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FIDAK 2021: L’Afrique et ses atours. Le Wax donne de la couleur malgré l’absence de visiteurs Khadidiatou GUÈYE Fall

Comme à l’accoutumée, le Cices a accueilli la foire internationale de Dakar. Cette année, l’évènement qui regroupe plusieurs types de secteurs d’acteurs avec des pays d’origines différentes a connu un changement. La morosité qui règne au cœur de la foire n’a pas laissé les vendeurs, les propriétaires de stands et les acheteurs indifférents. Un investissement qui, pour certains vendeurs , est une perte mais offre une visibilité à d’autres engagés dans l’image de leurs produits.

À 11 heures, le soleil rejette et refoule ses rayons sur les visages. Arrivé à la station essence de la foire, une passerelle surplombe les deux voies menant vers la Vdn. Traverser la passerelle est l’issue pour arriver à l’entrée de Cices. À cette hauteur, une « bienvenue » affichée tout en haut de la porte d’entrée principale attire la curiosité des visiteurs. Des voitures défilent et passent et les passagers de montrer leur ticket d’entrée.

À droite de la grande porte, une ruelle mène aux petites portes réservées aux piétons. Un ticket d’entrée, un badge, une carte de presse sont pièces justificatives pour accéder à l’intérieur de la foire. Quelques visiteurs sont aperçus au compte-gouttes dans les parages.

Au pavillon vert, une variété de produits prend la tangente. Les stands sont bien répartis selon les types de produits. Les produits de consommation sont plus présents à travers les céréales. Pour ces types de produits, ceux transformés dans le pays sont classés comme un défi. L’objectif étant de prôner la consommation locale, beaucoup de stands exposent des dérivés du mil, du maïs, du blé, des épices en poudres …

Masque & Foulard

Assise sur une chaîne au fond de son stand, une dame laisse paraître son visage. Elle porte un masque et attache un foulard autour de la tête. Dans son stand, des sachets de couscous de mil, de poudre de mil ainsi que d’autres sachets font le décor. La foire est un moyen pour promouvoir le consommé local, d’après la dame donnant l’apparence d’une femme dans la quarantaine.
« Notre pays a des ressources non exploitées. Donc une petite partie de la population a été courageuse de puiser de ses atouts qu’a le Sénégal, de les exploiter et de les valoriser. C’est ce que l’entreprise est en train de faire », a déclaré l’exposante.

Après 3 stands, la perpendiculaire vers la droite donne une autre facette de l’environnement. Une femme du nom d’Adja Ndoumbé offre un accueil chaleureux. Le sourire accrocheur, elle passe une chaise à une visiteuse de teint clair. Cette dernière ressemble à une Américaine.

L’exposition de Adja Ndoumbé stupéfait tout passant. Le wax est la base des produits. Dans son exposition, la frappe des couleurs renvoie à l’africanité, aux propriétés du continent et du Sénégal en particulier. Tout un tas d’articles faits à partir du wax. Un éventail en wax, des jouets, des boites à bijoux, des blocs-notes, le tout en wax émerveillent les visiteurs. Adja Ndoumbé travaille avec un partenaire qui s’est débrouillé pour avoir un stand à la foire. Des pulls en wax, des sacs, sacoches et pochettes en wax font la particularité de cette partie de la foire.

« Le wax est typique à l’Africain ; si vous voyez un Américain ou Européen en wax, c’est parce qu’il a imité l’Africain. Le wax nous appartient », soutient adja Ndoumbé pour mettre en valeur ses produits.

Elle montre du doigt les jouets créés par des Sénégalais avec de la paille et du wax : « Vous voyez ces jouets, ils sont en wax. Et ce ne sont pas des jouets seulement ; ce sont des jouets utiles ». En effet, les jouets proposés par la dame ont deux fonctions. À première vue, c’est un jouet, soit une voiture en paille ou une poupée en wax. Mais la voiture en miniature est aussi conçue pour contenir des bonbons et autres susceptibles d’intéresser les enfants. Les poupées aussi en wax tiennent grâce à un petit panier autour de la taille. Les poupées sont des jouets pour les enfants, un garde-bijoux pour les mamans et une décoration pour la maison. Ainsi, Adja Ndoumbé explique le choix du wax pour les jouets des enfants : « Les enfants sont fragiles, donc les jouets importés leur causent en général quelques allergies avec les produits utilisés. Mais avec nos poupées, les enfants peuvent jouer sans danger, et le fait qu’ils jouent avec ses poupées noires africaines pourraient diminuer le risque d’imiter l’Occident ». L’exposition de la dame ne laisse aucun passant indifférent. L’image de l’Afrique est véhiculée à travers ses articles conçus par les Sénégalais.

Malgré la particularité de ces produits, seuls quelques étrangers s’y intéressent. Les Sénégalais trouvent ces produits trop chers, chose que l’exposante fustige : « Les Sénégalais ont l’habitude de nous voir et de voir le wax partout, c’est pourquoi ils ne donnent pas une grande importance à nos produits. Et pourtant, les artisans font tout pour perfectionner davantage les articles afin qu’ils soient de bonne qualité. Les étrangers connaissent mieux la valeur de nos produits, contrairement aux autochtones qui préfèrent acheter des produits importés sans connaître les matières de base ». Notre interlocutrice dénonce le désintéressement des Sénégalais sur les produits locaux.

La Fidak 2021 a vu la participation de plusieurs organisations, de plusieurs pays et de plusieurs cultures. L’exposition des artisans à travers les articles faits en wax, a montré l’envie de certains Sénégalais de valoriser les atouts du pays et de l’Afrique.

Cette année, la Fidak a été riche en couleurs par les biais des expositions d’œuvres propres à l’Africain comme le wax. Mais l’affluence manque à cause de la période de Covid.

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