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La Ligne du Devoir

Et le ballon rentra dans les lucarnes De notre correspondant en France, Tidiane SÈNE, Toulouse

Je n’ai jamais su par quel pied taper le ballon rond. Le foot n’a jamais été mon jeu favori. Certains disent que “ce que femme veut, Dieu le veut.” Soit ! Mais, j’ai su de par cet évènement sublime qu’est la coupe d’Afrique des Nations, que ce qui vient de se passer pour le Sénégal est sacrément sublime. J’ai aussitôt compris qu’avec cette coupe gagnée, le peuple sénégalais dans l’unisson a chanté ensemble à la victoire tant attendue.

Une si grande communion doublée d’une parfaite cohésion nationale ne pouvait, me semble-t-il, se voir qu’avec le génie du ballon rond sur la pelouse d’un stade bombé de monde.
Si on dit que toute l’opposition politique s’est jointe à Macky Sall par miracle, sauf le retardataire de Doha, quels seront les dividendes d’une telle rencontre après l’euphorie, d’ici les législatives qui pointent à l’horizon.

Tout de même, le 06 février 2022 est une date qui restera éternellement gravée dans la mémoire des Sénégalais, en sonnant ainsi le début d’une nouvelle ère pour le pays.

Pour nous élèves, l’équipe nationale donne l’image du bon élève que j’étais. Aussi, recalé trois fois au CEPE, c’est comme si je revenais avec détermination, obsédé d’obtenir enfin le sésame.

Et ceci, en dépit du manquement criard de fournitures tels des livres et des cahiers qui m’ont toujours manqué durant ma longue scolarité. Un temps fou depuis les indépendances jusqu’à aujourd’hui !

Mais l’engagement, la patience, le travail et la détermination sont les atouts majeurs pour les constructeurs d’avenir radieux.

Depuis le triomphe des Lions à l’occasion des jeux de l’amitié en 1963, nous courons derrière un sacre qui nous tourne le dos comme si nous étions des pestiférés.

A chaque phase finale, l’échec se répète et nous laisse choir sur le quai de l’histoire.

Tout le monde s’est souvenu de Caire 86, Alger 90, Caire 86, Alger 90, Sénégal 92, Mali 2002 et encore Caire 2019 où les déceptions ont toujours été les mêmes, rebelles cruelles et tristes comme une nuit sans sommeil.

Et comme un enfant qui apprend à marcher, nous essayons à chaque fois que nous sommes debout, un pied fléchit quand nous tentons d’être enfin debout.

Aujourd’hui nous vibrons et faisons vivre cette victoire partout dans le monde entier, de Paris à Mexico. Et comme un épervier qui se jette sur proie, j’ai vu le ballon piquer droit d’une demi-volée pour ébranler et faire vibrer les filets de ce goal phénoménalement grand, qui couvrait la cage de ses filets. Alors, le peuple du foot a rugi et son cri s’est étendu sur tout le territoire du Sénégal.

Cette génération du foot ne se lamente pas et ne lésine pas sur les détails. Elle conquiert son monde sur la pelouse créant des espoirs et finalisant ses exploits.

Cette génération de jeunes prompts et hargneux est prête à relever les défis, tous les défis armés de Fair-play, de courage et de convictions pour laver l’affront d’hier et faire germer l’espoir d’un lendemain plein d’espérance.

Cette belle victoire vient d’ouvrir la belle page d’un livre trop longtemps fermé d’un Sénégal nouveau, où les portes des alternances s’ouvrent grandement et laissent apparaitre des affiches nouvelles sur tous les plans, politiques et sportifs.

Talentueux ivres de victoire, des héros statués sur les langues de la prospérité sont allés chercher très loin la victoire qui atténua les douleurs d’un peuple fatigué d’attendre.

Pour la première fois, j’ai senti inconsciemment, mon pied tirer en même temps que celui de Sadio Mané, pour accompagner le ballon vers cette lucarne trop béante … et trop proche.

Et le drapeau national fut hissé pour la première fois au rang de « Minebar » des mosquées. Peut-être que Dieu sera indulgent pour ce blasphème.

Amine !

Tidiane SÈNE

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