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La photographie, précurseurs et successeurs: L’héritage est-il bien conservé ? Par Sadany SOW

La photographie sénégalaise a vécu ses moments les plus fastueux avec ses précurseurs. La maîtrise technique et la passion dont ils ont fait montre ont permis une plus large diffusion de la photographie au sein de la société. En l’occurrence, chacun est un peu photographe maintenant et se trouve à la fois dans le rôle de consommateur et fournisseur d’images. La crainte se reformule en question : comment bien gérer l’héritage ?

Pape Abdou Thiam Photographe
Pape Abdou Thiam Photographe

Le préfixe « photo » désigne la lumière, la clarté. Le suffixe « graphie » peindre, dessiner, écrire. Littéralement, c’est « peindre avec la lumière ».

La photographie est l’ensemble des moyens techniques, des procédés et des matériels qui permettent d’enregistrer ce que l’on a imaginé visuellement et /ou à la suite d’un stimulus visuel mécanique, de conserver une représentation graphique des moments, des objets ou des personnes. C’est aussi un moyen d’expression plus ou moins abstrait, portant la signature de son auteur, le photographe, et dont l’objectivité est équivalente à n’importe quelle œuvre artistique.

La photographie en tant qu’art permet ainsi plus que tout autre medium d’ancrer la réalité. Elle est devenue un objet de recherche. C’est-à-dire qu’à travers la photo, l’homme s’informe sur l’homme. Elle peut aussi devenir une façon d’organiser la pensée et de raconter des faits sans les paroles.

Depuis longtemps, elle, la photographie, est devenue un art répandu au Sénégal. C’est au XIXe siècle qu’elle est arrivée dans le pays. À l’époque, c’était Saint-Louis et Dakar qui furent les portes d’entrée de cette invention apportée par la colonisation. Mama Casset (1908-1992), Meïssa Gaye (1892-1993), Mix Guèye (1906-1995), furent les premiers photographes au Sénégal.

Y a-t-il eu un changement entre temps ?

Alassane Faye, propriétaire du laboratoire à Pikine  Texaco, tente de répondre à cette question. « J’ai 20 ans d’expérience dans le métier en tant que réceptionniste au début, puis caissier, puis gérant, et voilà je deviens propriétaire. En fait, la photographie, à l’époque, était réservée aux personnes d’un certain niveau social, les riches. Mais depuis qu’ils se sont retirés, les choses ont effectivement changé », et pourquoi ?

Mama Casset premier photographe au Sénégal
Mama Casset premier photographe au Sénégal

« Parce qu’il n’y a pas d’organisation dans le métier de la photographie. Tout le monde veut devenir photographe ; conséquence : le professionnalisme s’écroule. Au début, pour être photographe, il fallait être initié, encadré mais, depuis la numérisation, c’est devenu la catastrophe », répliqua El Hadji Diop photographe professionnel. Il semble que Pape Abdou Thiam n’est pas du même avis. « Ah oui, pour moi le numérique ne gâche pas le métier, c’est une évolution surtout avec les téléphones qui contribuent à son avancement ».

Il est clair que le numérique est bien mais à l’heure de la matérialisation des images. Le tirage sur papier reste encore le meilleur moyen de voir et de monter rapidement ses photos. Et aussi de les conserver.  Le papier reste à ce jour la seule véritable garantie de postérité pour les clichés à condition qu’il soit d’une qualité suffisante pour résister à l’épreuve du temps. N’est-ce pas Oumar Diouf ?

« Avec 12 ans d’expérience, je peux confirmer que les albums sont faciles à conserver. Mais il y’a un problème. Les stocks de papier sont déjà à terme. Ceux qui devaient provenir de la Chine sont retenus à cause de la pandémie. Du coup, nous sommes obligés d’utiliser d’autres papiers pour tirer des grands formats. S’il y a rupture totale de papiers, faudra faire recours aux téléphones parce qu’il y n’aura pas d’album ».

 

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