa famille. Et qu’importe qui sera l’heureux élu. Même un homme marié fera l’affaire pour elle.

« J’ai récemment soufflé mes 35 bougies. Pour vous dire que je ne suis pas une petite gamine. Ma famille ne cesse de me souffler aux oreilles : « A quand le mariage ? ». Vu mon âge, je sais que c’est difficile d’être en couple avec un homme célibataire, pour un jour penser à s’unir pour toute une vie. Surtout que maintenant, la ménopause, c’est à partir de mon âge. Ma seule issue pour espérer être la femme de quelqu’un, c’est au côté d’un homme marié », estime l’aînée de la famille Mbodienne.

Fanny ARDANT

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