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Garderie, le milieu approprié pour la sociabilisation et le développement de l’enfant: Quand les mamans poussent un « Ouf » de soulagement Khadidiatou GUÈYE Fall

La garde de l’enfant ne constitue plus un obstacle pour les parents : les écoles ont ouvert leur porte pour accueillir les élèves. Les maisons commencent à se vider. Les enfants qui animaient les cours de la maison retrouvent leur occupation principale d’aller étudier. Les grands-parents et les femmes de ménage restent les seuls compagnons des petits enfants. Dans certaines circonstances, leurs mamans les amènent à la garderie pour amoindrir la tâche aux nounous.

Dans la famille sénégalaise, les parents rencontraient rarement des problèmes pour la garde de leurs enfants : tous les membres de la famille surveillaient et éduquaient l’enfant jusqu’à l’âge d’intégrer l’école. Mais avec la modernisation, la cherté de la vie et l’émancipation des femmes sénégalaises, la maison ne retrouve ses occupants que tard le soir. Ainsi, tout le monde va au travail, seules les grandes personnes restent à la maison du fait qu’elles sont à la retraite et ne disposent plus de la force de travailler. Les mamans qui jadis supportaient les tâches ménagères et la garde des enfants se retrouvent dans le besoin d’aller chercher un salaire complémentaire aux charges familiales. De ce fait, elles font face à un dilemme de se trouver une personne capable de canaliser les humeurs de leur enfant. Pour certaines femmes actives, la garderie est la meilleure solution pour occuper leurs enfants, car elles sont contraintes par leur profession.

Mariée en 2016 et mère de deux petits garçons et d’une petite fille, Madame Diop est cette mère qui s’inquiète beaucoup pour la garde de ses enfants. Pour son fils ainé âgé de 5 ans et sa fille âgée de 3 ans et demi, Madame Diop choisit une garderie très proche de sa maison. Elle explique les raisons de son choix : « Je suis ingénieure en informatique dans une grande entreprise du pays. Mon travail n’est pas à négliger car il s’agit de données confidentielles. Donc pour avoir la conscience tranquille, j’ai inscrit les deux à la maternelle. Je suis plus rassurée quand ils sont là-bas. Par contre pour le plus petit âgé seulement d’un an neuf mois, j’ai trouvé une nounou dans mon village natal ; elle est d’ailleurs une cousine proche qui s’occupe de lui le temps que je termine à l’aéroport ». Madame agit ainsi pour une raison simple : « Si cela ne tenait qu’à moi, mes enfants resteraient à la maison ou viendraient avec moi au bureau, mais la situation est trop compliquée. Surtout qu’actuellement, les conditions difficiles dans les secteurs de l’emploi ne cessent de s’accroître ; il serait préférable d’amasser toute sa volonté dans la sauvegarde de sa profession et être secondée de l’autre côté pour la garde de ses enfants ». La mère confie que les écoles maternelles sont un cadre sûr pour le développement de leur enfant,  raison par elle leur accorde la priorité par rapport à la nounou.

Mais pour d’autres, une nounou surveillée par les grands-parents réconforte plus la maman.

Aïda Diagne est une commerçante dans un centre commercial. Son milieu de travail ne lui permet pas d’y amener son enfant : « J’ai une fille de deux ans ; malheureusement,  la maternelle à proximité de ma maison est stricte sur l’âge auquel l’enfant doit être inscrit à la préscolaire. Donc il m’était impératif de trouver une nounou qui sera sous surveillance de mes beaux-parents ». Aïda avoue que, pour rien au monde, elle n’engagerait une nounou sans qu’elle ne soit surveillée par un membre de la famille car « les gens sont tellement faux qu’il faudrait avoir un œil sur eux ».

Aïda a été choquée par une vidéo qui circulait sur la toile. Dans cette vidéo, une nounou maltraitait un enfant de moins de deux ans. Depuis qu’elle a aperçu cette vidéo, Aïda n’arrive plus à faire confiance aux nounous. Elle préfère prendre une nounou à condition qu’il y ait de la surveillance permanente. Surtout avec la rentrée : tous les enfants sont à l’école, les petits-enfants manquent de compagnies.

Pour Aïcha, une maman vivant seule avec son garçon, inscrire son enfant à la garderie est une sorte de thérapie. En effet, il a un enfant très attaché à ses parents qui n’a pas l’habitude de sortir. « Mon enfant ne connaît que moi et son père. On est trois dans notre maison. Donc quand il voit une personne étrangère, subitement il commence à pleurer comme s’il faisait une crise. Il m’est impossible de trouver une nounou, car elle finit toujours par quitter à cause des petites crises de bébé. C’est alors que j’ai décidé de l’amener à la crèche dans un monde où il n’y a que des petits de son âge. C’est clair qu’il fera ses petites crises mais avec le temps a va se dissiper, et il va intégrer son monde à lui », articule Aïcha.

D’après elle, l’école maternelle permet à l’enfant de se détacher un peu de ses parents afin d’entamer le débrouillard.

Interpelée sur le sujet, Mademoiselle Guèye donne son avis sur l’importance de la maternelle chez l’enfant. « Les mamans pensent que l’école maternelle leur est bénéfique à elles seules. Alors qu’en réalité le passage de l’enfant fait de lui un être sociable. Le milieu permet à l’enfant de se socialiser et de le préparer psychologiquement à l’école », fait savoir la monitrice dans une école maternelle située dans la banlieue.

Quand certaines mères amènent leurs enfants à la garderie en obéissant à la loi dictée par le monde du travail, d’autres y conduisent leur progéniture dans le but de les préparer s’intégrer et de s’ouvrir aux personnes qui ne sont pas de sa famille. Dans un autre contexte, l’inquiétude d’être perturbées à l’idée que son enfant est entre de mauvaises mains, déstabilise les mamans et impacte sur la qualité de leur travail.

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