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Coup de pub réussi: Suffrages référendaires avant terme, un test grandeur nature Habib KA, Bureau régional Matam, Thilogne

Le successeur de Aly Ngouille Ndiaye, pour qui la casquette de flic de la République est trop ample pour sa petite tête, risque d’être emporté par les effets collatéraux du virus Covid-19 (1+2=2) troisième mandat, avant l’heure.

Pour un jackpot de 125 millions 899 mille francs cfa décroché en moins d’une demi-journée par les jeunes patriotes, le ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome fait dans la menace : “(…) Tout parti politique qui reçoit des subsides de l’étranger ou d’étrangers établis au Sénégal s’expose à la dissolution, conformément à l’article 4 alinéa 2 de la loi de 1981 susmentionnée”.

Pourquoi tant de précipitation pour si peu ? Que serait-il advenu si Pastef mobilisait les 2 milliards 500 millions de francs cfa prévus pour la Présidentielle de 2024 ?

Autant de questions pour dire que Pastef serait dans la ligne de mire du pouvoir depuis fort longtemps pour son radicalisme politique, son activisme débordant, la communication très étudiée de ses débatteurs sur les plateaux de télévision, ses internautes très présents sur les réseaux sociaux.

Si le traditionnel discours de Nouvel An du chef de l’Exécutif faisait l’actualité et de nombreux commentaires ces trois-quatre jours, les jeunes patriotes ont réussi la prouesse d’endiguer les déclarations de Macky Sall et de lui opposer un autre défi, celui d’un deuxième recomptage des voix du premier tour de la présidentielle de 2019, vingt-deux mois après, pour vérifier qui mobilise qui.

2 milliards 500 millions amassés, ce des suffrages référendaires avant terme, un test grandeur nature de la représentativité du parti sur la scène politique. Il ne manque pas, à ces jeunes, d’intelligence et de ressources pour installer leur parti dans les cœurs des militants, adhérents, sympathisants, citoyens.

Il n’est pas donné à n’importe quel parti de réussir cet exploit, qui requiert un minimum de patriotisme, d’engagement militant : servir et non se servir, la patrie avant le parti. Pas en tout cas aux responsables de la Direction des Sénégalais de l’Extérieur (DSE)/APR France que Macky Sall avait tancés d’un tonitruant “Vous m’avez trahi”, refusant de les rencontrer. Les responsables politiques de l’Alliance pour la République (APR/France) avaient détourné une partie des 130 millions de francs cfa de fonds de campagne alloués à leur section, pendant que les militants pastéfiens cotisaient pour prendre en charge tous les frais afférents à leurs activités locales ; en une autre occasion, au cours d’une réunion du Secrétariat exécutif national (SEN), le président de l’Alliance pour la République n’avait pas raté les cadres du parti qui ne s’acquittaient pas régulièrement de leurs cotisations.

La Diaspora devient patriote

Comme Abdoulaye Wade en 2012, le candidat sortant Macky Sall perd presque dans tous les grands centres de la Diaspora : surtout en Europe,  aux Amériques, Asie, Océanie, les États arabes du Golfe, pays où il avait beaucoup investi sur la Délégation des Sénégalais de l’Extérieur (DSE) : l’APR fut laminée, la Diaspora devient patriote.

Comme chat échaudé craint l’eau froide, l’APR qui ne s’est pas encore remise de ses défaites cuisantes dans la Diaspora, en Casamance et dans certains bureaux de vote de la capitale est sur ses gardes : cette annonce de collecte de fonds et l’engouement qui s’en suivit donnent de l’urticaire au nouveau ministre de l’Intérieur qui s’en prend malhabilement à des militants avisés en train de dérouler leur stratégie et peaufiner des plans de riposte contre l’inertie sociale.

Le Pastef de 2021 est sur les pas du grand frère l’Alliance pour la République (APR) de 2011 ; les situations ont des ressemblances comme si l’histoire voulait la répétition : le président Abdoulaye Wade, au sommet de l’État, d’une très grande coalition de partis et mouvements politiques, d’une manne financière considérable pour l’achat de conscience, voyait l’opposition incarnée par les barons socialistes Moustapha Niass, Ousmane Tanor Dieng comme une opposition insignifiante. Macky Sall ? Un apprenti, à la limite un outsider.

La réalité fut autre, la surprise très grande. Le chef de l’État sénégalais Abdoulaye Wade, arrivé en tête au premier tour avec 34,47% des voix, fut évincé du pouvoir par les 26,29% de celui qui était le moins attendu, Macky Sall.

Le président Macky Sall joue la carte de la prudence, quand bien même il se vante d’avoir récupéré les forces vives de l’opposition dont Idrissa Seck et le Rewmi, Oumar Sarr et son Suxali Sopi, l’AFP, le PS mis au pilori ; il ne reste qu’à déstructurer le Pastef, pour être sûr d’avoir réduit l’opposition à sa plus simple expression.

Encore que les masses, même inertes, silencieuses ont le dernier mot puisqu’elles savent, en pareilles occasions, réagir et faire la différence.

A force de vouloir ostraciser l’opposition, le régime de Macky Sall a fini involontairement par tuer Idrissa Seck, le nouvel allié, pour faire la promotion gratos de Ousmane Sonko et de son Pastef

D’ici là, Pastef ne fera que suivre les traces de l’Alliance pour la Républiques (APR) pour ce qui est de la recherche de fonds de financement, de sa logistique de campagne pour les trois futures élections en cours. Rien de plus normal que les militants, adhérents, sympathisants cotisent ou fassent un effort de guerre pour mieux doter le parti. Que des membres travailleurs, des commerçants, des industriels, des membres de professions libérales soient les bailleurs du parti, ses financiers. Le Pds a eu Maitre Abdoulaye Wade, les Pape Diop, Madické Niang, Samuel Sarr et d’autres donateurs anonymes ; l’APR, a su compter sur des “bandiraabe” très riches commerçants voir des milliardaires qui ont pour noms entre autres : Harouna Dia, Diallo Baalel, Kalidou Wague, feu Amadou Konté.

Du Gabon, au Congo, en passant par la France, les États-Unis, le candidat Macky Sall et sa suite avaient été honorés par leurs concitoyens d’un montant supérieur à la caution du candidat pour l’élection présidentielle.

Les financements de parti que la justice doit interdire, les “bailleurs” extérieurs qui peuvent manipuler des dirigeants politiques pour impacter ou influer sur l’État sont à bannir pour tout citoyen imbu de patriotisme et d’amour pour son pays.

L’opération “nemmeeku Tour” a encore de beaux jours, attendant que Macky Sall et l’APR reprennent du poil de la bête et ne contentent pas, comme le dit Abdoulaye Vilane le socialiste, d’accuser un a priori pour expliquer une origine douteuse des fonds de guerre.

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