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La bataille du Ndoucoumane est imminente: Abdoulaye Seydou Sow comme un vent de renouveau Par Habib KA, Bureau régional Matam, Thilogne

Cela a tout l’air d’un 15 avril 2009 avec le coup porté à Mata Sy Diallo de l’Afp

Le député-maire de Kaffrine est dans une impasse, toutes ses échappatoires éventrées.

Il est parfaitement conscient du danger imminent que représente pour lui son jeune homonyme, adversaire politique, membre du parti au pouvoir, de surcroît ministre qui a la confiance du chef de l’État, et un des jeunes loups à la pointe du combat pour défendre l’action politique et donner une lisibilité aux grandes réalisations de son président. Macky Sall est en train de promouvoir Abdoulaye Seydou Sow, un jeune qui depuis son ralliement, continue de connaître une ascension fulgurante.

Le porte-parole du Parti socialiste (PS) est conscient de cela, presque sûr qu’à l’amplitude où souffle ce vent de renouveau générationnel, que ses jours sont désormais comptés à la mairie de la commune et à l’assemblée nationale.

Abdoulaye Wilane a donc raison de pousser encore ses cris, des cris d’orfraie, pris de court par la tournure des actualités, la célérité des événements comme une rafale de tourbillon entrain de souffler sur l’hôtel de ville de Kaffrine et faire voler à l’air son fauteuil de maire. Wilane, bon sérère, se rend à l’évidence des mauvais signes qui obscurcissent son horizon, conscient du malheur qui est en train de se tramer contre lui.

Il le sent venir, il le sait inéluctable pour avoir fait le même coup, à quelques différences près, un 15 avril 2009, à Mata Sy Diallo, présidente des Femmes de l’Alliance des Forces du Progrès (AFP) et Lionne du Ndoucoumane : alors que tous deux étaient membres d’une même coalition électorale, Benno Siggil Sénégal (BSS), Abdoulaye Wilane, socialiste, exploitant le différend du président Wade et de son ancien premier ministre Moustapha Niass, s’est, contre toute attente, ligué avec la coalition SOPI au pouvoir pour s’adjuger le fauteuil du maire de Kaffrine et offrir sur un plateau la présidence du Conseil régional au libéral Babacar Gaye.

Aujourd’hui, le scenario se présente différemment : le président de la République, maître du jeu, sans aucune pression sur lui, a les moyens de placer les hommes à lui, de les imposer. Si, aux Législatives 2017, Macky Sall avait porté son choix sur Abdoulaye Wilane pour des raisons de dosage, de consensus pour satisfaire des alliés, en 2020/2021, il ne s’encombrerait pas de gêne pour imposer son poulain à la tête de la ville de Kaffrine.

En fait, toute cette rengaine du Socialiste, c’est de faire trop de bruits, crier fort pour se faire peur, jouer sur la conscience ou les sentiments du candidat-président Macky Sall. Abdoulaye Wilane et ses camarades de parti qui pensent comme lui, se trompent, fondamentalement, ou font comme tel.

Que représente concrètement le PS, du moins ce qu’il en reste sur le terrain, pour revendiquer des droits ? 305.980 votants, 11,30% en février 2012 et depuis vivant aux basques de Bennoo Bokk Yaakaa r(BBY)

(…) nous avons porté Macky Sall au pouvoir. Donc, nous n’avons à remercier qui que ce soit pour quoi que ce soit. Nous n’allons donc pas accepter que ces gens de l’Apr qui passent leur temps à se crêper le chignon nous marchent dessus. C’est regrettable de constater qu’après tout ce que nous avons fait, il ait décidé de mettre le parti avant la patrie”.

La patrie n’a rien à voir ici : il s’agit d’une coalition politique, non d’un syndicat de partage de privilèges. Une coalition de partis, elle est dynamique, stratégique, temporelle ; elle ne peut pas lier les parties dans l’infini du temps.

Wilane doit se mettre à l’évidence que les choses sont bien en train de changer, seulement dans le sens qui ne l’arrange pas. Il a été parmi les militants socialistes le plus en vue à défendre leur compagnonnage avec le président Macky Sall. Si le slogan est : “On gagne ensemble, on gouverne ensemble », alors il peut continuer à revendiquer.

Abdoulaye Wilane, le maire de Kaffrine, député de surcroît est dans l’agitation fébrile, dans les soubresauts. C’est ce qui explique tout ce boucan, ses critiques acerbes que ses camarades de parti seront loin de cautionner de crainte de représailles du tout puissant chef de l’Etat. Il est conscient du danger qui le menace. C’est ce qui explique tous ces cris, cette avalanche de critiques qui au fond ne sont que des appels à la mansuétude du président de la République : renoncer à le défenestrer de la mairie, et de l’Assemblée nationale.

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