La culture fulfulbè, du début à la fin
Fièvre identitaire avec l’affaire Ngoné Saliou
La sève nourricière de la culture fulfulbè
L’épouse de Ndiadiane Ndiaye, fondateur du Djolof, les mères des présidents Léopold Sédar Senghor (Bakhoum) et Abdou Diouf (Dème) et de beaucoup de vénérés guides de nos tarikhas sont peuls. Comme l’homme, la culture fulfulbè est au début et à la fin de la civilisation sénégalaise.
Une procession d’intellectuels, d’hommes de science, de politiques, de célébrités, d’artistes et d’activistes qui sont sortis de leur réserve naturelle pour accorder leurs voix à un hymne, la Fulanité.

Par Habib KA,
Chef du bureau régional de Matam,
Thilogne
Si elle se rappelait que l’épouse de Ndiadiane Ndiaye, fondateur du Djolof, les mères des présidents Léopold Sédar Senghor (Bakhoum), et Abdou Diouf (Dème) et de beaucoup de vénérés guides de nos tarikhas sont peuls, alors elle se raviserait.
Si elle avait pris la peine de s’informer sur l’Université coranique de Pire Sanokhor, Abdou Karim Daff, le choix prophétique du premier Almamy du Fouta, la construction de la première grande mosquée au Fouta, elle ne stigmatiserait pas un Diawando.
Si Sénopalel, Kanel, Thilogne, Mboumba ne réveillent aucun souvenir en elle pour regretter ses propos, alors elle déçoit.
Elle s’est embourbée à la merci de la clameur, fards et artifices, célébrité, désirs et rêves avec.
Toute erreur se paie cash.
Elle sert désormais de casus belli à l’étendard Peul et Macky la pierre de touche pour distinguer le vrai peul du faux.
La presse sénégalaise étant ce qu’elle est, soudoyée par les pouvoirs politiques et financiers pour lesquels elle fait presque office de service de communication, reprendra les échos de cette fièvre pour quelques semaines, le temps d’une nouvelle.
Ngoné aura la latitude d’apprendre enfin que Sarakholés, Soninkés, Maures, Wolof, Sérères et Peuls cohabitaient merveilleusement dans un espace qui s’appelle le Fouta et de ce brassage culturel et des métissages ethniques ont enfanté le sénégalais hétérogène.
Et que le destin impérieux de vivre ensemble conduit à préserver les sensibles différences et métissages qui font le charme et le bonheur d’une grande Nation.
Aucune voix parmi les plus audibles ne s’est levée pour s’indigner, dénoncer ou condamner la dérive communicationnelle. Au contraire, c’est une procession d’intellectuels, d’hommes de science, de politiques, de célébrités, d’artistes et d’activistes, qui sont sortis de leur réserve naturelle pour accorder leurs voix à un hymne, la Fulanité.
Leur position recommande plus d’équilibre dans des situations pareilles.
Ils sont d’abord des citoyens sénégalais, considérés et appréciés par des Sénégalais de partout, notamment leurs lecteurs, clients, fans, abonnés, non pas pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils font.
Ici, ils l’exercent dans une langue qu’ils maîtrisent souvent mieux que la leur. Une langue qui leur a permis, par la magie des médias, d’avoir une très grande audience et une popularité spectaculaire. Ne serait-ce que pour cette simple raison, ils devaient y aller sans chauvinisme, avec équilibre.
La réaction des mères et pères de famille blessés dans leur honorabilité est compréhensible et tout à fait naturelle. Rien ne saurait expliquer la crudité choquante des propos de la journaliste.
Si son intention première était seulement de peindre l’ancien président de la République de toutes les couleurs sombres, qu’elle s’en limite à çà, au lieu d’en être arrivée à flétrir la fierté d’une communauté.
Ngoné Saliou s’est laissée emporter par ses sentiments pour traiter un sujet qu’elle ne maîtrise pas.
