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Ces Noirs absents sur la photo Précurseurs de la photographie, ils sont oubliés et sous(estimés

États-Unis-Passé-Présent 

 

Les visages noirs oubliés

des débuts de la photographie

 

 

Le Smithsonian Americain Art Museum a acquis de rares daguerréotypes du XIXe siècle, sortis de studios africains-américains. L’occasion de rectifier l’idée que l’on se faisait aux États-Unis des débuts de la photographie.

 

Stephanie Stebich appelle cela “un joli coup” : le Smithsonian Americain Art Museum (SAAM), dont elle est la directrice, à Washington, vient d’acquérir une partie de la collection de Larry J. West, un spécialiste de la photographie du XIXe siècle, aujourd’hui septuagénaire ; moyennant un chèque “à six chiffres”, l’institution met ainsi la main sur “286 objets datant des années 1840 à la fin des années 1920”, rapporte The New York Times. Dans le lot : une quarantaine de daguerréotypes réalisés par “trois des plus grands photographes noirs du XIXe siècle, James P. Ball, Glenalvin Goodridge et Augustus

James P. Ball

Washington”, précise le quotidien américain.

Avec ces daguerréotypes, le musée a également acheté des portraits de militants abolitionnistes et des photographies relatives à l’Underground Railroad, le “chemin de fer souterrain”, un réseau secret qui a aidé des esclaves à fuir le sud des États-Unis pour gagner les États abolitionnistes du Nord ou le Canada. Ces derniers clichés mettent en scène beaucoup de femmes, noires et blanches, qui ont travaillé à lever des fonds pour le réseau, précise le journal. Le SAAM a également acquis des objets personnels avec des photographies ou des daguerréotypes enchâssés, comme des médaillons ou des camées.

Des photographes oubliés ou sous-estimés

L’invention en 1839 du daguerréotype, l’un des ancêtres de la photographie, n’est pas le premier procédé photographique, mais les images produites par la plupart des procédés antérieurs avaient tendance à disparaître rapidement du fait de l’action de la lumière du jour et de l’absence d’un fixateur opérant, tandis que le procédé de Niépce au bitume de Judée requérait, pour les prises de « vues », plusieurs jours de pose. Le procédé du daguerréotype est ainsi l’un des premiers à enregistrer et à afficher, de façon exploitable, une image permanente. Il est donc devenu le premier procédé photographique utilisé commercialement.

Le terme daguerréotype provient du nom de son inventeur, l’artiste et décorateur français Louis Daguerre, qui découvre ce procédé en 1835. Après des années de perfectionnement, sa découverte est présentée à l’Académie des sciences par Arago le 9 janvier 1839.                                                                                                                                                                 

Le brevet de Daguerre est acquis par le gouvernement français, ce qui permet à l’Académie, en publiant les détails du procédé le 19 août 1839, d’en « doter libéralement le monde entier ».

Parallèlement, des recherches sont menées en Angleterre par William Henry Fox Talbot qui invente le calotype dont il obtiendra le brevet en 1840 ; le calotype permet une impression sur papier, à la différence du daguerréotype qui utilise lui des plaques de verres. Seule l’invention de Daguerre sera reconnue, notamment grâce au travail de l’académie dans la diffusion des procédés du daguerréotype. Cependant, le procédé du négatif-positif devint la base de la photographie argentique moderne.

Le daguerréotype est un procédé uniquement positif, ne permettant aucune reproduction de l’image. Il est constitué d’une plaque, généralement en cuivre, recouverte d’une couche d’argent. Cette plaque est sensibilisée à la lumière en l’exposant à des vapeurs d’iode qui, en se combinant à l’argent, produisent de l’iodure d’argent photosensible. Lorsqu’elle est exposée à la lumière, la plaque enregistre une image invisible, dite « image latente ». Le temps d’exposition est d’environ vingt à trente minutes, soit beaucoup moins que les méthodes précédentes qui nécessitaient plusieurs heures d’exposition.

Le développement de l’image est effectué en plaçant la plaque exposée au-dessus d’un récipient de mercure légèrement chauffé (75 °C). La vapeur du mercure se condense sur la plaque et se combine à l’iodure d’argent en formant un amalgame uniquement aux endroits où la lumière a agi proportionnellement à l’intensité de celle-ci. L’image ainsi produite est très fragile et peut être enlevée en chauffant la plaque, ce qui produit l’évaporation du mercure de l’amalgame.

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Sources :
THE NEW YORK TIMES –
Wikipedia

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