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Contribution: Goût du luxe, volonté d’accaparement et d’accumulation et responsabilités d’État Ababacar Sadikhe DIAGNE

Ce texte m’a été inspiré par le visionnage d’une vidéo montrant un palais laissé par un dictateur qui a fui son pays après la révolte de son peuple. Cette addiction par rapport au luxe est une forme de folie.

Les dents de la mer, résidence de Léopold Senghor.

Le président Senghor a emprunté pour disposer de la somme nécessaire à la construction de sa maison sur la corniche qui pourtant est bien simple. La bibliothèque y occupe une place prépondérante de même que le baobab dans le jardin dont il disait qu’il était son plus grand luxe ! Il y avait une piscine dans laquelle il s’adonnait à la nage pour le maintien de sa forme compte tenu de son âge.

Abdou Diouf a rapporté qu’en partant, son prédécesseur lui a dit : « Abdou, les restes des fonds secrets sont là ». (On était enfin d’année).  Et pourtant, comme dit précédemment, le président Senghor a emprunté pour construire sa maison de retraite qui n’était pas d’un profil extraordinaire et surtout elle était loin de toute extravagance ! Ce président-poète n’en est que plus grand.

Aujourd’hui, ce souvenir nous donne le sentiment que ce président, qui sut quitter le pouvoir en rappelant l’adage wolof qui dit “Ngour kène douka gneude”, à savoir il ne faut pas s’éterniser ou s’accrocher au pouvoir et savoir se lever de table sans se retourner, fut un géant parmi ses pairs !

La fonction de président de la République était particulièrement lourde et délicate à porter dans le monde des années soixante où l’affrontement idéologique Est/Ouest en était le déterminant.

Le président Senghor a bâti un État et développé un très bon système   éducatif tout en étant très exigeant sur la qualité du personnel de l’Administration.

Réalisme et ambitions pour son pays ont caractérisé ses actions qui n’ont pas toujours été comprises notamment par les jeunes. Dans celles-ci, il y’a eu des erreurs certes mais le président Senghor a résisté à la pandémie de l’époque qui sévissait en Afrique : la mutation vers la dictature ; il a ouvert progressivement le couvercle de la marmite pour laisser échapper la vapeur et éviter ainsi tout danger d’explosion au plan politique.

Le détachement vis-à-vis de l’argent a donné une liberté et une dignité à Senghor et à son successeur qui font la fierté légitime de leurs compatriotes surtout compte tenu de l’environnement continental de leur époque.

À leur départ, il n’a pas été fait état dans leur patrimoine ni de demeures dignes des Mille et une nuits ni de coffres-forts remplis de d’argent, pierres ou autres  métaux  précieux  !

Ainsi à quelques réserves près, hommage à eux.

Ababacar Sadikhe DIAGNE

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