Coalition “Diomaye Président” : Opération “Toxu”
Coalition “Diomaye Président”
Opération “Toxu”
La rapidité et la diversité des mouvements, formations politiques, équipes municipales et individualités politiques et de la société civile qui ont migré vers la Coalition “Diomaye Président” renseigne sur une gêne d’une classe politique profondément divisée ; elle ne saurait cependant se substituer au désespoir d’une jeunesse ouverte à tous les vents. Sauf à l’associer aussi à travers un nouveau projet d’espoir et d’union.


Les choses sont allées très vite entre l’intention et l’action : la rapidité et la diversité des mouvements, formations politiques et équipes municipales et individualités qui ont migré vers la Coalition “Diomaye Président” renseigne plus sur une gêne profonde de la classe politique divisée jusqu’au plus profond qui semble plus sanctionner Jean au profit de Paul que fondamentalement convaincue : beaucoup d’hommes, politiques et des majors, et pas seulement les signataires actuels, avaient préféré en silence le président au Premier ministre mais n’osaient officialiser leur choix ; il faudra s’attendre à l’adhésion de grands majors du champ politique, au moins plus dans l’historicité d’un nom presque en désuétude que dans un membership renforçant plus une vitrine démocratique avec près de 350 formations politiques qui ne s’améliorent pas en fonction de leur nombre.
La raison est des plus simples : Diomaye a la légalité constitutionnelle, en plus d’une onctuosité et d’une aspérité plus lisses.
Constituer une force politique en période de crise est difficile : l’émotion l’emporte sur la raison et l’élan plus instinctif que raisonné. Migration plutôt que transhumance, la nouvelle coalition est curieuse dans sa composition et dans la rapidité avec laquelle elle s’est mise en place : elle semble plus être une défiance envers l’un qu’une confiance aveugle à l’autre. Certes, elle s’inscrit dans une certaine logique démocratique qui reconnaît d’autant le cycle politique nouveau qui se met en place que la nouvelle équipe versait dans l’intolérance totale, au point d’aider les populations à se recroqueviller sur elles-mêmes ; elle semble cependant singulariser la fin d’une peur qui ne saurait cependant s’estomper devant la forte mobilisation d’une partie importante de l’électorat en faveur du Pastef de Ousmane Sonko. La nouvelle coalition devra donc travailler une stratégie de reconquête d’un électorat d’autant plus acquis à l’autre qu’il le perçoit comme dindon d’une farce nationale.
Les regroupements en réponse à une crise aboutissent peu. Abdoulaye Ly ne l’a pas réussi après la crise avec le Pra-Sénégal, Diouf, Wade et Macky Sall non plus : la forte étreinte émotionnelle semble l’emporter ; seuls Assane Seck et Émile Badiane, par leur force localisée, ont pu constituer une force d’opposition crédible aux yeux du pouvoir face aux mouvements populaires souvent dans la clandestinité post-mai 68.
La forte admiration de Senghor pour Abdoulaye Ly explique plus sa longévité dans l’attelage gouvernemental que son apport en densité morale dès 1951 : Abdoulaye Ly était une évidence que le terrain politique qui a eu pour compagnons Amadou Mahtar Mbow, Diaraf Diouf, Abdou Aziz Wane, Solange Faladé au sein du Groupement africain de Recherches économiques et politiques conçue comme une structure d’orientation et d’animation de la Fédération des Étudiants d’Afrique noire en France, note le professeur Babacar Fall de l’Université Cheikh Anta Diop & Institut d’études avancées de Saint-Louis du Sénégal dans un hommage à l’occasion du 12ème anniversaire de la disparition de Abdoulaye Ly le 31 mai 2013.
La force est dans le mouvement, dans le sens sociologique et diachronique du terme, pas chez le leader qui n’a qu’une voix dans l’urne, surtout s’il est sanctionné par une base qui crie au détournement de vote : Diomaye n’est pas Sonko. Beaucoup de leaders qui se croyaient importants ont ainsi été sanctionnés par leur propre parti qui ne retrouvaient même pas leur propre vote dans leur centre.
La nouvelle coalition pourrait ainsi s’avérer être un boulet, une force d’inertie entretenue sans résultat assuré : sur environ 350 formations aujourd’hui, presque toutes à l’époque appuyaient, mutatis mutandis, Abdou Diouf en 2000, autant pour Wade et Macky Sall en 2012 et 2024, dans les moments d’alternance que tout le monde nous envie mais qui n’avaient envoyé au second tour qu’une confiance limitée à 25 pour cent à un homme obligé de se coaliser pour s’en sortir.
Si Bassirou Diomaye Faye a exorcisé le mal, c’est grâce à un Pastef qui s’est cru assez fort pour aller seul aux Législatives où il a quand même perdu plus de 300.000 voix après la Présidentielle de mars 2024 selon les chiffres officiels :
| Partis ou coalitions | Voix | % |
|---|---|---|
| PASTEF | 1.991. 770 | 54,97 |
A la Présidentielle, Bassirou Diomaye Faye avait obtenu 2.434.751 soit 54,28%, selon la Délégation générale aux élections (Résultats de l’élection présidentielle 2024,dge.sn-
Cette érosion due aux difficultés de gestion du pouvoir et au repli sur soi des déçus de “Diomaye Mooy Sonko”; la nouvelle coalition devrait s’employer à l’effacer, ce qui peut sembler aisé . Mimi a trois ans pour faire ses preuves. Sera-t-elle assez décisive pour convaincre son patron de consolider par un gouvernement d’union nationale ?
L’hypothèse circulait déjà en janvier dernier chez les prospectivistes qui envisageaient aussi une Présidentielle anticipée.
Pathé MBODJE
