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Khalifa Sall, candidat de Pastef ? P. MBODJE

Le dauphin se noie : un anti système se fait système

L’hypothèse est de plus en plus envisagée au Sénégal et à l’extérieur de chercher un autre candidat pour Pastef pour les élections à venir et la fidélité de Khalifa Sall à Ousmane Sonko dans l’épreuve pourrait être récompensée : le Pastef intellectuel envisage de plus en plus un plan B pour faire face à une situation qu’il estime irrémédiable d’une alternative à Ousmane Sonko. Et ceci malgré les affirmations péremptoires de son responsable du mouvement des cadres. En face, le rang des irréductibles se maintient qui valide toujours la thèse du complot.

Sonko a joué au général de Gaulle rappelé en 58 par le général Jacques Massu le 14 mai, comme le sera Me Wade en 98 pour être le candidat à la présidentielle, mais en sens inverse : il est allé chercher à s’imposer, sentant le danger, anticipant sur ce que serait son avenir immédiat avec des accusations de terrorisme, par exemple, après la découverte d’éléments corroborant une parfaite organisation de déstabilisation urbaine. Mais sa thématique axée autour du complot, ses attaques itératives contre le président de la République ont fini par lasser des intellectuels qui savent faire la part du… feu. Pire : en reconnaissant le système qu’il combat, il traduit une certaine ambiguïté dans sa position philosophique en rupture avec l’idéologie de base de ne pas reconnaître le système et de fusiller tout le monde.

Ousmane Sonko s’est cherché partout sur l’espace politique sénégalais après le 8 mars, plus pour lui-même que pour recueillir le serment de fidélité des autres. Et a laissé perplexes des sympathisants qui ne comprennent pas qu’un anti système puisse rendre visite au système qu’il valide ainsi explicitement.

Par la plume ou par l’oral, ses amis constatent qu’au fond, il rentre dans les rangs sans oser le dire. Et ont compris : Ousmane Sonko, c’est désormais du bruit blanc, un discours qui n’apporte aucune information supplémentaire.

Mais Ousmane Sonko est grillé aussi par ses alliés circonstanciels encombrants qui pensent avoir trouvé la bonne locomotive pour tirer des wagons vides : la France des Insoumis et l’Immortel Ruffin de l’académie des dauphins adoptés et entraînés dans l’Hexagone jurent ainsi avec ceux qui rejettent la présence étrangère au Sénégal, française en particulier ; et certains intérêts suspects cachent mal un candidat pour l’ancien colonisateur. Macky Sall en sait quelque chose : Ruffin Iui avait distribué le grade de Grand Officier de la Légion d’honneur française le 25 mars 2008 alors en difficulté face au clan Wade : la réélection surprise du président sortant en 2007 renvoyait ainsi à la recherche d’un candidat pour 2012 et Macky Sall s’est prêté à ce jeu.

La triste prestation de Raffin le 22 mars dernier dans une chaîne française rappelle 2008 et Ousmane Sonko devenu otage de groupuscules révolutionnaires et religieux a senti le piège trop tard en cherchant à s’en démarquer.

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