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Amadou Bâ, coordonnateur national de BBY: Belle carrière, en perspective Par Habib KÂ, Chef du bureau régional de Matam, Thilogne

De cette bataille pour les élections municipales et départementales, l’ex-ministre de l’Économie et des Finances s’en sort victorieux avant le verdict des urnes. Nommé coordonnateur national de Benno Bokk Yakaar (BBY), Amadou Bâ se voit réhabilité et promu à une belle carrière.

Premier ministre ? Plan B pour Macky Sall ? Il est tôt d’y conjecturer, surtout que le contexte est gros d’incertitudes, de surprises de dernière minute. Un contexte politique tendu où le Sénégal devra faire face aux impératifs de deux élections d’ici février 2024.

Pour les Locales de janvier 2022, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances est nommé coordonnateur national de Benno Bokk Yakaar (BBY). Amadou Bâ n’est certainement pas nommé pour une mission spéciale expéditive de 80 jours seulement, qui peut lui faire renoncer à briguer le fauteuil de la mairie des Parcelles Assainies et celui très prisé de la Ville de Dakar.

Une mission commandée, au service des autres, et après ? Quels dividendes cet homme du sérail, discret et bien éduqué, qui attend inlassablement sa réhabilitation depuis sa mise en disgrâce qui n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets, même si les langues commencent à se délier peu à peu ?

Peu importe : cette nomination a valeur d’annonce tout au moins de la fin d’une aventure sombre, et de prémices d’un retour de Amadou Bâ aux côtés d’un  collaborateur exigeant,  auquel il a toujours été loyal.

Est-ce pour autant suffisant pour spéculer sur le futur de sa carrière ?

Amadou Bâ, PM

Des analystes et chroniqueurs qui avancent un peu plus vite que le tempo voient en lui déjà le Premier ministre désigné et le dauphin idéal de Macky Sall au cas où la mouture du 3ème mandat peinait à glisser facilement,  telle une lettre à la poste.

Exercice fastidieux et complexe que de vouloir décrypter les pensées d’autrui, surtout quand il s’agit d’un président de la République, de surcroît aussi machiavélique que Sall. Toutefois, l’annonce est là, pas plus, et nul ne peut prédire ce que demain sera fait. Le temps est long, très long ; tout peut arriver d’ici 27 mois des joutes électorales de 2024.

Remaniement Ministériel

A tous ceux qui s’intéressent au cas de Amadou Bâ, il leur faut attendre la lecture de la composition du gouvernement post-électoral, son architecture pour pouvoir prétendre livrer des analyses plus objectives au lieu d’aller très vite en besogne comme une certaine presse nationale est en train de s’y épancher ces derniers jours.

D’ailleurs, il ne s’agit pas seulement du cas isolé Amadou Bâ mais aussi de celui de tous les proscrits de la Sainte Toussaint 2020.

Aminata Touré, même si elle traîne le boulet d’une absence de base à Grand-Yoff et n’a pas réussi un ancrage solide à Kaolack, reste toujours cette directrice de campagne aux deux élections présidentielles auxquelles Macky Sall a participées et remportées. Jamais deux sans trois, pouvait-on prédire, valable pour les deux ex révolutionnaires, comme si leurs destins étaient historiquement liés, sanctifiés.

El Hadj Oumar Youm, son ex-directeur de cabinet, rempile à Thiadiaye malgré les coups de boutoir de madame Sophie Gladima, ministre du Pétrole et de l’Énergie, pressée avec ses alliés de le rayer de la carte politique de Mbour.

A Linguère, le très populaire et entreprenant Aly Ngouille Ndiaye, ex-ministre de l’Intérieur, a sauvé son fauteuil contre les visées du ministre réwmiste de l’Élevage Aly Saleh Diop, nommé expressément comme pour un marquage à la culotte dans le Djolof qui voit ses prétentions dans cette localité fondre comme du beurre au soleil.

Peut-on toutefois, avec ses signaux faibles, conclure que le président Macky Sall est en train de réhabiliter ses frères militants des premières heures, victimes d’une véritable purge à la Staline que des corbeaux nichés au palais avaient ourdie contre ceux-ci, dont son fidèle et ami intime, le Premier ministre Mouhamed Boun Abdallah Dione ?

Les Golden Boys de Macky

De ce scrutin qui s’annonce, Macky Sall n’a pas fait que seulement remettre en selle son ancienne garde républicaine, même si l’opinion ne voit que ses images déformées.  Il a aussi et surtout mis les pieds à l’étrier à certains golden boys très discrets, pas forcément novices en politique, dont le plus en vue est Amadou Hott, son ministre du Plan et du Budget, pour effacer Bara Gaye l’ex-karimiste du landerneau de Yeumbeul Sud.

Amadou Hott n’est pas certainement affecté à Yeumbeul-Les-Marécages pour jouer au père Emmaüs, en distribuant des kits scolaires aux écoliers, finançant des projets de jeunes et de femmes, s’embourbant dans les eaux boueuses créées par les inondations.

Abdoulaye Saydou Sow, ministre de l’Habitat, a enfin remporté son combat contre le maire socialiste sortant de Kaffrine. Cheikh Bakhoum, directeur de l’Agence De l’Informatique de l’État (ADIE) est positionné à Grand Yoff. Mame Boye Diao, directeur des Domaines à Kolda, Cheikh Ahmed Tidiane Bâ, directeur général de la Caisse de Dépôts et Consignations (CDC) pour supplanter le maire Bamba Fall à la Médina, de plus en plus isolé.

Thérèse Faye restera maire de Diarrère.

Cette génération montante avec les Abdou Karim Fofana, Abdou Mbow, 1er vice-président de l’Assemblée nationale est celle avec qui le président de la République entend collaborer, y compris bien sûr ceux cités plus haut, dans la ligne droite qui mène aux portes de la Présidentielle de 2024.

Il faudrait laisser le temps au  prochain scrutin livrer ses vérités, le président de la République former un gouvernement post-électoral pour décrypter le message de Macky Sall et élucider le rôle essentiel et singulier qu’il entend faire jouer à Amadou Bâ.

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