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« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

Cap-Vert : Les Arts premiers

L’art traditionnel chez les Rabelados d’Espinho Branco (Cabo Verde)

Une «  Terre proche » à découvrir… Magellan, Christophe Colomb, Charles Darwin ont fait escale au Cabo Verde.
En matière de recherche historique, des «  recherches conjointes » devraient pouvoir être menées, notamment en géologie et en anthropologie.
Nous avons eu la chance de visiter non loin de la ville de Calheta un petit village occupé par les «Rabelados ». Ils ont une histoire qui mériterait d’être connue et ils vivaient en autarcie dans les montagnes il y a encore quelques années.
Il y a une femme – Misa- qui mène un combat en vue de leur «insertion». Misa qui a permis la création du village d’Espinho Branco et qui se bat jour et nuit en faveur des Rabelados. C’est elle qui nous a introduit auprès de cette petite communauté
Elle est reconnue et appréciée, y compris au plan international.

Le village d’Espihno Branco situé dans la commune de São Miguel au Cabo Verde est devenu une « destination proche »… Proche des cœurs pour celles et ceux qui ont appris l’histoire de ce village.
Le cœur, la main et la volonté inébranlable d’une femme – Misa Kouassi- ont permis à ce petit village où vivent quatre-vingts âmes «  visibles » de « surgir » comme une chute d’eau qui descend de la montagne…
Misa connaît « par cœur » l’histoire des Rabelados et une partie de cette histoire est fortement associée à son histoire personnelle. Elle a mené des combats pour défendre une communauté et sa culture.
Misa est une artiste plasticienne mais elle écrit également et elle a choisi la poésie pour dire ce qu’elle ressent. Une artiste du jour et du «  contre-jour »…
Il faut parcourir ce petit village d’Espinho Branco en compagnie de son guide préféré -Merlène- rencontrer et « croiser le regard oblique » des animaux domestiques qui vivent également dans ce petit village avant d’entrer dans la belle et authentique galerie d’art traditionnel qui porte le nom magique de «  RabelArte »…
Lorsque le premier pas est franchi, le regard « fouille » l’espace de création avant de se poser – mille fois – sur les œuvres créées et exposées.
Art traditionnel : pourquoi pas ?
La modernité ne semble pas concerner pour le moment ces «  créateurs de beauté »…
Comme l’art moderne qui se laisse exposer – enfermer ?- dans les «musées modernes », l’art traditionnel aime à franchir les seuils indépassables…
Seuil des couleurs…
Seuil du trait…
Seuil des formes…
Seuil du jour et de la nuit…
Seuil de la porte magique…
Il faut «  pousser la porte »…
Le Rabelado engage son « corps et son âme » dans tout acte de création. Mais l’artiste Rabelado – il réclame à cor et à cri cette appartenance religieuse et culturelle – est relié à un monde qu’il n’a pas renié…
Un monde fait de croyances religieuses fortes, un monde «  superstructurel » où la spiritualité occupe une place importante, un monde de couleurs vives, un «  monde plastique » loin de tout «  esthétisme » et de tout «  académisme » dont il entend rester «  jusqu’à son dernier souffle » le pur produit…
Un monde aussi de superstitions superposées…
Par où commencer le « parcours artistique » ?
Plusieurs œuvres se côtoient dans la galerie des Rabelados, ces hommes et ces femmes qui ont accepté de «  descendre un jour de leur montagne »…
Ils savent, comme l’a chanté Jean Ferrat, que «  pourtant la montagne est belle »….
Une réflexion poussée sur l’art traditionnel des Rabelados nous conduirait à remonter à certaines formes de «  l’art pariétal » et ce lien indissoluble entre l’art traditionnel des Rabelados et l’art pariétal révèlerait toute la puissance du «  franchissement des ères » car l’art pariétal,  fortement corrélé aux «  arts rupestres, vient de loin »…
Le trait dessiné par l’outil de pierre, le « silex » qui produit les étincelles et le feu…
« Pour les étincelles que nous sommes, c’est normal de briller avec les artistes d’Espinho Branco» (Misa dixit)
« L’homme est le produit de son milieu »…
L’art restera toujours le produit de l’homme et du milieu auquel il appartient.
L’artiste d’Espinho Branco «  trace de longs traits » à la recherche du temps et peut-être de son « paradis perdu »
Le « trait » dessiné sur la roche aux temps anciens et qui a laissé des «  traces indélébiles » dans l’inconscient collectif.
Personnages filiformes…
L’artiste suit le «  trait »…
Le «  trait » suit l’artiste…
L’artiste d’Espinho Branco donne des couleurs au temps, des couleurs toujours vives, avant de donner des couleurs à ses toiles, des toiles faites principalement en «  tissus »…
La préparation du « tissu » qui sert de support est déjà le «  premier pas » de l’artiste vers son œuvre, une œuvre à ranger dans cet art traditionnel qui vient des profondeurs mais qui « descend de la montagne » avec ses formes «  réinventées »…
Chaque objet a sa place sur la toile.
Chaque animal a sa place sur la toile…
Chaque « être humain » femme, homme ou enfant à sa place sur la toile…
Cet art traditionnel est la résultante réussie d’une culture ancrée dans la tradition mais les traditions sont multiples…
Cet art traditionnel mériterait d’être connu et de «  sortir un certain temps du village » afin de pouvoir «  dialoguer » avec d’autres créations issues de tous les temps du monde.
Espinho Branco est un petit musée à ciel ouvert avec son architecture faite de «  matériaux locaux » et de formes qui rappellent des époques reculées…
L’art traditionnel des Rabelados à travers ce qu’ils donnent à voir émeut le « visiteur » qui vient des «  villes »…
Le «  citadin » lointain…
Promouvoir cet art traditionnel restera d’abord et avant tout le «  choix » de la communauté Rabelado.
Art sans frontières…
Cœurs sans frontières…
RabelArte est une « destination artistique » magique…

