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Institutions : Diomaye Formula

Sénégal-Réformes institutionnelles

Diomaye Formula

Le projet non encore concrétisé de renforcer les pouvoirs du Premier ministre pourrait être la voie royale pour entamer les réformes institutionnelles dont rêve le Sénégal et qui tardent à se réaliser.

Le président de la République a eu une intuition de la solution institutionnelle au Sénégal avec le souhait de renforcer les pouvoirs du Premier ministre. La limite politique entre lui et Ousmane Sonko, la trop grande proximité, n’a pas permis une bonne heuristique, c’est-à-dire une rupture épistémologique pour une meilleure construction de l’objet, de la problématique de révision du cadre institutionnel sénégalais toujours en chantier…dans les têtes. Le président de la République, lui, se contente de vouloir renforcer les pouvoirs du Premier ministre actuel, pour en faire le meilleur que le Sénégal aura jamais connu. C’est une opportunité.

L’idée est là en effet et sa construction rigoureuse et son constat pourraient peut-être aider le Sénégal à enfin réaliser le rêve de certains devanciers assisards. Car la solution pro tempore se limite à un individu quand la loi est impersonnelle ; au demeurant, le Sénégal survivra à long terme, quand nous serons tous morts.

Se déshabiller est un chantier institutionnel important remontant aux Assises de la décennie de l’An 2000, même si les assisards ont été les gros perdants de l’alternance de 2000 et de 2012.
“Passer de président de la République le 24 mars pour un roi le 25” comme dit l’autre renvoie à l’antithèse de la formule non formulée du président de renforcer son Premier ministre en se démettant de certaines charges.
Certes la crise actuelle aux diverses facettes sociales, culturelle, politique et économique ne facilite pas une confiance absolue entre acteurs de la vie publique ; la majorité elle-même est secouée de courants et tendances inhibiteurs qui rendent toute application hasardeuse :  de la toute première nomination à l’affaire Bougar en passant par Azoura, les secousses qui ont ébranlé le pouvoir. Au demeurant, des difficultés de cohabitation ont apparu dès l’abord que d’aucuns ont théorisées comme souhait politique d’une certaine  frange de la population de séparer le président de la République de son Premier ministre ; au surplus certaines positions publiques entre le 10 juillet le le 7 octobre n’aident pas à pousser à la roue pour une intuition sur laquelle de hauts cadres  sénégalais travaillent depuis. Enfin, la thèse du complot à la Sékhou Touré et sa cinquième colonne semble dominer les discussions politiques publiques pour amener une minorité de politiciens à maintenir une majorité de Sénégalais dans la terreur. D’où le silence radar depuis, d’autant plus que la dyarchie de départ ne pouvait engendrer que regrets et ressentiments, la fusion du parti-État voulue à droite créant encore une discussion mal aboutie : en élisant Diomaye, une majorité de jeunes électeurs pensaient élire Sonko qui se disent frustrés de leur acte. La mémoire d’un Amadou Mahtar Mbow, par exemple et le souci de rentrer dans l’histoire institutionnelle du Sénégal devraient servir de prétexte pour aller au-delà des hommes et du temps historique.

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La société bloquée

Un appel à contribution pour débroussailler le thème n’a pas trouvé un écho favorable ; certains intellectuels déclinent en effet tout avis et réflexion devant une situation assez tendue ;  cette démission qui se vérifie à d’autres niveaux pousse certains spécialistes du renseignement et de l’information à craindre une certaine complaisance dans l’écrit de plus en plus favorable au prince.

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L’union sacrée est pourtant d’autant plus de circonstance qu’elle est politique aussi, avec la division de plus en plus prononcé de la société dans une proportion qui ne laisse aucun doute quant au pessimisme ambiant. Tout serait lié.
2009 se voulait un référentiel pour l’avenir. L’absence de décentralisation participative au moment de l’acte III de la Décentralisation suggère une fausse route. Le souhait du président de la République pourrait ramener le curseur sur la bonne ligne.

Pathé MBODJE