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Il était une fois un martyr Mamadou Diop, professeur-étudiant Ndiapaly GUEYE

S’inscrire dans la dynamique des choix et rêves posthumes des dizaines de martyrs ne vaudrait-il pas mieux que de changer de direction ? Que leurs mémoires ne soient jamais trahies par respect et considération aux sacrifices consentis.

Duquette : “La conscience historique est la compréhension du présent grâce à l’interprétation du passé afin d’envisager le futur.”

And so what ! Et après !

Modou, l’espoir de tout un peuple, de sa famille restreinte et de ses parents. Alors promu à une riche, très riche carrière, un bel avenir, comme en atteste son background, grâce à des parents responsables qui auront toujours veillé sur lui. De sa naissance à sa consécration diplômante au niveau universitaire, Modou finira par crouler, sans le vouloir, sous la puissance soldatesque d’un régime enivré par la boulimie insatiable du pouvoir. Quand il quittait chez lui, après avoir fait ses ablutions, une après-midi de vendredi ensoleillée, pour se diriger vers la mythique place de l’Obélisque, il était persuadé qu’il allait prendre rendez-vous avec la mort. N’est-ce pas que l’intention vaut mieux que l’action. Quelle bonne fin, même si celle-ci aura été des plus tragiques. Sa dernière communication avec ses compatriotes et ses coreligionnaires aura été symbolisée par son appel à la prière.

Son dernier certes, mais oh ! combien symbolique. Son devoir accompli, jamais son combat, parsemé d’un esprit de sacrifices, ne restera vain. Car Il aura l’insigne honneur d’avoir fait partie de ceux et celles qui porteront au pouvoir celui à travers qui tous les espoirs étaient placés. L’opposant Macky Sall, sera finalement élu 4ème président de la République du Sénégal.

Un homme né après les indépendances des peuples africains et à travers qui tous les jeunes Sénégalais se retrouvaient grâce aux contenus de ses discours. S’inscrire dans la dynamique des choix et rêves posthumes des dizaines de martyrs ne vaudrait-il pas mieux que de changer de direction ? Que leurs mémoires ne soient jamais trahies par respect et considération aux sacrifices consentis.

Ma reconnaissance au martyr du M23 Mamadou Diop et tous les autres tombés, les armes à la main. Ils restent des symboles de la jeunesse patriotique et combative du Sénégal.

N’est-ce pas que le poète Birago Diop, disait que ” les morts ne sont pas morts…”  Nous devons nous rappeler que l’histoire d’un pays doit s’enrichir de références, de personnes exemplaires qui incarnent des valeurs et vertus sures et qui nourrissent des convictions profondes.

Mamadou Diop en était une et nous le savons tous ! La mort t’a emporté pour ton dernier voyage, à travers la charge brutale d’un « dragon » en furie, dans un moment crépusculaire à la place de l’Obélisque où le Mouvement des forces vives M23 menait la lutte héroïque pour défendre notre Constitution, notre République menacée d’une dérive monarchique. Ton départ est ou doit être également pour les jeunes de notre Nation une occasion de se ressourcer et de prendre conscience de leurs responsabilités, car l’engagement citoyen ou politique des jeunes se construit et prend forme à partir d’une double dynamique, celle de l’héritage et celle de l’expérimentation.

“Cet engagement s’inscrit dans la négociation que toute génération nouvelle doit faire, d’une part, avec la culture politique dont elle hérite et, d’autre part, avec les conditions d’expérience propres à la conjoncture historique et politique dans laquelle elle prend place.”, nous rappelait ainsi M. Abdou Karim Ndiaye le 31 janvier 2014, à la cérémonie d’inauguration du mémorial dédié au professeur martyr Mamadou Diop.

Mamadou Diop a payé le prix fort pour sauver sa patrie.

Il a dit « non à la peur qui fait fuir », il a dit « Oui à l’appel de l’honneur ».

La leçon du sacrifice dans la lutte pour la liberté, la démocratie et la justice continue et un jour elle se propagera dans notre patrie.

Mamadou Diop avait très bien compris cela.

Il avait une foi inébranlable en Dieu.

Sa vocation d’enseignant et étudiant à la recherche du savoir pour servir exprime sa parfaite compréhension de sa mission sacerdotale sur terre. Au long de sa brève carrière, il est resté convaincu qu’un bon enseignement était fondamental pour le devenir de notre pays.

Son engagement pour la justice découle de sa foi car il savait que Dieu est juste et Il aime les justes.

Son niveau de conscience politique était élevé et il savait bien que « seule la lutte libère » et qu’aussi « seul le travail paie ».

C’est-à-dire que véritablement Mamadou Diop demeure et demeurera un modèle de vie, une source d’inspiration. “Il devait, tel un jardinier, permettre à cette pépinière qu’est la jeunesse, de continuer à produire de beaux fruits.” Dixit A.K. Ndiaye.

Bref, il est un exemple à suivre. Il nous restera des souvenirs de Mamadou Diop pour alimenter chacun de nos jours de vie… jusqu’au jour de notre mort.

Le drapeau tricolore qui flotte, les appels à la prière qui lui ont valu le titre de muezzin du M23, le Dragon de la police, les discours sur la religion, les interventions courageuses, les corvées dans les facultés, le sens de l’organisation, l’assurance, la sérénité, la combativité, le sens des responsabilités, les élèves formés, les tripatouillages institutionnels autant d’idées  de faits et gestes qui ne manqueront pas de nous rappeler ses convictions morales et éthiques.

Mamadou Diop n’est pas mort !

Faire en sorte que Mamadou Diop ne soit pas mort en vain, que notre pays dans la liberté se dote d’institutions fortes, nos dirigeants respectent leur parole… et que le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ne disparaisse point.

La vie ne dure qu’un instant, notre amour et notre reconnaissance sont éternels.

Ndiapaly GUEYE,

journaliste indépendant,

email : ndiapalygueye@yahoo.fr

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