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Inondation, à qui la faute ? Une population aussi responsable que l‘Etat décrit son désarroi Khadidiatou GUEYE Fall

Comme chaque année, des coins du Sénégal sont inondés jusqu’au bout. Ce n’est pas la première fois que les médias divulguent des informations relatant l’état de certaines régions dans le pays.

Les inondations sont devenues récurrentes à chaque hivernage, au point que la situation est normale pour certains. Ces inondations font feu et flammes en emportant tout sur leur passage. Des zones de la banlieue aperçues comme des fleuves expulsent les riverains. Des routes impraticables, des quartiers inondés avec de pertes de vies humaines. Une situation insupportable pour les populations qui elles-mêmes ont une part de responsabilité.

Le phénomène répétitif des inondations préoccupe les Sénégalais. Alors que des milliards y sont injectés pour l’arrêt définitif de cette situation, des actes inciviques sont commis par la population. Pour situer les responsables, certains indexent les autorités étatiques, d’autres pointent du doigt la population qui use les infrastructures construites par l’Etat.

El Hadji Niang est un jeune de 31 ans. Cet habitant de Yeumbeul Nord, plus précisément à Darou Salam 6, déplore les cas d’inondation qui se répètent chaque période hivernale.

D’un côté, il accuse l’Etat d’enclencher des travaux sans aboutissement et de ne se focaliser que sur les problèmes causés par l’hivernage en cours. « Nous avons un gouvernement pas du tout visionnaire. Les problèmes d’inondation auraient pu être dépassés depuis la mise en place du plan Orsec. Mais par manque de vision et par manque de pragmatisme préventif, la population vit les mêmes difficultés. Chaque année les mêmes mesures sont prises et malheureusement chaque saison de pluie les mêmes problèmes surviennent », soutient El hadji Niang. Il accuse également la population sénégalaise : « La population est aussi responsable que les autorités. Les habitants des quartiers sont les premiers à saccager les égouts construits dans le sens de la prévention des inondations. Les canaux d’évacuation des eaux pluviales sont bouchés, en grande partie à cause des riverains qui y déversent des ordures de toutes natures. Et pendant l’inondation, ce sont ces personnes qui se lamentent auprès des autorités ».

Notre interlocuteur cible aussi bien les populations que le gouvernement. Car, selon lui, « c’est une question de responsabilité, que chaque partie prenne ses responsabilités ». El Hadji ne s’arrête pas là, il conseille à l’Etat sénégalais de prendre d’autres mesures de prévention beaucoup plus idoines car les mesures de prévention mises en action ces dernières années n’ont pas donné de résultats satisfaisants, qu’il serait préférable d’entamer un forum de réflexion pour une éradication définitive des inondations au Sénégal.

Certes la forte quantité des pluies est incontrôlable, mais un comportement responsable peut aider à réduire les risques d’inondation dans la région de Dakar et sur toute l’étendue du pays. L’absence de curage des caniveaux à l’approche de l’hiver, le comblement des regards par des ordures sont d’autres causes de l’inondation.

Mbayang Sow, une ménagère, soulève cette probable cause de leur inondation cette année : « Ce sont des mesures préventives qui manquent à notre pays. L’Etat devrait penser au curage des canaux avant la période des pluies, mais c’est toujours après les premières pluies qu’il entame les curages. En ce moment, beaucoup de familles sont en train de se trouver un abri à cause des inondations ».

Elle relate le fait qu’aucune étude n’est faite au préalable pour prospecter les lieux de construction des maisons : « Beaucoup de maisons sont construites sur des zones basses où le sol n’absorbe pas les eaux des pluies. Pour ce cas, nous sommes les seuls responsables ».

Ce jeune homme répondant au nom de Mouhamed Nazir Fall habite à Guédiawaye. Il pense que les inondations sont causées par le manque d’infrastructures conformes avec les zones inondables. « La population a bien une part de responsabilité sur ces cas d’inondation car la concentration de certaines maisons en piteux état et les constructions inachevées augmentent le risque d’inondation » affirme le jeune.

Sa petite sœur Mame Nafi Fall abonde dans le même sens : « Les inondations sont dues à la quantité de fortes pluies dont s’en suit l’absence des curages des canaux. Mais la population est en grande partie de la cause des inondations car elle construit des habitations sur des lieux où stagne l’eau des pluies. Alors qu’avant de construire, la vérification et la prospection des lieux deviennent nécessaires afin de voir si ce n’est pas un endroit de stagnation des eaux de pluie ». Cette dernière incite l’Etat à l’aménagement des bassins qui est l’un des aspects de la lutte contre les inondations. Elle propose également la création des plusieurs bassins de rétention et de mettre l’accent sur des programmes de sensibilisation à l’endroit de la population.

Son frère Mouhamed Nazir Fall met l’accent sur la sensibilisation des populations qui d’après lui, sont les principales responsables des inondations.

Les inondations récurrentes sont causées par l’encombrement des bassins de rétention et le manque de réfection de canaux de drainage. Mais la population a une part de responsabilité. Cette dernière renferme les acteurs confirmés qui détériorent les points de déversement des eaux de pluies où ordures et sables bloquent le passage fluide des eaux.

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