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Deuxième Korité en pleine pandémie: La fête ne sera pas “covidée”… Chérifa Sadany SOW

La fête musulmane de l’Aïd El Fitr qui marque la fin du jeûne et du recueillement sera célébrée dans une semaine au Sénégal et toujours dans le contexte de la Covid-19 M. Cette dernière ne semble ne plus handicaper les Sénégalais dans leurs activités.

Coronavirus est démystifié au Sénégal. Désormais, c’est 5 masques à 100 FCFA et si vous durez dans le marchandage, on peut même vous l’offrir. C’est là où nous en sommes avec la Covid-19. Cette année il ne s’agira pas de fêter la Korité dans la crispation. L’interdiction de tous les espaces de vente, de rassemblements et les déplacements interurbains n’est plus à l’ordre du jour.  Au grand bonheur de Mohamed Cissé, étudiant en master : « Je passe les grandes fêtes musulmanes à Kaolack, ma ville natale. L’année dernière, avec les mesures de restrictions de déplacements, je ne pouvais pas m’y rendre. Mais cette année inchallah j’aurai à nouveau la chance de la passer en famille et surtout, vu la réouverture des mosquées, j’aurai l’occasion de participer à la prière collective de mon quartier qui m’avait tant manqué ».

Bonheur des uns, malheur des autres !

A moins d’une semaine de la Korité 2021, les ateliers de couture qui sont d’habitude pris d’assaut, sont concurrencés par le E-commerce, la vente en ligne, qui est une alternative à la crise économique et sanitaire. Les Sénégalais qui y achètent des tenues ou des tissus semblent avoir compris les avantages du commerce électronique. Ils y voient une grande opportunité.

« Je travaille aux finances et j’ai un bébé de quelques mois ; je n’ai presque plus le temps de faire la ronde des marchés pour me procurer des tenues. J’ai un bon tailleur mais il me voit rarement depuis que je fais mes achats en ligne. Il y a que le poisson et la viande qui m’amènent au marché. Sinon tous mes achats se font en ligne. Cela me permet de gagner du temps, de réduire mes déplacements et aussi d’être branchée à l’évolution » confie madame Seck.

Contrairement à elle, certains tailleurs comme Baye Laye Gaye ne voient pas cette évolution comme un avantage mais plutôt comme une perturbation.

« Ça chamboule tout le travail. Les clients ne viennent plus sur place déposer leurs tissus. La preuve, à quelques jours de la Korité, je me retrouve avec 15 commandes de tenues et la majorité est pour les hommes. Peut-être que certains n’ont pas encore de quoi se payer un boubou, je peux comprendre avec la précarité de la situation économique, mais en grande partie, la faute revient au vendeur en ligne » se plaint-il.

Assane Niang est aussi jeune tailleur. Il soutient la thèse de Baye Laye mais aussi reconnait que la vente en ligne est un élément en pleine croissance qu’il faut prendre en compte. « Je pense que pour s’en sortir il faut s’adapter à la mode. J’ai un atelier et quatre machines mais je suis obligé de coudre des tenues et de les faire vendre sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas difficile si l’on maitrise la technologie. En plus je crois bien que je m’en sors ». dit-il.

Le poulet, en plein confinement ?

A neuf jours de la fête de Korité, ça manque sur le marché, les poulets. Est-ce à cause de la grippe aviaire qui avait occasionné l’interdiction d’entrée de volailles au Sénégal par plusieurs Etats ? Eleveurs, vendeurs et clients s’interrogent. « Les gens ne se plaignent pas encore mais ça manque. Depuis deux semaines je vends à 4.000 francs le poulet et je galère avant d’avoir un stock. Peut-être c’est à cause de la grippe aviaire qu’on avait annoncée au Sénégal, en tout cas si ça continue, certains fêteront la Korité sans poulet. Mais ceux qui n’auront pas la chance d’en avoir pourront heureusement se procurer de la viande, je pense que c’est permis par la religion » informe Alpha vendeur de poulets au marché de Cambéréne, en banlieue dakaroise.

La mort de près de 60.000 volailles avait alerté les services de l’élevage. Les autorités sénégalaises avaient signalé un foyer de grippe aviaire (du type h5n1, qui est hautement pathogène) dans la région de Thiès, située à l’est de la capitale Dakar. Le ministère de l’Elevage avait ainsi affirmé avoir dû abattre plus de 40.000 volailles en début d’année pour une opération de contrôle.

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