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Diomaye à l’Onu : Tambacounda, Tambacounda, Tambacounda

Diomaye à l’Onu

Tambacounda, Tambacounda, Tambacounda

Lorsque le président de la République s’est retourné lundi 22 septembre vers la présidente de la 80ème session de l’Onu pour constater l’absence du texte de son discours sur la table, les moins jeunes se sont souvenus de cette autorité à laquelle il est arrivé la même aventure et qui, du haut de la tribune, micros ouverts, a tâté ses poches en vain en criant : “Tambacounda, Tambacounda, Tambacounda”.

ONU

À l’improviste Diomaye est tenu

Scabreux, scandaleux

D’avoir discrètement pris quelques notes et relevé certains points sur une feuille libre a renforcé la capacité de mémorisation et d’improvisation du président Diomaye Faye à l’Onu : sans son discours à la tribune de la 80ème session, le président sénégalais a prouvé qu’à l’improviste tout le monde est tenu. Il a peut-être mieux rendu la sincérité de ses états d’âme en collant les points à ce qu’il ressent du drame qui frappe le Tiers-monde en particulier.

Certes, la Palestine a tellement ému depuis octobre 2023 qu’elle est devenue la conscience de l’humanité, à la notable exception des Yankees ; le formidable élan de reconnaissance est une réponse depuis les attentats de Doha qui ont scellé l’alliance sacrée autour de la cause palestinienne, de la bande de Gaza en particulier.  
La Palestine, le Liban, le Proche-Orient d’une manière générale, et les pays encore sous domination en particulier, c’est le Sénégal indépendant, c’est la préoccupation du Sénégal indépendant dans sa lutte pour les droits inaliénables du peuple palestinien, dans sa diplomatie d’appui à la libération des peuples encore sous domination coloniale et sa capacité d’indignation devant l’injustice.
L’originalité du discours du président sénégalais, au-delà de l’émotion et de l’incident, est le refus de l’ère post-Onu que certains prospectivistes prédisent sans retenue et dans laquelle nous serions tombés depuis les attentats contre les Tours jumelles et le déni de justice et de morale internationales.
En cela, le Sénégal de Bassirou Diomaye Faye s’inscrit dans une mouvance nouvelle d’isolement d’Israël lâché par ses inconditionnels, à l’exception des États-Unis, mais qui donne un nouvel espoir de justice puisque de morale internationale.
Et ceci demande un engagement personnel qui laisse présumer un agenda diplomatique international ultra-booké.

La première incongruité qu’il faut lever est le refus de visa d’une Grande-Bretagne ou des États-Unis à un Robert Mugabe ou à Mahmoud Abbas exclu d’une session qui a vu le triomphe de la Palestine sir la conscience du monde : l’institution internationale que sont l’Onu, la Francophonie, le Commonwealth doivent bénéficier de l’exterritorialité pour recevoir librement les représentants des États membres.

 

Pathé MBODJE