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Désenclavement du Daande Maayo: La voie obligée du développement Dossier réalisé par Habib KA, Desk régional, Matam

Le projet route bitumée qui devait partir de Oréfondé à Dembancané a été arrêté à Matam, l’axe Nawel-Matam risquant d’être aménagé en latérite. Une hérésie née d’une bataille entre un Nord et un Sud artificiels entretenue à dessein pour mieux diviser les populations et retarder leur accès au développement dans une zone où la lampe à pétrole et la latérite sont toujours reines. Sur financement extérieur. Le président Macky Sall devait lancer les travaux. Depuis, les populations attendent toujours Godot pourtant plébiscité au niveau local avec 94 % de voix.

Le financement de la route bitumée du Daande Maayo, Oréfonde-Matam, un linéaire de 104 km à hauteur de 300 milliards de francs Cfa serait acquis, selon un responsable politique local, avec le Fonds d’Entretien routier autonome (FERA), des accords de prêts avec plusieurs partenaires financiers dont un de 15 milliards de francs cfa de la Banque ouest-africaine de Développement (BOAD) et des contributions de généreux donateurs. Le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement (MITTD) a donné quitus à l’Ageroute pour le lancement des appels d’offres pour : bitumage, construction de ponts, aménagements connexes, travaux généraux d’assainissement, etc . . .

Et le responsable politique de rassurer encore les populations du Fouta qui se sentaient trahies, abandonnées par un président de la République qu’elles avaient reconduit avec un record de 94 % : “Le président Macky Sall sera l’hôte de la région pour procéder au coup d’envoi des travaux de la route du Dandé Mayo qui traverse tout le Fouta sur 250 km jusqu’à Bakel, avec la construction et la réhabilitation de 10 ponts le long du parcours”. Étant entendu que Daande Maayo nord et sud ne sont qu’une vue de l’esprit, des considérations artificielles car ces termes ne sont référencés ni par des critères historiques encore moins géographiques, qu’un chauvinisme local pourrait animer et qui ne profiterait qu’aux divisionnistes prêts à exploiter les failles d’une unité régionale, départementale, territoriale que le projet de bitumage risque d’imposer aux localités.

Il faut en effet préciser tout de suite, ici, en le déplorant, que le projet de financement de la route bitumée qui devait partir de Oréfondé à Dembancané a été arrêté à Matam, l’axe Nawel-Matam risquant d’être aménagé en piste de latérite. Une hérésie qui, assurément heurtera des sensibilités citoyennes et fragilisera l’avenir des grandes cohésions territoriales souhaitées, nécessaires, seule gage d’un véritable développement intercommunautaire durable.

Par ailleurs, Ourossogui et Matam, avec le Programme de modernisation des villes (Promovilles), bénéficieraient de 22 milliards arrêtés pour les travaux d’extension et de réhabilitation du Centre hospitalier régional de Ourossogui, les 4 milliards de l’Hôpital de Matam, plus la réhabilitation de l’aéroport de Ourossogui, la finition du tronçon Thilogne-Ourossogui, une plaie béante, purulente sur le visage de la RN2 ; ces projets pourraient pourtant permettre à la région de respirer un peu l’air d’un renouveau.

Pour votre gouverne, le Daande Maayo c’est cette zone lisière qui borde la frontière du Sénégal d’avec la Mauritanie au nord, le Mali à l’est. Une vallée qui s’étend de Dagana à Bakel, communément appelée en Poular Daande Maayo ou rive du fleuve. Pour notre sujet, la région de Matam, nous parlerons de l’axe Daande Maayo Nord qui va de Horéfondé à Matam, et celle de Daande Maayo sud, la dorsale qui part de Nawel (Matam) à Dembancané dont le mouvement Daande Maayo émergent (DME) est le porte-étendard.

Nous aborderons séparément les deux axes, tout en étant persuadé que les lignes de démarcations sont fantaisistes, les cloisons artificielles et que les autorités administratives rectifieront cette anomalie lourde de conséquences néfastes, dans les délais les meilleurs.

Faut-il encore rappeler que la doléance primaire et récurrente des populations du Daande Maayo a toujours été de sortir d’un enclavement qui les privait de tout : accès aux soins de santé primaire, à l’eau potable, à l’éducation, à la formation professionnelle, à l’emploi des jeunes.

Aussi, le président de la République en tournée économique en mars 2017, avait promis de bitumer la route du Daande Maayo, de Oréfondé à Dembancané et d’aménager des ponts et des pistes pour faciliter la circulation des biens et des personnes avec des connexions sur la Route Nationale 2.

La route, c’est le désenclavement, le raccourci pour le développement rapide d’un territoire. En effet, sans infrastructures adéquates, point d’émergence plausible.

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