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De Wade à Macky: Histoires d’avions… de commandement Par Mame Gor NGOM, Rédaction centrale, Le Devoir

Les langues se délient jusqu’à Barbarie

A l’origine, il y a la “Pointe de Sangomar”, sous Senghor, sous Diouf et sous Wade. Ce dernier réhabilita Sangomar non sans beaucoup de bruits, puis acheta un autre avion dénommé “Pointe Sarène”. Macky qui hérite de cet appareil, est sur le point “d’inaugurer” en juillet le premier vol de “son” avion la “Langue de Barbarie”. Les langues se délient. Comme pour les autres opérations concernant l’avion…de commandement.

Le “secret-défense” ne tient plus.   L’avion présidentiel a donc coûté 57.447.235.356 FCfa. En faisant une telle annonce le 28 mai 2021, le ministre des Finances et du Budget Abdoulaye Daouda Diallo a pris le contre-pied de son collègue Oumar Guèye, porte-parole du gouvernement, qui ne voulait aucunement révéler de montants. Une somme budgétisée dans les lois des finances (LFI) 2019, 2020 et 2021 et que le dernier paiement de 4, 4 milliards sera effectué en juillet prochain, soutient Diallo.

Des précisions de taille mais qui ne vont pas pour autant faire baisser la polémique. Car ils sont nombreux à penser qu’il y a une certaine confusion voire cacophonie dans ce dossier. A juste titre. Dans la forme, la communication autour de cette affaire a été approximative : un simple communiqué lapidaire pour informer les Sénégalais. Un service “après-vente” mal mené par le porte-parole du gouvernement qui a été suivi dans ses éléments de langage par des voix autorisées du pouvoir. Dans le fond, le contexte de crise politique, économique, sociale et sanitaire ne milite pas pour une telle dépense de “prestige”.

L’histoire se répète

L’Airbus de Wade…

Sous Abdoulaye Wade, l’achat en 2010 d’un Airbus avait suscité une vive polémique. Il s’agissait d’un avion du président français d’alors Nicolas Sarkozy. Le coût était de 32 millions d’euros soit environ 20 milliards de Fcfa.

“Je suis choqué. Nous ne pouvons pas comprendre que, dans le contexte social difficile que vivent les Sénégalais, on se permette cette dépense ni pertinente ni prioritaire. C’est un crime contre le peuple sénégalais. Des gens qui font de telles dépenses ne sont pas équilibrés mentalement”, argué une députée de l’opposition à l’époque. Contrairement à cet achat de 2021, cette dépense n’était autorisée ni dans le budget 2009 ni dans celui de 2010, affirmaient d’autres opposants qui soulignaient une “illégalité”.

Réhabilitation de la “Pointe de Sangomar”

Abdoulaye Wade était d’ailleurs confronté à une autre histoire d’avion de commandement dès ses premiers pas au pouvoir.

“J’ai reçu de mon prédécesseur Abdou Diouf un avion de commandement qui avait vingt-sept ans d’âge. Un Boeing 727 acquis à l’époque du président Senghor”, expliquait-il à Jeune Afrique qui l’interrogeait sur le brûlot d’Abdou Latif Coulibaly qui dénonçait la réhabilitation de l’avion présidentiel”. Wade pensait qu’il était plus propice de “réparer” l’appareil car la “situation des finances ne pouvait pas supporter un achat”. Option réhabilitation : des experts britanniques et français entrent en action et évaluent le 727. Réponse encourageante : l’avion n’ayant volé en moyenne que quatre mille heures par an, “ce qui est peu”, précise Wade, sa rénovation n’allait concerner que les réacteurs, l’aménagement intérieur et certains dispositifs de sécurité.

“J’ai donc opté pour la solution la moins coûteuse : la remise à niveau de la Pointe de Sangomar. Pour le reste, j’ai fait confiance à mon pilote, à mon commandant de bord”, soutient l’ancien président de la République. Un avion qu’il a utilisé jusqu’en 2007 avant qu’il ne soit victime d’un incident. Car, “La Pointe de Sangomar” a été contraint, en 2007, à un atterrissage d’urgence en Espagne pour un problème de cockpit.

La polémique Sangomar

Les moteurs de l’avion de la Point de Sangomar n’ont jamais été vendus à la faveur de la réhabilitation dont il a été l’objet, avaient soutenu les auteurs du livre-réponse à celui de Latif Coulibaly. “Un procès d’intention à l’épreuve de la vérité”, le titre de cet ouvrage, explique que Wade était le seul à prôner en Conseil des ministres où figurait le Premier ministre de l’époque, Moustapha Niasse  la réhabilitation de l’avion de commandement, “là où tous les autres étaient pour l’achat d’un nouvel appareil”.

La Pointe de Sangomar a été achetée en 1978. Elle a été utilisée aussi bien par les présidents Léopold Sédar Senghor (1960-1980) et Abdou Diouf (1981-2000).

Selon Le Quotidien, l’avion “Pointe Sarène”, qui était en mode « stockage », a trouvé acheteur.

“Sangomar” devenu “Sarène” a été vendu par le pouvoir actuel pour 5 millions d’euros (un peu plus de 3 milliards Fcfa), nous apprend “Le Quotidien”.

La “Langue de Barbarie” est dans la place…

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