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Ephémérides : Ils étaient 1.280 à Thiaroye

Ephémérides

Thiaroye

Ils étaient 1.280 au Camp

Les seules sources coloniales citent soixante-dix tués et autant de blessés graves, plus des centaines de blessés légers.

Le Sénégal prépare sa version

2 Août 1881
Image illustrative de l’article Tirailleurs sénégalais
Le petit journal, 1er juillet 1919. Le drapeau des tirailleurs est décoré. En médaillons : le général Faidherbe, Blaise Diagne, les généraux Mangin et Marchand. Formation d’une Compagnie indigène de conducteurs d’artillerie.

La première formation de soldats noirs dans la colonie du Sénégal avait été mise sur pied le 20 novembre 1838. Il avait fallu attendre 1857, sous le gouverneur Louis Faidherbe, pour la création d’un Bataillon de Tirailleurs Sénégalais.

Une polémique secoue le Sénégal depuis quelques jours avec l’affaire dite de Thiaroye : la France choisit ses “morts pour la France” et indigne le président de Pastef, formation au pouvoir, quand le gouvernement prépare la commémoration du massacre de Thiaroye. A la mode du pays. Combien de morts, exactement ? En tout cas, ils étaient 1.280 au camp.

Wikipedia-Massacre de Thiaroye.

En novembre 1944, 1.280 tirailleurs sénégalais originaires de différents pays de l’Afrique-Occidentale française sont regroupés dans un camp de transit à une quinzaine de kilomètres du centre de Dakar. Ils se sont battus lors de l’offensive allemande de mai-juin 1940 et la plupart sont restés prisonniers des Allemands en France, employés comme travailleurs forcés dans des fermes ou des usines d’armement. Faisant partie des premiers prisonniers libérés, ils sont rapidement démobilisés mais sans que cela règle le problème de leurs indemnités et pensions. Dans le camp, une manifestation est organisée et le général Dagnan est chahuté. Celui-ci, en accord avec son supérieur le général Yves de Boisboissel, décide de faire une démonstration de force et envoie des gendarmes, renforcés de détachements de soldats indigènes issus des 1er et 7e régiment de tirailleurs sénégalais et du 6e régiment d’artillerie coloniale et de quelques blindés. Après deux heures et demie de discussion, l’ordre d’ouvrir le feu est donné, ce qui fait soixante-dix tués et autant de blessés graves, plus des centaines de blessés légers.

Immédiatement, trois cents tirailleurs démobilisés sont extraits du camp pour être envoyés à Bamako. Trente-quatre survivants, considérés comme meneurs, sont condamnés à des peines de un an à dix ans de prison. Ils ont une amende de 100 francs de l’époque et perdent leurs droits à l’indemnité de démobilisation. Ils sont graciés en juin 1947, lors de la venue à Dakar de Vincent Auriol, président de la République, mais sans recouvrer leurs droits à leur retraite militaire.

En août 2004, à l’occasion du soixantième anniversaire du débarquement de Provence, la journée du 23 août est déclarée Journée du tirailleur sénégalais par le président du Sénégal Abdoulaye Wade (lui-même fils de tirailleur), qui invite les autres États d’Afrique d’où étaient originaires les tirailleurs et un représentant de l’État français, Pierre-André Wiltzer. Le massacre de Thiaroye y est commémoré. En septembre 2004, le gouvernement sénégalais institue par décret cette journée en journée commémorative annuelle.

NDLR : Ironiquement, les références des Encyclopédies s’arrêtent à 44 renvois à ce niveau précis.