Diomaye-Sonko Je t’aime moi non plus
Diomaye-Sonko
Le point de non-retour
Il est pathétique d’entendre le président Bassirou Diomaye Faye parler de Ousmane Sonko : tout y est, de l’administration à la diplomatie, de la religion à la culture. Mais son “et j’espère qu’il ne me fera pas de mal” mérite toutes les réflexions dans les relations entre les deux hommes ; il traduit une méfiance qu’aucune déclaration ne saurait désormais rayer.
La guerre tranchées, au nom de l’État, maintient la tension qui a caractérisé le nouveau régime dès l’abord avec les attaques systématiques contre le président, et pas seulement par le bas. Certes, par le haut, le son s’est adouci et le tir se concentre ailleurs. Il n’empêche : ces tirs à l’aveugle ont fait beaucoup dommages collatéraux puisque tout le monde se sent obligé de hurler avec les loups, à tort ou à raison.
Les Sénégalais retiennent les excès de l’un face à la patience de l’autre et s’étonnent de voir le cave se rebiffer et renvoyer son ami en congé avant d’étonner le 18 novembre à la face du pays : la fermeté du ton, le message même a sidéré Pastef qui se croyait un ou deux crans au-dessus ; par un simple feulement, la désignation de Aminata Touré Mimi, le Lion qui dort a rugi et secoué la tanière.
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CICÉRON – Le pouvoir et l’amitié
« La nature humaine manque de volonté lorsqu’il s’agit de mépriser le pouvoir, et quand, pour l’obtenir, ils négligent l’amitié, les hommes s’efforcent alors de cacher leur faute en se trouvant de bonnes raisons d’agir comme ils le font.
Voilà pourquoi il est si difficile de se faire de vrais amis parmi les hommes publics et les politiciens. »
CICÉRON, L’Amitié, éditions Arléa, p. 54
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Quelle va être désormais l’autorité de Sonko ?
Désavoué dès après le Téra-meeting avec le renforcement de Mimi et du docteur Abdourahmane Diouf, il souffrait déjà d’une modulation de fréquence quand beaucoup de Patriotes n’ont pas retrouvé les mots auxquels ils s’attendaient le 8 ; une semaine plus tard, Diomaye Faye portait l’hallali avec le bureau de Pastef sorti sonné par les propos durs du président.
Il y a dans cette guerre déclarée une sorte de mépris des populations sénégalaises exposées à une misère physique et morale indicible de la part des autorités ; il y a surtout une sorte de sabotage des efforts des uns qui tirent vers le haut, et le sabotage des autres qui freinent des quatre fers
La logique de l’amitié n’est pas celle du pouvoir : l’émotivité de l’une n’est pas compatible avec la logique froide de l’autre. Diomaye allie désormais les deux : on le savait d’une délicatesse qui s’est brisée sur ce qu’il estime être un irrespect moins de sa personne que de la personnalité qu’il incarne depuis le 2 avril 2024 : il a refusé la confusion des genres quand certains le prenaient juste pour un faire-valoir. Pincez tous les koras, frappez les balafons !
Après les morts, on a réveillé le Lion qui dort. Attention à l’éruption du volcan des Mamelles.
Pathé MBODJE
