Algérie : Le « pétrole rouge »
L’Algérie et la gestion des ressources en hydrocarbures
Le « Novembre économique » a donné lieu à la Toussaint du 24 février 1971 et au « pétrole rouge »
Le « Novembre économique » a donné lieu à la Toussaint du 24 février 1971 avec la nationalisation du pétrole algérien « au nom du peuple » ; plusieurs compagnies pétrolières avaient « décrété » le pétrole algérien « pétrole rouge »… Mais le pétrole et le gaz algérien ont continué à être vendus sur le marché international. Les tentatives de blocus international au lendemain de la nationalisation du pétrole algérien n’ont pas prospéré.
Le 24 février 1971 marque un tournant historique pour la République algérienne, démocratique et populaire : le président Houari Boumediène annonce lui-même, ce jour-là, la nationalisation des ressources du sol et du sous-sol.
Plusieurs commentateurs de cette annonce ont parlé de « Novembre économique » en pensant à la date de déclenchement de la lutte de libération nationale intervenue le Premier novembre 1954.
Les compagnies pétrolières internationales et
notamment françaises qui exploitaient le gaz et le pétrole algérien sont concernées.
« Au nom du peuple » : cette formule précède les actes officiels posés.
L’Algérie reprend donc en main la gestion de ses ressources naturelles et particulièrement les hydrocarbures, secteur stratégique s’il en est.
Les cadres et techniciens algériens ont pris la relève de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz dans le Sahara.
Après l’annonce faite sur les ondes d’une radio française par un journaliste célèbre, plusieurs compagnies pétrolières, en réaction à la décision de nationalisation intervenue le 24 février 1971, ont «décrété » le pétrole algérien « pétrole rouge »… Les ventes de ce pétrole devaient être bloquées…
Mais le pétrole et le gaz algérien ont continué à être vendus sur le marché international.
Curieusement; j’ai eu la chance de suivre cette annonce « en direct » à Bonn (Allemagne) où je résidais avec mon oncle, diplomate et futur ambassadeur du Sénégal en Algérie…
C’était il y a 54 ans…
L’expérience algérienne dans la gestion des ressources en hydrocarbures est grande et reconnue au plan international. Son expertise dans ce domaine spécifique dépasse les frontières de l’Algérie. Nous avons rappelé déjà que plusieurs experts algériens conseillaient les « monarchies du Golfe ».
L’usine de liquéfaction de gaz naturel a été mise en service en 1964 en Algérie. L’Algérie a été le premier pays au monde à exporter du gaz naturel liquéfié par méthanier en 1964…
La raffinerie de Mbao au Sénégal (SAR) qui a été mise en service en 1964, a traité plusieurs cargaisons de pétrole brut en provenance de l’Algérie.
La SAR importait du pétrole Hassi Massaoud (devenu Sahara Blend) une des meilleures qualités de pétrole brut sur le marché.
En 1964, l’Algérie a créé, en vue de la formation de ses cadres et techniciens, le Centre africain des Hydrocarbures et des Textiles (CAHT) sur le site de Boumerdès qui est devenu en 1974 l’Institut national des Hydrocarbures et de la Chimie (INHC). Plusieurs ingénieurs sénégalais et africains ont été formés à l’INHC. L’Institut avait été confié à la coopération russe (URSS).
Il est étonnant que les sociétés algériennes de pétrole et de gaz ne soient pas encore présentes au Sénégal. La coopération Sud-Sud dans le secteur des hydrocarbures devrait être encouragée.
L’industrie algérienne produit des biens d’équipement (oléoducs, gazoducs, etc…) destinés à l’industrie du pétrole et du gaz.
Plusieurs missions d’études ont été organisées dans quelques pays producteurs de pétrole et de gaz mais aucune n’a été organisée véritablement en Algérie, à l’exception de celle de 2015.
Trois expériences mériteraient d’être étudiées : l’expérience de la Norvège, l’expérience du Venezuela et l’expérience de l’Algérie.
L’industrie du pétrole et du gaz dans l’amont pétrolier est encore neuve au Sénégal et nous gagnerions à nous instruire des expériences citées, y compris en matière de contenu local.
Les juristes du Sénégal, les cadres et les ingénieurs pourraient tirer largement profit de la rencontre avec leurs homologues algériens et de la visite des installations pétrolières et gazières en Algérie.
Enfin, plusieurs ouvrages ont été publiés sur l’expérience de l’Algérie en matière de gestion des ressources en hydrocarbures.
L’Algérie est un membre actif de l’OPEP depuis 1969 et de l’APPA (Organisation des Pays africains producteurs de Pétrole) depuis 1987 à Lagos (Nigéria).
Vovo Bombyx
20/8/2025
