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Dégâts collatéraux de l’affaire Sonko-Adji Sar : Sale mars pour les femmes Par Mame Gor NGOM, Rédaction centrale, Le Devoir

La jeune femme Adji Sarr est victime présumée de viols répétitifs. D’autres femmes pas forcément liées à cette histoire qui prend une tournure inattendue traversent une mauvaise passe. Elles vivent un mois de mars particulier.

Le mois de mars, mois symbolique dédié à la femme, n’a pas démarré sous de bons auspices au Sénégal ; la tension persistante qui règne dans le pays en est pour beaucoup. Une femme est au cœur de cette situation : Adji Raby Sarr. Victime présumée. Elle a accusé l’opposant Ousmane Sonko de viol avec violences.

L’affaire qui alimente la chronique a fait des dégâts collatéraux. La gent féminine paie un lourd tribut. Parmi les victimes, il y a la patronne du salon de massage à Dakar Ndèye Khady Ndiaye, arrêtée pour “proxénétisme et diffusion d’images contraire aux bonnes mœurs”, avant d’être libérée.

Une autre femme sous les feux de la rampe : Patricia Mariame Ngandoul. L’épouse de l’administrateur de Pastef Birame Soulèye Diop, qui a été arrêtée le 15 février 2021 sur « le chemin du travail », est accusée d’avoir proféré des insultes « à des hautes autorités de l’Etat par message ». Il s’agirait d’un ministre d’État et d’une autre autorité qui ont reçu des messages téléphoniques.  Finalement, Madame Diop a été libérée et mise sous contrôle judiciaire.  Son époux lui est toujours en prison. Une femme qui ne va certainement pas passer un bon mois de mars.

Fatima Mbengue de « France Dégage » avait été interpellée avant d’être relâchée. Elle a été encore arrêtée par la Division des Investigations criminelle alors qu’elle amenait à manger aux prisonniers.

Temps de peines

Au moins 47 autres personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue entre vendredi et samedi dernier, au commissariat de Dieuppeul.

Parmi celles-ci, 17 femmes chefs d’entreprise.  Il y a notamment Aïda Sagne (agent marketing), Marième Sarr et Awa Fall des étudiantes, Aminata Boiro (déléguée médicale), Aïssatou Wade (commerçante), Khadidiatou Diop (ingénieur commerciale), Mame Bineta Djiba (professeur de français) et Ramatoulaye Bodian (agent à la Senelec).

Ramatoulaye Bodian (secrétaire), Mariama Soda Dary (gérante de boutique), Ndèye Daba Samb (étudiante), Marie Ndoffène Diouf (sans emploi), Maïmouna Dièye (déléguée médicale), Dieynaba Seck (agent immobilier), Mariama Badji (opératrice de saisie) et Mbène Faye (assistance commerciale), font partie des femmes arrêtées. Celles-ci sont toujours détenues malgré de multiples retours de parquet. Elles ont inauguré le mois de mars de manière particulièrement rude. Elles risquent de passer la journée internationale de la femme en prison.

Le mois de mars est celui des femmes. Il a une journée particulièrement symbolique : le 8 mars. Elle met en avant la lutte pour les droits des femmes et notamment pour la réduction des inégalités.

Cette journée issue de l’histoire des luttes féministes menées sur les continents européen et américain, nous apprend-on.

À la suite d’une proposition de Clara Zetkin en août 1910, l’Internationale socialiste des femmes célèbre le 19 mars 1911 la première « Journée internationale des femmes » et revendique le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. Depuis, des rassemblements et manifestations ont lieu tous les ans.

Le Devoir

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