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Gestion du coronavirus: L’Armée couvre le feu de la colère des populations Charles T. SENGHOR

Des militaires aguerris sont venus à la rescousse des forces de l’ordre depuis jeudi pour apaiser le feu de la colère des populations et des manifestants anti couvre-feu ; toute la stratégie y est : petites unités mobiles, techniques de camouflage, maillage des quartiers chauds de Dakar où ils sont limités pour le moment. Il faut éviter le désordre et, dans ce bras de fer, force doit rester à la loi.

Ça va dans tous les sens dans le cadre de la gestion du Coronavirus avec des mesures souvent contestées par des populations abusées, risquant de décrédibiliser l’institution.

Me El Hadj a contesté la décision du président Macky Sall de limiter, pour le moment  et pendant 17 jours dans les seules régions de Dakar et de Thiès, l’état d’urgence assorti d’un couvre-feu. Dans son propos, l’avocat politicien suggérait d’étendre la mesure à tout le territoire sénégalais ou de ne rien faire parce que le Sénégal est « un et indivisible ». « Le Sénégal est un et indivisible. Si vous devez prendre des mesures pour combattre cette maladie, il faut généraliser et mettre les Sénégalais sur un pied d’égalité », prône-t-il.

Le chef de l’Etat, justifiant sa mesure, soutenait que les 90% proviennent de ces deux territoires. Mais, en prenant et limitant la décision, le chef de l’Etat ne pense pas à ceux qui sortent de ces villes pour aller ailleurs et à ceux qui entrent. Les Thiéssois et les Dakarois, malgré le chiffre inquiétant avancé par le chef de l’Etat, continuent de voyager, de recevoir des étrangers venant d’autres localités.

Des jeunes Dakarois, trouvant la mesure aussi injuste, ont sonné la révolte, refusant de se confiner de 21 heures à 5 heures du matin. De nombreux Sénégalais, qui se sont exprimés, pensent qu’en raison de leur situation précaire, cette mesure visant à les protéger est difficilement acceptable pour eux.

Exiger le respect des mesures barrières 

Le gouvernement a donc d’autres leviers à activer dans le cadre de la lutte contre cette pandémie. Les forces de l’ordre et de sécurité déployées nuitamment pourraient être plus utiles dans le contrôle dans les espaces publics, les transports en commun, les lieux de travail….

L’exemple aussi est pédagogique. Quand ceux qui sont censés faire respecter la loi passent outre, il est clair que le Sénégalais lambda aura du mal à comprendre. D’autant plus que, semble-t-il, des gens contesteraient toujours l’existence de la maladie.

Aujourd’hui, toutes les villes du Sénégal, du nord au sud, d’est à l’ouest, sont touchées par cette pandémie causée par la Covid-19.

Le gouvernement doit en priorité faire respecter les mesures barrières, tels que la distanciation physique, le port du masque, l’interdiction des rassemblements et autres manifestations… Il doit également revoir les horaires de travail, sachant que les travailleurs doivent rentrer parfois très loin. Finir son travail à 17 heures ou 18 heures pour rentrer avec les embouteillages et les problèmes dans les transports, pose problème. Et se mettre en règle est un véritable casse-tête chinois puisqu’il faut choisir entre son travail, et le respect de l’heure fixée pour le couvre-feu.

Le relâchement n’a plus sa place. Or, c’est la chose la mieux partagée aujourd’hui dans ce pays. Le ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, qui a minimisé les heurts dans certains quartiers de Dakar, ferait mieux de reprendre en main le contrôle pour un respect scrupuleux des règles pouvant nous sauver de cette période macabre.

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