Vovo Bombyx
17/7/2025

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Encadré-Itinéraire

La case de Tata Misa

Biographie de Misa Kouassi
Misa Kouassi (née Maria Isabel Alves, le 11 août 1962 à Praia, Cap-Vert) est une artiste
pluridisciplinaire : peintre, poétesse, exploratrice et femme visionnaire. Depuis plusieurs
décennies, elle consacre sa vie à une mission culturelle profondément enracinée dans la
réparation, la transmission et la reconnexion entre l’humain, la nature, l’histoire et les
territoires. Elle milite pour un équilibre entre les mondes rural et urbain à travers l’art, la
parole et l’engagement.

Parcours et Engagement-Dès 1996, Misa initie un parcours singulier : elle réhabilite des villages dans les zones rurales du Cap-Vert, en redonnant vie et beauté à l’architecture traditionnelle. Parallèlement, elle promeut l’oralité comme outil d’éveil des consciences et développe des formations artistiques pour les jeunes. Elle organise aussi des séjours pédagogiques pour les écoles urbaines afin de reconnecter les enfants à leurs racines culturelles.

Collaboration et Influence-Au fil des années, elle tisse des liens avec les universités, les étudiants, les agences culturelles et les diasporas afro-descendantes, notamment du Brésil. Sa démarche s’inscrit dans un retour transatlantique guidé par la créativité, l’estime identitaire et la réparation culturelle. Pour elle,
l’art est un pont entre les continents et un levier de transformation profonde.

Exploration en Afrique-En 2019, elle part pour une exploration de six ans sur le continent africain. Elle s’installe à Toubab Dialaw, au Sénégal, où elle collabore avec l’association “Les Linguères de l’Émergence”. Elle s’implique ensuite dans le village de Diembering, en Casamance, connu pour sa forêt sacrée. Elle y rencontre la figure emblématique de la Reine Alice, qu’elle souhaite faire connaître comme symbole de l’Afrique royale, féminine et spirituelle.

Le 6e Continent Itinérant-De cette vision naît la plateforme du 6e continent itinérant, un espace d’échange artistique, philosophique et écologique. À travers cette initiative, Misa appelle à embrasser l’ancestralité, à honorer les mémoires et à bâtir des projets collectifs autour de résidences d’artistes, de performances, de podcasts et de créations partagées.

Projets Futurs-En 2026, avec le soutien du Ministère de la Culture du Cap-Vert et de la Mairie de Praia, Misa prévoit une série de résidences d’artistes sur les îles. Ces résidences auront pour thème l’unité africaine, la valorisation du métissage des connaissances et un hommage vibrant à « Mère Afrique Unifiée ».

Récompenses et Documentaires-Son parcours a été récompensé par plusieurs prix nationaux et internationaux. Deux films documentent son œuvre et sa démarche :
• Misa Cœur Cosmic
• Le film de Diembering

Contact
• Email : misababi2021@gmail.com
• Téléphone : +238 920 72 19
Misa Kouassi continue d’inspirer par son engagement et sa passion pour l’art et la culture,
unissant les esprits et les cœurs à travers ses initiatives novatrices et humanistes.