La fiscalité pour les nuls
Fiscalité et réalités socio-économiques
Le Sénégal doit-il suivre le modèle français ?
Avec les difficultés actuelles qui sévissent dans les relations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), des universitaires développent un débat bien abscons pour nous les profanes en la matière. Armé de notre bon sens, nous disons ce que nous pensons à ce sujet, quitte a être le Candide.
En tout cas, un peuple doit savoir épargner, éviter le gaspillage, réaliser des investissements productifs , etc…
Au Sénégal, il faut repenser la fiscalité en tenant compte de nos réalités sociales très différentes de celles de la France dont on a pratiquement décalqué le système fiscal ou bien il a bien inspiré celui du Sénégal.
Quelques points à mettre en exergue :
Le travailleur célibataire est lourdement imposé en France parce qu’il y’avait une politique nataliste après les saignées dans la population des trois guerres 1870, 14/18 39/45. Par ailleurs, le célibataire n’avait pas de personnes à charge.
Au Sénégal, il n’y a pas de problème de reconstitution de la population. Ce serait peut-être même le contraire. Certaines familles, nombreuses, peinent à assurer le nécessaire à leurs membres notamment les enfants (santé, éducation, logement, nourriture, habillement, loisirs, etc…).
Par ailleurs, à moins d’être un “monstre social” ((il y’en a), tout travailleur célibataire au Sénégal a en charge sa famille d’origine et même celle élargie. Très souvent, il ploie sous les charges qui normalement relèvent de l’Etat, lequel est souvent défaillant quant à la prise en charge des indigents.
L’étonnement s’élargit encore lorsque de petits artisans (tailleurs, menuisiers, petits commerçants etc…) sont frappés de fiscalités extrêmement lourdes si l’on considère les revenus réels dont ils disposent, lesquels ne permettent même pas de satisfaire les besoins essentiels de leurs familles comme ceux évoqués ci-haut.
Chaque peuple devra trouver son propre chemin de développement. Il ne s’agira certainement pas de copier servilement ce qui a été fait ailleurs et qui a conduit au succès.
Toutefois, une constante demeure et là je vais citer le regretté et vénéré Khalif Cheikh Abdoul Ahad Mbacké : Boo beugué sa kaaleu yagg thieu sa boop, dieuké ke teukk thieu sa ndigg. Autrement dit : si tu veux un avenir prospère, commence par travailler durement.
La sagesse wolof nous a indiqué depuis bien longtemps le chemin à suivre pour connaître un véritable progrès, certains diraient le développement.
Ababacar Sadikhe DIAGNE
