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Culture, coutume et traditions: Heureusement ! Par Sadany SOW

L’adaptation aux goûts et aux besoins modernes continue de s’accroître avec les effets con-séquentiels qu’elle peut traîner. C’est l’ère de la modernisation. Mais malgré la révolution, l’accoutumance à certaines cultures est maintenue au Sénégal. Quelle chance ! Pour l’instant…

En philosophie, le mot “culture” désigne ce qui est différent de la nature. En sociologie et éthologie, elle est définie de façon plus étroite comme ce qui est commun à un groupe d’individus et comme ce qui le soude. C’est-à-dire qui est appris, transmis, produit et inventé.

Dans son sens plus large, la culture est donc considérée comme l’ensemble de traits distinctifs, intellectuels, spirituels, matériels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe outre les arts, les lettres, les sciences, les modes de vie, les systèmes de valeurs, les croyances et les traditions.

Dans le langage courant, le mot tradition est parfois employé pour désigner un usage, voire une habitude consacrée par une pratique prolongée au sein d’un groupe social. Elle est une transmission culturelle qui dure à travers le temps et concerne des doctrines qui peuvent être religieuses, morales, politiques etc. Intimement liée et souvent associée avec la tradition qui peut être encore définie comme la pensée qui entoure la mise en application concrète de coutumes dans les faits, la coutume  est une pratique qui s’applique à travers les générations afin de reproduire et de conserver les mêmes habitudes et agissements anciens d’un peuple, d’un pays, ou d’une famille.

Les coutumes encore costumées

Au Sénégal, les traditions sociales dont d’abord caractérisées par l’esprit collectif de la Téranga (hospitalité reconnue partout dans le monde). Traditionnellement, le respect de la parole et de la fonction sociale qui revient à chacun permet aux hommes et femmes de vivre en harmonie. La famille aussi reste le principal facteur qui lie les Sénégalais. Traditionnellement, plusieurs générations vivent sous le même toit, cela favorise la bonne entente malgré toutes les difficultés, qu’elles soient économiques,  sanitaires… que rencontre le pays.

Dans “Amkoullel”, Amadou Hampathé Bâ a tenu à informer sur l’originalité et l’importance de manger en groupe autour du grand bol. Un acte qui est toujours pratiqué dans certaines familles, bien que certaines règles ne soient plus autant respectées comme : garder les yeux baissés en présence des adultes, surtout des pères. Cette activité enseignait à se dominer et à résister à la curiosité. Manger devant soi renvoie à se contenter de ce qu’on a. Tenir le rebord du plat de la main gauche était un geste de politesse, il enseignait aussi l’humanité. Eviter de se précipiter sur la nourriture, c’était apprendre la patience. Et ne pas prendre une nouvelle poignée de nourriture avant d’avoir terminé la précédente, c’était faire preuve de motivation.

Ces règles sont-elles toujours respectées ?

L’infirmer est difficile ; mais l’affirmer aussi trouvera une minorité de personnes qui ne les enfreignent pas.

Dans les mariages aussi, certaines traditions sont appliquées selon les ethnies. Ces cinq dernières années, nous remarquons dans les cérémonies de mariage  que la mariée assume son appartenance ethnique à travers son accoutrement “sölou cössan”. C’est à la mode.

Parlons du pagne blanc de la mariée qui est important pour ceux qui attachent une grande importance à la virginité. Il devrait être taché de sang le lendemain de la nuit de noce pour prouver la virginité de la mariée. Cette coutume est toujours respectée au Sénégal.

S’il y a une chose qui devait caractériser le peuple manjak, ce serait aussi le pagne. Ce tissu que les hommes et les femmes se nouent autour de la taille, fait la réputation et la fierté des Manjaques.

Les tisserands sont connus et réputés, même chez les Wolofs, en nommant le pagne “sëru njaago”. Tissé à la main exclusivement par les hommes, le pagne tissé est comparé au wax mais il est plus épais et paradoxalement plus souple.

Étoffe chargée d’histoire et de culture, le pagne tissé manjak a traversé les âges et est utilisé à diverses fins. Il est un symbole de richesse, un produit de luxe présent lors des cérémonies les plus importantes de presque toutes les ethnies du Sénégal. Il accompagne l’homme à sa naissance, à son mariage et à sa mort.

Toujours parmi les coutumes respectées, il y a le damp. C’est une forme de massage traditionnel du corps qui est presque une exigence biologique pour les nourrissons qui présentent une morphologie assez  délicate.

De l’avis de certains spécialistes, le damp est peut-être bénéfique mais il faut des conditions particulières. C’est une technique traditionnelle de traitement du corps appliquée aux jeunes enfants dès la deuxième semaine de naissance.

Chaque peuple africain a droit de modifier ses traditions ou même d’emprunter celles des autres voisins dans le but de parfaire ou de rectifier.

Avons nous au Sénégal quelques-unes à rectifier ? 

C’est une interrogation qui mérite une réponse, ne serait-ce que pour orienter la future génération qui risque de ne pas avoir de cendrier. “Kou wathie sa andeu, andeu bö dèm fécc fa börôm”

 

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