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Hausse des denrées de première nécessité: L’opposant de taille pour les Locales  Fanny ARDANT

Le régime de Macky Sall devra désormais considérer la hausse des denrées de première nécessité comme un adversaire de taille pour les Locales de 2022. Les Sénégalais déjà malmenés par la crise sanitaire sont confrontés depuis plusieurs mois à la flambée des denrées alimentaires comme le riz, l’huile, le sucre, la viande, le poisson, le lait pour ne citer que cela. Même le bouillon a connu une hausse : le cube de maggi, jumbo et consorts est passé de 25 FCFA à 50 FCFA sous l’ère Macky Sall.

Et voilà que les Sénégalais doivent composer avec une hausse du prix des matériaux de construction. En effet, selon le dernier bulletin de l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), le prix des matériaux de construction a progressé de 1,3% en juillet 2021, comparativement au mois précédent, sans oublier les inondations par-ci et là. Le tout constitue un cocktail «presque explosif » et  va chauffer davantage un front social déjà brûlant…

Face à ce timing extrêmement difficile, les ministres des Finances Abdoulaye Daouda Diallo et du Commerce Aminata Assome Diatta ont annoncé, face à la presse, jeudi, une baisse des recettes de l’État de l’ordre de 47 milliards de FCFA. Qui selon eux, « aura un impact significatif sur le pouvoir d’achat des ménages sénégalais”.

Ainsi, ils rappellent que le président de la République a pris les mesures suivantes qui vont dans le sens du maintien du pouvoir d’achat, notamment  “la suspension de la taxe conjoncturelle à l’importation (TCI) sur le sucre cristallisé importé,  la réduction de la taxe d’ajustement à l’importation qui passe ainsi de 10 à 5% sur les huiles brutes importées,  le maintien de la TVA à 0 % sur le riz,  la suspension des droits de douane sur le blé, l’application d’un taux de 0% de TVA sur la farine de blé,  le rétablissement des stades de commerce, les droits de douane”.

Mais ces mesures ne seront-elles pas du saupoudrage pour berner des électeurs en vue des Locales ? En tout cas, l’ancien directeur de cabinet du président de la République, Moustapha Diakhaté,  est d’avis que  le renoncement de 47 milliards francs de CFA de taxe, annoncé par l’Etat du Sénégal pour dit-il « sauver les ménages » n’est autre qu’ « une tartuferie gouvernementale ».  Pis, l’ancien parlementaire estime que cette mesure contribuera  « à enrichir les commerçants et tromper les consommateurs sénégalais ».

«Ces baisses proclamées de la taxe sur des denrées et produits de première nécessité, le gouvernement enrichit des commerçants et trompe les consommateurs sénégalais », soutient Moustapha Diakhaté dans une note publiée sur sa page Facebook. Non seulement pour lui « cette décision n’aura aucun impact sur le panier de la ménagère et sur le pouvoir d’achat des populations, mais les prix ne connaitront aucune baisse », raisonne-t-il.

Parce que, dans son argumentaire, Moustapha Diakhaté avertit que « l’inflation, qui a gagné les prix depuis près de quelques mois va continuer à accentuer les difficultés des populations les plus vulnérables. » Par conséquent, « au lieu de dire la vérité aux Sénégalais, le gouvernement verse encore dans le populisme, la démagogie et la propagande pour donner l’illusion de lutter contre les souffrances des populations », regrette-t-il.

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