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Crise Scolaire: L’école sénégalaise ne sombre pas, c’est l’avenir d’un pays qui sombre Par Khadidiatou GUÈYE Fall

Ça craint une année blanche

La situation de la crise scolaire ne désaltère pas : les enseignants sont figés sur leur position et l’État ne tente pas de fournir tous les efforts nécessaires pour permettre aux élèves de retourner dans les salles de classe. La même situation en 2012 risque de se répéter si l’année n’est pas blanche. Les parents et élèves sont plus qu’inquiets de leur sort pour cette année scolaire pétrie de perturbations.

Des négociations ont été entamées par les acteurs du système éducatif afin d’en sortir avec des solutions pour la reprise normale des cours. Le climat ne semble pas en faveur des élèves qui ne souhaitent que reprendre le chemin de l’école. Ils se plaignent de leur avenir. Cette année est similaire à l’année scolaire 2012. Année à laquelle les élèves ont cru assister à une année blanche.

Joint au téléphone, un ancien élève du lycée Seydina Limamou Laye nous raconte l’inertie dont faisait montre le gouvernement sénégalais à cette époque : « Durant des mois, les élèves venaient à l’école et repartaient sans écrire une seule phrase. Les revendications des enseignants l’époque n’intéressaient pas le gouvernement. C’est après une longue passivité vis-à-vis des revendications des syndicats d’enseignants que l’État leur a proposé un protocole d’accord alors que les élèves étaient désespérés et s’apprêtaient à une année blanche.

Vu la situation dans laquelle nous étions avec un niveau très faible, l’année blanche était mieux pour notre génération mais l’État avait forcé une année où les élèves s’en sont sortis avec des lacunes existentielles ».

Cet archiviste sorti de l’Ebad craint la même situation 10 ans après ; il ne rate pas l’État du Sénégal qui prend trop de temps pour y remédier. « L’État a une mauvaise habitude dans ces genres de situation. Il perd trop de temps à enclencher des négociations autour d’une table avec les acteurs de l’éducation. C’est pourquoi en 2012, les problèmes se sont résolus à 4 mois des examens. Nous sommes au mois de février, si on se focalise sur une date approximative des examens, ce sera en juillet. Donc dans 5 mois, les candidats passeront le bac. En 5 mois, aucun professeur ne peut terminer son programme et aucun élève ne peut assimiler son programme dans son intégralité » prévient l’archiviste.

L’ASTUCE DE SELY

Avec sa blouse rose, le sac en bandoulière, Sely stationne devant le vendeur de pain. Elle n’a pas pu faire cours à cause des débrayages. Mais les grèves auront peut-être moins d’impact sur Sely : après chaque arrêt de cours, alors que les élèves poursuivent la foule ou rentrent chez eux, elle rentre dans le lycée pour trouver une salle de classe vide. « Quand tous les élèves rentrent, j’en profite pour apprendre mes leçons et faire quelques exercices. J’ai le programme avec moi. Cela me permet d’avoir de l’avance sur mes camarades. Si cela me paraît incompréhensible, je me rapproche de mes professeurs dans leur salle située à l’intérieur de l’administration. Ces derniers sont en général très disponibles quand leurs élèves leur demandent de l’aide en dehors des heures de cours » explique l’élève en classe de première S.

Malgré son engagement et sa persévérance pour ses études, Sely perd espoir pour sauver utilement l’année scolaire. « J’ai peur que mes efforts soient vains et que l’année scolaire soit blanche. Rien ne me donne espoir en ce moment » se désole-t-elle.

Contrairement à Sely, Demba pense que la situation pourrait revenir à la normale si les deux parties acceptent de faire un compromis. « J’entends depuis une semaine que l’État démarche des négociations avec les syndicats. Cela aboutira à une solution.

La crise scolaire inquiète les élèves et leurs parents. Certains élèves craignent une année scolaire foulée au pied. D’autres retiennent espoir que les autorités et les syndicats trouveront un terrain d’entente.

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