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Karim Wade et la conquête du pouvoir: L’art de diriger par les Tic Charles Thialys SENGHOR

Karim Wade n’a pas besoin d’être physiquement présent pour diriger le Parti démocratique sénégalais (Pds). A Doha où il est, Wade-fils s’appuie sur les moyens de son temps, pour accomplir sa tâche, avec les limites que cela peut y avoir. De nombreux responsables en ont été victimes.

Karim Wade est un homme moderne, qui vit de son temps, dans un monde devenu village planétaire comme le disait Marshall McLuhan, dans son ouvrage “The Medium is the Massage ” par un 1967, pour qualifier les effets de la mondialisation, des médias et des technologies de l’information et de la communication.

Depuis 2016 qu’il est en « exil » au Qatar, au sortir de trois ans de prison pour enrichissement illicite, Karim Wade ne dort pas sur ses lauriers. Après la mise à l’écart de ceux qui se présentaient aux yeux de l’opinion comme les successeurs naturels d’Abdoulaye Wade, le chef de file de la « défunte » Génération du concret a gravi très vite les échelons dans la nomenclature du Pds.

Après sa candidature à l’élection a présidentielle de février 2019, il est devenu le Secrétaire général adjoint chargé « de l’organisation, de la modernisation et de l’élaboration des stratégies politiques ». Avec ce nouveau poste, l’ancien ministre d’Etat devient, de facto, le chef du parti compte tenu de l’âge d’Abdoulaye Wade et de ses activités réduites. Dès lors Karim Wade a pris le parti en main en s’appuyant naturellement sur ses hommes de confiance qu’il placera aux postes clés.

Même à des milliers de kilomètres du pays dont il veut présider aux destinées, Karim Wade s’adapte à son temps. Il manage le parti à partir des technologies de l’information et de la communication, notamment par les réseaux sociaux, et Watshapp en particulier.

Mais cette démarche consistant à diriger le parti à partir de ces moyens modernes de communication n’a pas toujours fait l’unanimité. L’ancien ministre chargé de l’organisation et de la propagande au Parti démocratique sénégalais (Pds), en l’occurrence Farba Senghor, en a déjà payé les frais. Très téméraire, il a très souvent contesté les décisions prises à partir de Doha, estimant qu’« on ne peut pas conquérir le pouvoir par Whatsapp et par messages électroniques ». Farba Senghor considère que Wade-fils doit « venir au Sénégal pour se battre, comme l’avait fait son père, s’il veut conquérir le pouvoir ».

Les propos répétés de « l’élément hors du commun du Pds » et sa défiance à l’endroit de celui qui a hérité du Pds lui ont valu une exclusion.

Des responsables du Parti démocratiques en ont aussi perdu de leur crédibilité. L’on se rappelle la sortie de Babacar Gaye à l’émission Grand jury de la Rfm, alors qu’il était porte-parole du Pds, déclarer avec conviction que Karim Wade avec qui il a discuté au téléphone ou par Watshapp serait de retour au Sénégal avant l’élection présidentielle de 2019. La suite se passera de commentaire : il n’a jamais été aperçu au Sénégal pendant ladite période, et jusque-là. Avant lui, Karim Wade avait fait dire, par ces mêmes moyens, à ses frères de parti qu’il sera au Sénégal pour battre campagne. Ces responsables qui se sont appropriés les dires de Karim Wade auront fini de raser les murs, ne sachant pas quoi redire. Malgré tout cela, Karim Wade continue de diriger le parti à distance, par les nouveaux moyens dont il dispose.

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