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Élections Locales, découpages guidés: Macky Sall face à la pléthore de candidats, Dakar, un vrai casse-tête Habib KA, Thilogne, Correspondance régionale

Barthélemy Diaz, maire de Sicap-Sacré Cœur, est vu par la plupart de ses compatriotes comme un bagarreur, en référence certainement à l’affaire du lutteur Ndiaga Diouf. Un monsieur aux propos arrogants, plein de défis, de menaces envers celui qu’il dit, malgré tout, être son grand-frère et ami.

Au-delà de cela, le fils de Jean Paul Dias est parmi ceux qui décryptent assez facilement le discours et les silences du président Macky Sall, et le futur lui donne presque toujours raison ; en atteste le découpage territorial en cours qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Diaz fils disait de Macky Sall qu’il n’organiserait jamais des élections que lorsqu’il serait sûr de les remporter.

N’a-t-il pas si bien dit qu’il est déjà sur le point de mire du président ? Macky Sall ne chercherait-il pas à le rendre aphone et moins intrépide, après avoir perdu son siège à l’Assemblée nationale ?

Barthélemy Diaz est convaincu qu’avec ce découpage en cours, personne ne peut présager de ce qui adviendrait dans sa commune d’origine. Aucun maire à Dakar n’est à l’abri. Macky Sall, Oumar Guèye et les techniciens du bureau du ministère des Collectivités territoriales ont toute la latitude, bistouris à côté, calculette en mains, cartes électorales des Municipales (2014) Législatives (2016), Présidentielles (2019) posées sur la table, de changer la physionomie électorale de Dakar, en faveur de l’Alliance pour la République (APR) et de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY).

Des quartiers entiers, des infrastructures et services, plus un électorat qui migrent d’une part dans une autre commune, et d’autre, on accole une réserve de voix pour contrebalancer l’électorat du maire en question ; ainsi, celui-ci est mis à genoux, prié de rendre l’écharpe tricolore.

C’est parce que le président Macky Sall raffole des situations alambiquées et celles-ci lui donnent satisfaction, chaque fois. En effet, à chaque rendez-vous électoral, il feint d’improviser une mesure légère qui, en fin de compte, impacte négativement contre ses adversaires sur le déroulé des événements ; quels que soient les atouts des forces en face, il s’en sort toujours avec des  résultats honorables : avant d’organiser la Présidentielle de 2019, il a introduit le référendum dont certains acteurs politiques ne maîtrisaient pas les implications sur le cours politique prochain ; le parrainage, au début, était perçu par les partis qui ont une assise stable avérée comme une simple formalité à remplir et ce fut une catastrophe. Un logiciel tout programmé entre les mains de l’Exécutif pour jauger qui va candidater contre Macky Sall et qui ne va pas le faire. Les ordonnances, les primo-votants qui ne votent pas, le vote, sur simple présentation de l’extrait de naissance ; toute une panoplie de mesures de nature à endiguer l’énergie de l’opposition et à donner au pouvoir les possibilités de s’assurer une majorité confortable.

C’est parce que le président Macky Sall est prévoyant, qu’il a le sens de l’anticipation, du renversement d’une situation, et de la maîtrise d’un adversaire, qualités toutes indispensables pour un bon chef.

Ça commence bien à Sangalkam où le ministre des Collectivités territoriales est capable de résorber la majorité des voix venues des autres communes qui se trouvent être des frères de parti ou de coalition.

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