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Cheikh Oumar Anne, Mélomane Iconoclaste P. M.

Au début des années 80, Baye Ass Mademba Ndiaye a failli faire un mémoire sur Bob Dylan, nom d’artiste d’un certain Robert Allen Zimmerman, auteur-compositeur-interprète, musicien, peintre et poète américain. Il eût été bien inspiré : son poète a été sacré par la fondation Nobel en Littérature, pour la qualité de ses écrits chantés.

Cheikh Omar Anne, lui,  a plongé pour Cat Stevens, né Steven Demetre Georgiou, désormais Yusuf Islam ; le ministre, homonyme de l’immense El Hadji Omar Foutyou Tall,  ne comprend pas cependant que Cat Stevens a toujours été religieux, de même que Bob Dylan d’ailleurs : “Morning Has Broken” et “Edelweiss”, par exemple, sont de véritables transes religieuses, au sens mouride du terme ; “Slow Train Coming” en particulier fut magistral, avant une position plus conforme au gospel, pour Bob Dylan.

Cheikh Omar Anne est un iconoclaste de la musique : bercé par “Get Ready” alors qu’il se trémoussait en deuxième voire troisième piste, il préfère la période tumultueuse des années 70, marche inévitable vers le renforcement des droits individuels et collectifs avec l’irruption d’une nouvelle génération plus impatiente, dans la foulée des anciens progressistes qui les ont encadrés et inspirés (Temptations, Cat Stevens, Joan Beaz, Simon and Garfunkel-The Sound Of Silence).

La trame reste ainsi la recherche de la dignité de la personne humaine et de la spiritualité, mais dans la joie et la bonne humeur : la contre-culture, la fétichisation de la religion comme refuge ultime (le christianisme, pour Bob Dylan, l’Islam, pour Yusuf Islam).

Iconolaste, Cheikh Omar Anne ?

La parenthèse thiessoise a été déterminante dans la personnalité nourrie à la sève culturelle foutankè : la porosité aux apports fécondants du métissage culturel ambiant n’est pas mollesse ; la grande révolte des “Bouts de bois de Dieu” de Sembène a aussi été un héritage de l’homme versé sur le solidarisme international né avec l’île de Wight, la théologie de la libération et les échecs de la première décennie des indépendances dans le Tiers-Monde ; tel ce saint, Anne  renverse les dieux pour tendre vers la perfection de l’Unicité. La musique devient idéologie. De lutte contre l’exclusion sociale.

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Avec Koccbarmafall /sky log

31/07/2018

Culture & Loisirs

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