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Joséphine Baker « panthéonisée »

« Je déchirerai sur tous les murs de France le sourire Banania ».

Léopold Sédar Senghor

On l’a toujours représentée presque nue, entourée d’une ceinture de fausses bananes, swinguant un charleston d’autant plus endiablé que la séquence accélérée rappelle « Les temps modernes » de Charly Chaplin. Ajoutez-y ce large sourire révélant des dents bien blanches, à la Banania qui a irrité Senghor, et n’aurez pas tout.

Peut-être alors son entrée au Panthéon le 30 novembre révélera-t-elle la vraie vie de Joséphine Baker, administratrice culturelle devenue actrice culturelle par accident.

Elle sera la première femme noire à faire son entrée parmi les « grands hommes » de l’histoire de France.

Plus parce qu’elle prendra une part active dans la résistance. Citoyenne française depuis son mariage avec Jean Lion en 1937, Joséphine est recrutée dès 1939 par le 2ème Bureau des Forces françaises libres.

Elle servira de couverture au capitaine Abtey (chef du contre espionnage militaire à Paris) grâce à sa renommée internationale lui permettant de circuler librement et ainsi d’aider des réfugiés à quitter le pays. Au cours de soirées officielles, elle devenait agent de renseignements et ses partitions de musique permettaient aussi la transmission de messages codés. Envoyée en mission au Maroc, elle chantera bénévolement devant les troupes françaises et alliées stationnées en Afrique du Nord malgré de graves problèmes de santé.

Dévouée à la France, Joséphine déclare : « C’est la France qui m’a faite. Je suis prête à lui donner aujourd’hui ma vie. Vous pouvez disposer de moi comme vous l’entendez ».

Joséphine fut de tous les combats et utilise sa notoriété pour lutter contre le racisme qui reste omniprésent à la fin de la guerre.

Voyageant souvent pour ses spectacles, elle peut, sans se faire remarquer, récolter des informations. “Les douaniers lui demandaient des autographes au lieu de vérifier ce qu’elle transportait comme documents.” raconte Laurent Kupferman, initiateur de la pétition “Osez Joséphine au Panthéon”. Engagée au sein de la Croix-Rouge, la légende rapporte qu’elle faisait passer des messages secrets cachés dans ses partitions, écrits à l’encre invisible. Plus tard, elle ira chanter pour soutenir les troupes françaises engagées sur le front d’Afrique du Nord.

Pour saluer cet engagement, le Général de Gaulle lui remet la Légion d’honneur, elle est aussi décorée de la Croix de guerre et de la Médaille de la résistance.

Pour elle, il existait une seule race : la « race humaine ». A plusieurs reprises, Joséphine Baker lutta pour la France libre au péril de sa vie !

Ce n’est qu’en 1961 qu’elle reçut des mains du Général Valin la médaille de la Légion d’honneur au Château des Milandes.

Se sentant investie d’une mission raciale, elle crée son « Village du Monde » au Château des Milandes et écrit plusieurs ouvrages dont « Mon Sang dans tes veines », réflexion sur l’injustice de la discrimination raciale.

Joséphine Baker est née le 3 juin 1906 à Saint Louis dans le Missouri, elle était américaine.

Son enfance douloureuse dans une ville marquée par les ségrégations raciales sera le départ d’un combat permanent pour la vie. Elle lutte contre le racisme, pour la liberté, pour la France, pour l’égalité, pour l’amour, pour ses enfants ! Combien de combats ?

Petite fille souriante et gaie, elle n’aura de cesse de réaliser ses rêves et de tenter de réaliser ceux des autres.

Une mère noire américaine, Carrie Mac Donald et un père dont elle ne sait rien, peut-être d’origine Espagnole. Cet homme n’a jamais reconnu Joséphine qui fut toujours tiraillée par le fait d’être « ni noire, ni blanche ».

Joséphine vit misérablement avec sa mère, son frère et ses deux sœurs. Très tôt, sa mère la place dans une famille de « Blancs » afin qu’elle travaille pour ramener de l’argent. Ces périodes de grande pauvreté vont considérablement renforcer le caractère de la petite « Tumpie » qui cherchera rapidement à quitter le nid familial.

Passionnée par la danse, elle organise et imagine des spectacles pour ses amis.

Son caractère bien trempé la conduit très vite sur scène. En effet, habilleuse au départ dans la troupe du Booker Washington Theater, elle remplace un jour une danseuse malade et c’est le début d’une grande aventure artistique. A l’âge de 14 ans, elle gagne son premier cachet au théâtre de Saint Louis.

Ce fut ensuite la France, son deuxième amour.

 

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Sources :

milandes.com

LeParisien

LeMonde

TvMonde

Wikipédia

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