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Amadou Bâ, Aly Ngouille Ndiaye, Omar Youm au matelas: Silence, on ne dort pas ! Par Mohamed Bachir DIOP, Rédaction centrale, Le Devoir

C’est bien le cas de le dire : les désormais anciens ministres prennent leur mal en patience ; mais leur patience, c’est aussi le cas de le dire, a des limites, dans la limite où après leur limogeage ils n’ont pas été la cible de leurs frères de l’Alliance pour la République (APR), très prompts à dénigrer tous ceux qui n’ont plus la confiance du chef ; ils se contentent donc d’observer un silence de tombe.

Ils surveillent cependant leurs arrières :  ils ne dorment que d’un œil afin de ne pas se laisser surprendre par les snipers de l’Apr qui profitent de la plus petite occasion pour déclencher un feu nourri sur ceux qu’ils croient bannis par le saint des saints. La preuve par maître Moussa Diop, ex-Dg de Dakar Dem Dikk qui, depuis son limogeage est devenu la tête de turc préférée de ces messieurs qui lui cherchent des poux sur la… tête. Pourquoi ? Parce que lui il ne la ferme pas, il la claque sans discontinuer et ce n’est pas de bon ton chez les apéristes de dévoiler après son éviction des choses que l’on a connus lorsqu’on était aux affaires. La preuve aussi par Abdoul Mbaye que l’on n’a cessé de tenter de mouiller dans des indélicatesses qui ont eu cours lorsqu’il était Premier ministre.

Les sujets les plus tabous sont le pétrole, le gaz et la question du « troisième mandat ».

Et Mimi Touré ? Pourquoi la regarde-t-on en coin depuis qu’elle a quitté la tête du Conseil économique, social et environnemental ? Parce qu’elle refuse simplement de taire ses ambitions politiques. « En politique, l’ambition n’est pas un délit, au contraire. Dans un système politique concurrentiel, on ne reste pas assis à regarder passer les trains. Un politicien sans ambition, c’est un politicien qui ne vous dit pas la vérité » a-t-elle notamment lâché lors d’une interview accordée à un magazine international peu après avoir été évincée de la tête du CESE. Naturellement cela ne plaît pas dans les rangs de l’APR où l’on coupe toutes les têtes qui dépassent d’un cheveu. Amadou Bâ, Aly Ngouille Ndiaye ou encore Omar Youm sont bien placés pour le savoir. Aussi, s’ils en ont, ils cachent leurs ambitions, dissimulent soigneusement leur agenda politique et se mettent au matelas.

Dans le jargon de la Mafia sicilienne, « se mettre au matelas » signifie qu’on se barricade en attendant de faire face avec détermination à une éventuelle attaque ennemie ; mais en politique, cela signifie qu’on se met en réserve en attendant de négocier pour revenir aux affaires sans se compromettre par des déclarations qui pourraient mettre le feu aux poudres. Comme les sportifs se mettent au vert pour préparer une compétition majeure, les hommes politiques se couchent lorsqu’ils sont contrariés dans la poursuite de leur carrière mais ils ne dorment pas. Ce n’est pas là l’attitude de l’autruche qui enfonce sa tête dans le sable pour se cacher d’un danger imminent mais celle du lion qui veut piéger la gazelle (Oryx ?) en faisant semblant de somnoler. Une stratégie souvent payante mais qui ne donne pas toujours les résultats escomptés.

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