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Amadou Bâ et Makhtar Cissé communiquent

Le Courtisan & le Prince

Amadou Bâ et Mouhamadou Makhtar Cissé se sont lancés ces derniers temps dans un exercice de communication et ont connu des fortunes diverses : la hauteur de l’un a révélé le niveau trop bas de l’autre désireux coûte que coûte d’être agréable au Prince.

La dernière sortie du ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur a irrité une bonne frange des populations par son caractère terre à terre : l’homme parle de lui à la première personne, justifie sa présence auprès du président de la République et annonce un acte d’allégeance qui renvoie plus à une sujétion qu’à une collaboration sincère et loyale basée sur la confiance mutuelle, la compétence, la fidélité au service d’un état. Les perspectives du futur de Amadou Bâ, Youssoupha Diallo les partage sur le plan économique : leur alignement sur les idées de Macky Sall, chef d’état et leader de parti, coulent de source.

Par contre, Mouhamadou Makhtar Cissé qui s’est livré au même exercice à quelque temps de là s’est montré au contraire soucieux des populations sénégalaises et a développée vocation panafricaniste jusque-là insoupçonnée. Certes, le texte est long, avec des accents populistes et la signature locale est plus personnelle qu’elle ne révèle en fait une co-écriture. Il n’en demeure pas moins qu’en exposant son souci postCovid-19, le ministre des énergies se pose en homme d’avenir plus que les autres dont les idées peinent à prendre de la hauteur. C’est tout l’intérêt de la tribune signée Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre du Pétrole et des énergies du Sénégal, et Fatih Birol, Directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, « La reprise en Afrique, après la pandémie et la récession ».

Pourtant, en scrutant l’horizon de la sortie de la crise du Coronavirus, le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur avait bien commencé avec sa chronique du 24 juin en se faisant prospectiviste sur le rendez-vous de l’Histoire d’une Afrique post-Covid. Mais l’heuristique, et l’épistémologie, malheureusement, sont restés basés plus sur les perspectives du président Macky Sall que sur une vision propre. Aussi Amadou Bâ est-il resté scotché sur son aire de lancement, incapable de décoller à partir d’une base propre.

Pathé Mbodj

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