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Arrestation de Barthélémy Dias, affaire Miss Sénégal: Deux poids deux mesures Sergio RAMOS

Barthélémy Dias a été arrêté mercredi dernier 17  novembre par la police pour avoir voulu se pavaner dans les rues de Dakar comme l’avait fait, sans être inquiété, quelques jours avant,  son adversaire, Abdoulaye Diouf Sarr, dans le cadre de la conquête de la mairie de Dakar. Cette absence d’équité dans le traitement des citoyens devrait amener le procureur à s’autosaisir sur cette affaire de viol présumé suivi de grossesse qui éclabousse le comité d’organisation de « Miss Sénégal ».

Barthélémy Dias a été brièvement interpellé mercredi 17 novembre 2021 par les éléments du commissariat de police de Dieuppeul. Le maire de Sicap Sacré-Cœur Mermoz voulait juste se rendre à la gare de Pétersen avant de se taper une promenade politique à travers les rues de la ville.

La brève interpellation de Barthélémy Dias a donné lieu à les vidéos et n’a pas seulement choqué au niveau de l’opposition : l’un des plus ardents défenseurs du président Macky Sall n’a pas tardé à réagir. Sur Facebook, Serigne Mbacké Ndiaye a poussé un coup de gueule, avouant que cette manière d’arrêter pour un non ou pour un oui desservait plus son mentor. « D’après les images que j’ai vues, c’est un citoyen accompagné de deux ou trois personnes et non une foule. Je ne vois pas comment ceci peut constituer un délit. On le soupçonne peut-être de vouloir organiser une marche non autorisée à Dakar ; si c’est le cas, ce serait trop léger », a dit l’ancien porte-parole d’Abdoulaye Wade. « Arrêtons de créer des situations conflictuelles dont le seul perdant serait le président Macky Sall. Ceux qui sont à la base de beaucoup de conflits laissent la patate chaude entre les mains du président. On ne peut pas empêcher un citoyen de marcher seul ou accompagné de deux concitoyens », a-t-il ajouté.

La marche brutalisée du candidat de la coalition Yewwi askan wi pour la mairie de Dakar intervient quelques jours après celle du ministre de la Santé et de l’Action sociale. Abdoulaye Diouf Sarr, candidat de la coalition Benno Bokk yakaar pour la mairie de Dakar, s’est également permis une “promenade” dans les rues de la Médina. Sans inquiétude. Ce qui constitue une politique de deux poids deux mesures, injuste et inacceptable dans un pays de droit.

 Le préfet entre dans la danse

Le communiqué inopportun du préfet de Dakar invitant au respect scrupuleux des règles qui régissent l’occupation de la voie publique en vue de garantir la sécurité et la libre circulation des personnes et des biens ainsi que l’exercice pour chaque citoyen de ses droits dans les conditions requises, ce communiqué donc est un scandale. Pour la bonne et simple raison que l’interpellation de l’autre n’a pas été appliquée de manière équitable.

La volonté de certaines de nos autorités tendant à faire dans le zèle n’est pas pour amortir la tension politique palpable dans le pays. Plus on avance, plus elle se fait sentir. Et cela risque de durer jusqu’aux prochaines élections territoriales prévues le 23 janvier prochain.

Cette manière d’agir de certains membres de l’administration doit évoluer pour montrer aux Sénégalais qu’ils sont tous égaux devant la loi. Qu’ils soient de l’opposition ou du Pouvoir.

Certaines décisions sont même très loin de faire l’affaire de l’État ou du pouvoir qu’ils sont censés servir. Heureusement qu’il y en a qui tentent de sauver la face dans notre pays où s’impose manifestement un « ndeup » national.

Par ailleurs, les révélations fracassantes sur le viol supposé suivi d’une grosse de la « miss Sénégal 2020 » devraient être tirées au clair. Le procureur de la République doit s’autosaisir sur ce dossier qui a fini d’émouvoir toute la toile et même au-delà. Pour moins que ça, des citoyens ont reçu des convocations.

Cette affaire de viol suivie d’une grossesse dont l’auteur est inconnu devrait pousser les autorités à aller au fond des choses. Déjà très grave, elle a été envenimée par les propos irresponsables de la présidente du comité d’organisation de « Miss Sénégal » : devant les accusations de la plaignante, elle a déclaré qu’« on ne peut pas violer une personne majeure sans son consentement ». Même si elle revenue, dans une vidéo, toute honte bue, pour demander pardon.

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