Diomaye, ce cher citoyen !
Bassirou Diomaye Faye et le Sénégalais nouveau
I And I
Le président Bassirou Diomaye Faye veut restituer au citoyen la plénitude de ses droits ; c’est de l’art. Il fait malheureusement face à la critique, c’est-à-dire à ceux qui sont prompts à s’organiser en communauté de ceci ou de cela au détriment de la Nation et de l’environnement commun. C’est le fameux I &I des Reggaemen face à l’extériorité à soi qui commande la vie en société.


La déception était déjà grande, devant la timidité de la baisse. Les tergiversations à partir du 24 juin sont un coup dur porté à l’autorité de l’État et à l’image du président : la moralisation n’est pas pour demain ; le pouvoir n’a pas su aller au-delà de l’inflation mondiale née de la crise ukrainienne ou même à la hauteur de l’espoir démesuré de populations principales victimes d’un projet avec une quinzaine de morts et près de 1.500 prisonniers.
Du sursaut de Abdou Diouf au Jub et à ses différents nominatif, substantif, supplétif ou ablatif, en passant par le Njublang de Idrissa Seck, le constat d’échec est là, conforme au verdict de Crozier : “On ne change pas une société par décret”. Surtout quand elle ne veut pas changer et tire vers le bas, c’est-à-dire vers l’exclusion. Au demeurant, poser le problème n’est pas résoudre le problème, comme ont tendance à le faire croire le président de la République et son Premier ministre.
La perception diffère en effet dans la volonté du président de la République de favoriser la citoyenneté quand le citoyen entend l’exercer selon ses humeurs : d’Est en Ouest, du Nord au Sud, l’expression généralisée d’un mal-vivre renseigne sur les différentes perceptions des droits et devoirs, moins en fonction du côté de la barrière qu’au regard d’un environnement international peu clément.
Tout le monde est en effet d’accord sur le reformatage politique, économique, culturel et social : cette densité morale, la citoyenneté, ne peut s’entendre sans son substrat, l’environnement, au sens premier de civitas qui donne cité et citoyen. Citoyenneté, environnement ? Le lien est permanent qui renvoie au cadre, au territoire.
“De façon générale, analyse un environnementaliste, il y’a des acquis ; il reste maintenant le gap classique entre la critique et l’art. Ce que je ne vois pas pointer, c’est la citoyenneté et l’environnement qui sont des schémas qu’il faut esquisser le plus rapidement possible”.
Quelles en sont les formes, étapes et conclusions partagées ?
“À première vue, il n’est pas facile de changer une façon de faire qui est devenue une seconde nature : tout le monde veut les avantages de tout, jusqu’à la désorganisation … et surtout aucun désavantage personnel. Le tout est expliqué par un supposé droit de travailler et de gagner sa vie et de nourrir sa famille. En plus, ils sont prompts à s’organiser en communauté de ci ou de ça au détriment de la Nation et de l’environnement commun. Il faudra bien convoquer à nouveau la Citoyenneté”. Dans son acception politique, civique et sociale, entre autres densités morales à allier avec l’éducation à la citoyenneté, dit le professeur Abdou Mbow.
Le second mandat de Macky Sall avait été phagocyté par des problèmes d’environnement au sens large : à la pandémie de la Covid-19 s’ajoutait la plus grave crise politique avec l’affaire Sweet Beauté. Nous sommes d’autant plus dans les mêmes eaux que l’on prévoit de fortes précipitations qui réveilleront les démons des inondations et un souhait de révision de la loi d’amnistie qui situera certaines responsabilités hors de tout doute, quels que soient les hommes en place.
Quelque 300.000 individus sinistrés sont chaque année concernés par une immersion plus ou moins prolongée dans l’eau ; 60.000 personnes parviennent bon an mal an à se recaser de manière provisoire ou définitive grâce à la solidarité des populations du Sénégal, aggravant le mouvement incontrôlé de populations, la baisse de la productivité des agents économiques avec les surcharges imposées, la détérioration du cadre de vie et de la santé des populations, la vulnérabilité des ménages, l’accentuation de la pauvreté. L’hivernage survient à une période de densification sociale avec les vacances scolaires, c’est-à-dire avec la concentration forcée de vie avec les élèves et les étudiants. Toutes les études sérieuses renvoient à la nature qu’il faut honorer en lui rendant son territoire : la société est à l’étroit dans son 150 mètres-carrés, peu plus ouverte que son 100 mètres-carrés privatifs.
Il n’y a pas de pauvreté, il y a le sous-emplois quand un seul individu est occupé dans une famille de 10 bouts de bois de Dieu. Les politiques n’ont rien compris, camarade Diomaye, fier comme le bras !
Pathé MBODJE
