Cinéma-“ Xalé Bou Rerr ” : Eza Boto, ville cruelle
Cinéma, “ Xalé Bou Rerr ” (un enfant perdu)
Abdou Khadir Ndiaye
au bout de ses efforts
Quand la chance sourit à son audace !
Y a-t-il un cœur derrière tous ces jolis
meubles dans le chaos d’une ville pauvre ?
Abdou Khadir Ndiaye est un réalisateur sénégalais qui en 2008 a fréquenté cinebanlieue, un club de cinéma fondé par Abdoul Aziz Boye.
Après avoir travaillé avec la société Cinecap, et après ses expériences en tant que 1er et 2ème assistant sur le film de Alain Gomis « Tay » et « Félicité », Abdou Khadir Ndiaye réalise en 2015 son 1er court-métrage Xalé bu rerr, un enfant perdu.
Réalisé par
Chérifa Sadany Ibou Daba SOW,
Cheffe du Desk Culture
Cette fiction de 19 mn est l’histoire d’un jeune garçon nommé Insh, issu d’une bonne famille. Lors de son premier jour d’école, Insh attend son père à la sortie mais ce dernier ne viendra pas. Le temps passe et le jeune garçon décide de rentrer tout seul. Il se perd et s’égare dans les rues de la ville. Sans direction, la peur commence à l’envahir. Insh découvre alors le bruit et un autre monde, celui du chaos d’une ville pauvre. Il est alors accueilli par un ancien collecteur de ferraille et une bande d’enfants dans la rue, persuadés qu’il est tombé du ciel.
“Touki bouki” un film de Djibril Diop Mamebéty est le film favori de Abdou khadir Ndiaye. N’empêche, il s’est inspiré de Alain Gomis pour réaliser Xalé bou rerr qu’il a écrit pendant 4 ans et sans difficulté puisqu’il a été parmi les premiers à recevoir un financement du Fonds pour la Promotion du Cinéma africain (FOPICA).
« En plus, mon producteur m’avait laissé avec ma liberté de création. J’étais à l’aise ». « J’ai aimé le cinéma depuis le bas âge. Je regardais des films indous, des films de Ousmane Sembène. Alain Gomis, le grand réalisateur, ma référence, m’a aussi beaucoup encouragé et guidé sur mes choix de raconter une histoire ».
À travers ce court-métrage, Abdou khadir Ndiaye se questionne sur le sens de la société : «Y’a t’il un cœur derrière tous ces jolis immeubles ? Comment un enfant perdu peut-il passer inaperçu aux yeux des passants ? ».
Au-delà de ces questions, le réalisateur sénégalais montre à travers Xalé bou rerr que la vie s’apprend dehors : « Au début du film, la maman de Insh lui faisait ses lacets. Mais au milieu du film, il a réussi à faire tout seul ses lacets. Il a donc grandi dans la rue entre-temps».
L’objectif du réalisateur sénégalais est de continuer à faire des films. « Je neveux pas faire le film des autres. Je veux faire mon film», affirme t-il.
« La chance sourit aux audacieux »
Produit à Cinekap avec le soutien du Fopica à Dakar et de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) à Paris, Xalé Bou Rerr a reçu le prix du meilleur court-métrage et prix CINIT (association des cinéastes italiens) lors du 27ème Festival du Cinéma d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine à Milan, en Italie. Le court-métrage a aussi gagné la première édition du Festival Dakar-Court. Un vrai succès pour le premier court-métrage de Abdou Khadir Ndiaye.
Actuellement en Mauritanie pour préparer son long-métrage, Abdou Khadir Ndiaye lance un message aux jeunes cinéastes passionnés.
« En tant que jeune cinéaste, pour persévérer dans le cinéma, il faut servir de base pour les anciens ; il faut voir le film des aînés, voir le cinéma africain car on a de grands cinéastes comme Abdourahmane Cissokho, Djibril Diop Mamebéty, Ousmane Sembène, etc. Après, s’ouvrir au monde avec le cinéma américain, italien, russe, français, tunisiens (les Tunisiens font de bon films). Il faut beaucoup lire les scénarios pour identifier son écriture, surtout si on veut être auteur réalisateur ».
« Le cinéma est d’abord une question de point de vue. Maîtriser les règles, c’est bien mais rester artiste et être libre dans sa création est encore meilleur. Il faut donc oser et être têtu dans ses visions et créations mais aussi écouter les suggestions pour s’améliorer. Que les jeunes soient patients car il y’a un temps d’écrire et de réaliser ». Tels sont ses derniers conseils aux futurs Sembène Ousmane.
