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Camion-benne à ordures ménagères: Tel qu’il arrange, voilà qu’il dérange ! Chérifa Sadany Ibou Daba SOW

Depuis une décennie, jusqu’alors en 2021, les bennes à ordures procèdent de la même manière pour ramasser les déchets ménagers : stationner maladroitement, klaxonner avec insistance. Ont souhaité un changement de procédure, certains Sénégalais qui sont obligés de traverser chaque matin la rue pour déverser leurs déchets.

Alors que faire ? Dans un petit village comme Cambérène, le service de nettoyage ne devait pas poser un problème, mais certains se plaignent. Les femmes surtout qui attendent le camion à ordures sur n’importe quel angle, et qui maitrisent mieux leur itinéraire. Elles rencontrent, disent-elles, beaucoup de difficultés à déposer leurs sachets de déchets : « Le comportement des agents laisse à désirer : ils sont nerveux, arrogants et surtout sans pitié. À mon âge, j’ai fréquemment du mal à verser ma poubelle dans le camion. Certains des agents te regardent te débrouiller. Jamais ils ne t’aident dans le déversement, en tout cas, c’est mon cas » se plaint Maguette Sarr, 45ans. Elle dénonce le manque de solidarité des agents vis-à-vis des femmes âgées. Pendant ce temps, Codou, 34 ans, s’inquiète du manque de sécurité.  « J’aurais aimé que l’on revoie cette méthode archaïque de déposer les déchets dans ces camions. Ici, à Cambérène, avec les travaux de BRT, l’embouteillage ne quitte jamais nos rues. Tu te faufiles entre les voitures, avec le poids de la poubelle, pour joindre l’auto-déchets. Traverser devient encore pire lorsque les eaux de la pluie stagnent sur le sol argileux. Plusieurs personnes trébuchent et tombent. Ce qui n’est pas sûr. Je pense qu’il faut chercher une solution pour déposer les déchets sans avoir à traverser la rue ».

À liberté 6, précisément à scat Urbam, la situation n’est pas la même qu’à Cambérène ; là-bas, ce sont les charrettes qui font le travail. Elles passent chaque deux jours récupérer les sachets à déchets, explique Rama Diaw. « Mais ce n’est pas un service gratuit. Nous devons à chaque fois leur payer un prix modique, c’est la règle », fit-elle savoir. À elle, cela ne la dérange pas qu’elle paye pour libérer ses déchets. Elle ne supporte pas de gâcher ses sommeils ou de devoir enlever son gommage (crème appliquée au visage) pour aller à la rencontre matinale (déverser les déchets). Toutefois, il existe des charrettes qui font de la porte à porte ; elle est soulagée et toute contente de l’initiative.

De camion à ordures à horloge-réveil …

Ousseynou Diop n’a que les weekends pour profiter du sommeil. Veiller toute la nuit dans un fast-food, ce n’est pas évident. Donc il attend impatiemment ses jours de repos pour faire grasse matinée mais avec difficulté. « Je maitrise les horaires du camion à ordures à cause du klaxon. C’est entre 08h 45 mn et 9h que ça retentit. Je n’ai jamais vu un service aussi ponctuel dans l’histoire du Sénégal », rigole-t-il.

« Je comprends aussi, même si ça gâche mon sommeil pendant quelques instants, qu’ils sont obligés de procéder ainsi pour marquer leur présence. Mais je suis pour qu’on revoie cette astuce. Ça tympanise et dérange non seulement la circulation, mais surtout les personnes souffrantes qui retrouvent le sommeil qu’à ces heures… “bax-bax bi″ ». Il ajoute : « Je ne suis jamais allée aux États-Unis mais j’ose espérer qu’ils ne procèdent pas de cette manière ».

L’objectif des autorités locales est alors de faire en sorte que leur ville atteigne un “bon état” sur la base de ce qui existe dans les pays développés. Bientôt les élections locales, le moment propice alors pour les habitants de Cambérène de transmettre leurs doléances auprès des candidats à la mairie.

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