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Balade nocturne: Quand Liberté 6 bouge au rythme du couvre-feu qui n’est plus de mise Cherifa Sadany Ibou Daba SOW

Pour eux, pas question de circuler au-delà de 22 heures les embouteillages et l’insécurité à Dakar obligent certains Sénégalais à rejoindre tôt leur domicile. Plus de couvre-feu, mais les habitudes restent les mêmes.

« Nous avons pris l’habitude de ne pas traîner en chemin depuis le couvre-feu. Certes, ce n’est plus à l’ordre du jour mais aujourd’hui, nous sommes obligés de presser les pas par sécurité : les agressions sont toujours d’actualité. Et vu que nous rentrons à Keur Massar à cette heure, nous sommes obligés de nous bousculer pour avoir une voiture. Ce qui reste très compliqué à pareille heure ».

Elles sont une dizaine d’étudiantes réunies sur le trottoir, guettant avec impatience un véhicule de transport en commun. Nous sommes au rond-point Liberté 6 sur la route qui mène vers l’échangeur “Sénégal émergent”

A 21 heures, Grand-Yoff présente une atmosphère différente de ce qu’on avait l’habitude de voir. C’est le calme. Depuis le marché de Liberté 6, les marchands plient bagages en errant, pour chercher des clients de “dernier moment”.  Le “garage” de taxis, “cars rapides” et “Tata” est sombre de clients qui attendent le transport qui leur conviennent. C’est la grande bousculade. « C’est à cause des embouteillages que les voitures peinent à faire plusieurs trajets. En temps normal, il pourrait ne pas y avoir de l’affluence, mais avec le projet de Bus Rapid transfert (BRT), difficile pour un chauffeur de faire aller-retour aussi vite ; du coup, les clients sont obligés de se bousculer pour la première voiture disponible », explique le régulateur qui continue d’informer sur la direction que prennent des voitures : « Case baa-Case baa, Guédiawaye, Hamo 6 » crie-t-il.

Un peu plus loin, la station d’essence est occupée par quelques-unes des voitures. A côté, des boutiques fermées, la voiture de la police en position pour la patrouille et surtout pour la régulation de l’embouteillage.

La ligne 219, à vive allure, roule sur l’autre sens avec ses lampes éteintes informant sur son dernier départ. A cette heure, alors que la moitié des gens sont rentrés, les vendeurs de fruits restent très vigilants sur leur étalage.

A Hlm Grand Yoff, aux alentours de la poste, des voitures garées devant des maisons luxueuses informent sur le retour du patron. Ici, c’est une cité un peu sécurisée. Penchés par-dessus leur balcon, des adolescentes prennent tranquillement de l’air, assistant aux klaxons des taxis qui évitent la collision.

« Dévier est la solution. En prenant Hlm Grand Yoff pour traverser l’échangeur Sénégal émergent, je prends souvent la route qui mène à Grand Médine pour joindre le plus rapidement le rond-point de la case. Ça me permet d’éviter naturellement les embouteillages, d’économiser de carburant et surtout de déposer les clients afin de pouvoir faire d’autres courses avant 23 heures », livre le taximan qui conduit à l’aise sur le son de Kiné Lam ‘’Fodé Mamadou Souané’’.

A Grand Médine, l’ambiance est palpable, contrairement à Grand Yoff. Ici, c’est le concours de la plus grande boutique éclairée. Elles sont toutes ouvertes. Les vendeurs de café sont entourés de   jeunes clients. Le terrain de sport occupé par les célibataires et quelques époux qui veulent encore “impressionner”. Le marché reste en mouvement malgré l’aiguille qui veut joindre 22 heures. Il fait moins 45 minutes, 21h. Quelques jeunes hommes scotchés sur leur téléphone trainent encore aux alentours des boutiques dans les coins.  Cette situation reste continuelle jusqu’au rond-point Case-bi des Parcelles assainies d’où il est difficile de faire la différence entre la nuit et le jour. On dirait un carrefour : c’est un carrefour. Ça ne dort pas ici. Malgré la présence de quelques policiers en garde, le rond-point refuse du monde. Chacun avec ce qui peut l’occuper ou l’inculper.

Terminus, tout le monde descend !

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