GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

Karim Wade au Sénégal: Tremblement de terre perspective Habib KA, Desk régional, Matam

Le retour de Karim Wade fera un séisme politique. Le Parti socialiste (PS), l’Alliance des Forces du Progrès (AFP), Rewmi, Suxali Sopi, risquent en effet de se retrouver à la périphérie d’un débat politique qui pourrait se résumer à un éternel tête-à-tête entre le président Abdoulaye Wade du Parti démocratique sénégalais -PDS) et son successeur : le PDS peut fièrement arborer au minimum à lui seul 20% de l’électorat malgré les départs notés très récemment. Un parti structuré, réseauté, qui ne manque pas financièrement de moyens, de logistique, avec le coaching de père Wade, et des déclarations pertinentes de ses cadres, peut encore donner des sueurs froides au pouvoir.

Les coursives des négociations entre le président Macky Sall et le Pape du Sopi Abdoulaye Wade étant toujours accessibles, tout est possible entre ces deux grands joueurs. Ils butent certainement sur le cas de Karim Wade, son avenir politique : Abdoulaye Wade, juriste et politicien chevronné, ne serait pas partant pour une loi d’amnistie, parce que pour lui et le droit, “une amnistie est un acte de pardon pour une faute commise. C’est un effacement de peine et d’amende qui arrête les poursuites et annule les condamnations”. L’histoire retiendra que Karim Wade a été jugé et condamné, assorti d’une amende de 138 milliards, et que le président Macky Sall l’a amnistié.

Abdoulaye Wade serait plutôt, pour la postérité, pour une révision du procès de Karim Meïssa Wade, si tant est que les mobiles qui ont prévalu à ses accusations, inculpation, jugement et condamnation sont purement politiciens. Macky Sall, voulait faire le vide autour de lui, pour s’assurer un règne sans entrave et, aujourd’hui, forcer pour un mandat de plus, de cinq ans.

Ce qui est sûr, Karim Wade ne serait pas un faire-valoir, que lui et son père, battront la carte précieuse pour la der. Ils ont suffisamment donné en gage au président Macky par leur neutralité pour la présidentielle de 2019 : Abdoulaye Wade, faisant roi, aurait soutenu n’importe quel candidat que Macky ne pourrait échapper à la sentence du 2ème tour.

Au plus, pour les prochaines négociations, quand maître Abdoulaye Wade reverra ses conditions à la baisse, l’amnistie accordée, Karim réhabilité, alors s’ouvrira une période de jeu de poker entre deux virtuoses,  le fils et le père, le premier voulant une sortie sécurisée après une gestion très controversée, le second voulant réhabiliter un fils injustement condamné du fait de raison de pouvoir et de justice du vainqueur.

Discuter le bout de gras

Ils discuteront certainement d’une phase de transition, des conditionnalités de la candidature de 2024 et de la gestion du pouvoir post-mackyenne,

Et si tout échoue ? Karim Wade descendrait-t-il à l’improviste au Sénégal en clandestin, ne disposant d’aucun document de voyage, comme Oumar Sarr interdit de sortie du territoire qui a bravé les autorités pour se rendre de Dagana à la Mauritanie voisine, puis prendre un vol régulier pour l’aéroport international de Dakar ?

Karim Wade ne peut se rendre à Dakar. Par contre, il peut se prévaloir de son identité de citoyen français pour descendre dans un pays limitrophe et entrer dans le pays. Difficile sera le pays hôte frontalier avec le Sénégal qui facilitera cette immixtion dans les affaires d’État du Sénégal. Le régime voudrait qu’il restât dans sa prison dorée de Doha, et qu’il ne secouât point la pirogue.

Si d’aventure il réussit à joindre le Sénégal, il aurait réussi, comme son père Abdoulaye Wade, à prendre les devants et imposer son tempo.

Sa place sera certainement en prison, le couteau remué dans une plaie qui peinait à se cicatriser, le rapprochement Abdoulaye Wade-Macky Sall complètement hypothéqué, Il faudrait sur le terrain des militants “concrets” capables d’investir les plateaux de télévision, de désagréger les arguments du pouvoir, d’impacter sur les réseaux et groupes sociaux, des manchettes de journaux prêtes à vendre le fils du président.

Il faut aussi une présence assidue, bien prononcée sur le terrain des luttes et revendications sociales pour contraindre le pouvoir à des reculs sur le terrain des conquêtes démocratiques.

Le régime de Macky Sall fera tout pour que le front social reste serein, apaisé. Qu’il ne se crée pas une ligne de démarcation du Pds, de Khalifa Sall et de Ousmane Sonko et une éventuelle alliance au moins de  deux de ces trois partis pour les prochaines élections municipales et départementales qui pourra remporter plusieurs sièges.

%d blogueurs aiment cette page :