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Antoine Félix Abdoulaye Diome en zone rouge Par Habib KA, Thilogne

Antoine Félix Diome. Evoquer ce nom fait frémir, exhaler la caisse d’avance de l’Hôtel de Ville, les relents de brûlis d’un trésor consumé. Pour un milliard 800 millions de francs, procès expéditif : Khalifa Ababacar Sall, cinq ans de prison, trente lunes à la citadelle, sursitaire, l’édile de Dakar perd ses droits civiques.

Antoine Félix Diome, Karim Meïssa exfiltré nuitamment de Rebeuss pour le Qatar, interdit d’entrée à Dakar, exilé forcé.

Antoine Félix Diome, c’était aussi le tombeur de Tahibou Ndiaye et de Aïda Ndiongue devant la Cour, en sa qualité de patron de l’agence judiciaire de l’Etat (AJE).

Agent judiciaire de l’Etat dans l’affaire de Khalifa Sall, procureur à la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (Crei) dans celle de Karim Wade, Antoine Ledoux béatifia Macky Sall du boulevard de la République pour 2019.

Seriez-vous Tony, celui que Macky Sall a donc suffisamment encore blindé pour écourter ce qui reste d’opposants coriaces, gênants pour lui ? Celui qui ferait avaler aux Sénégalais le 3ème mandat et qui organiserait le scrutin de 2024 ?

Antoine-50 millions, sac en bandoulières, cap Ilaa Touba,

Antoine-” compter les morts ne nous intéresse pas “,

Antoine-” les élections reportées sine die “,

Antoine-La-Gaffe.

Ceci ne vous ressemble pas.

Pour votre gouverne, Saint Antoine, la politique ne s’accommode de rien. Dominant, tout devient récessif devant elle.

Marabout-politicien, juriste-politicien, vous y perdez votre âme puisque hybride vous devenez : un faux-marabout, un faux-juriste. Pr Ismaïla Madior Fall vous suit. Lui le concepteur de la réforme constitutionnelle et qui dit qu’il ne va plus en parler parce qu’il veut se rétracter.

Les procès de Karim Meissa Wade et de Khalifa Ababacar Sall sont des procès politiques. Au hasard de la météo politique, si le président Macky Sall souhaitait renouer avec ses frères et amis d’hier, aurez-vous suffisamment de cran de défendre le Droit, rien que le Droit, contre vents et marées ?

Le juge Kéba Mbaye tenait plus à sa toge sacerdotale que de tripatouiller des résultats pour sauver le fauteuil présidentiel d’un politicien nommé Abdou Diouf.

Ceci pour dire, M. Antoine Félix Abdoulaye Diome, que vous faites fausse route puisque que vous êtes entré dans une zone rouge, peuplée de hordes de loups-garous. Zone qui n’est pas la vôtre et dont vous ne pourrez pas maîtriser la philosophie, les codes.

Vous n’êtes vraiment pas à votre place. Flic, vous ne pourrez devenir. Le chemin est semé d’embûches : organiser les scrutins, être entre l’enclume des populations et le marteau du pouvoir, freiner les caprices d’une rue qui bouillonne d’en découdre contre les injustices,  les sempiternelles marches, les grèves, les luttes syndicales. Aussi, il y’a la menace terroriste, la porosité des frontières, les narcotrafiquants, l’argent sale, les drogues.

L’opposition, depuis toujours, réclame une personnalité indépendante à la tête du ministère de l’Intérieur et qui sera chargée d’organiser les futures élections. Serez-vous alors assis sur un siège éjectable ? Ou était-ce un cadeau empoisonné ?

Votre prédécesseur, le ministre Aly Ngouille Ndiaye, a-t-il eu plus de chance que vous de partir avant les tempêtes qui s’annoncent ?

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