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AFP – L’espoir ne meurt jamais P. MBODJE

S’ils s’étaient tous constitués en barrière infranchissable pour protéger Moustapha Niass, ni Alioune Sarr, ni Mbaye Dione n’auront eu l’impact que le Dr Malick Diop aura eu et manifesté de sa proximité avec le chef : la froideur affichée de l’un pour paraître plus chef contraste avec le peu de pénétration sociale du maire de Ngoudiane perçu sans épaisseur intellectuelle, bien que, dit-on, banquier. Leur mérite aura été d’être des plus visibles dans les grands moments de difficulté du président Niass en bute aux petits-fils à l’Assemblée nationale.

Si une sorte d’amour-répulsion semble caractériser les relations entre le maire de Notto Diobass et le patron de l’Alliance des Forces de Progrès accusé même à certains moments de vouloir migrer vers l’Alliance pour la République de Macky Sall, la sincérité touchante de Dione se vérifie par l’ambassade sociale qu’il assume au nom du chef lors de certaines cérémonies populaires : il donne de son bien et de sa personne et assure être en ambassade du grand patron.

Si le docte Bouna Seck est perçu comme l’inspirateur de l’ombre pour compléter les quatre mousquetaires, le docteur Malick Diop est apparemment le dernier des Mohicans de l’Alliance des Forces de Progrès : même s’il est devenu peu visible depuis quelque temps, entre les événements de la Toussaint 2020 et aujourd’hui, avec l’annonce du retrait de Moustapha Niass,  il n’en a pas moins assumé son rôle de bout en bout entre 2012 et 2019 ; il a sillonné les rédactions (SenTv et 2sTv) à s’égosiller sur la force de la formation de Moustapha Niass qui s’étiolait pourtant déjà, au sein de la coalition ;: les deux représentants dans le gouvernement migrent vers le parti de Macky Sall qu’ils veulent renforcer malgré un embonpoint qui commence à inquiéter (quotidien “L’As” du vendredi 30 novembre 2012) ; le porte parole du gouvernement et le ministre du Commerce veulent en effet effacer l’Afp du gouvernement en décidant de migrer, la fusion étant préférable à la transhumance négativement chargée depuis Wade en ce qu’elle sert de refuge pour éviter les foudres d’un pouvoir nouveau à la recherche de prévaricateurs. C’est à se demander d’ailleurs quelles seraient les fautes commises pour les deux prétendants, au point de se chercher un parapluie doré.

Ces velléités se déclenchent au moment où Niass était décrié au Parlement pour la manière dont il gérerait ses collègues députés. Mais si l’on sait qu’à un moment donné le Dr Malick Diop est donné dauphin désigné, on comprend que beaucoup veuillent sa mort : l’Apr de Macky Sall n’en veut pas comme dauphin et sa propre coalition va à vau-l’eau (EnQuête N° 442 du 30 novembre 2012, page 3)

Il suffit : le porte-parole de l’Alliance des Forces de Progrès (Afp), Dr Malick Diop, promet une réponse politique ou judiciaire à toute personne qui s’attaquerait à nouveau à son leader de parti, en l’occurrence Moustapha Niasse. Face à la presse hier, mardi 27 octobre 2015, le protégé du président de l’Assemblée nationale a légitimé la position du bureau de l’hémicycle dans le différend entre députés de l’opposition, non sans sonner la fin de la récréation. Intramuros, c’est la guerre des tranchées à l’AFP entre le maire de Notto Diobass et non moins ministre du Tourisme et des Transports aériens et le maire de Ngoudiane, Mbaye Dione. Peu sollicité, Alioune Sarr ? Il a pourtant tout donné avec élégance, compétence et loyauté.

Quinze pour cent des Sénégalais ont voté Niass en 2012, dernière présidentielle avant les adieux de 2022 : Moustapha Niass mérite plus et mieux au vu de son parcours depuis l’indépendance. Il a plus que placé sa pierre à l’édifice, au propre et au figuré : les adieux pour les 22 ans du parti de l’Alliance des Forces de Progrès ce samedi 19 juin 2021 excluent un pan plus qu’important des soixante ans de vie publique faite d’abord de sacerdoce, à une période socialiste de grands sacrifices au service d’un commun vouloir de vie commune : les 40 ans du Parti socialiste auxquels l’enfant de Keur Madiabel a participé et qu’il a aidé à consolider auront sauvé le Sénégal des tables rondes du Vent d’Est, de la « tiède démocratie » rejetée par François Mitterrand au sommet de la Baule et de l’invasion de l’intolérance ethnique et religieuse qui ravage aujourd’hui le monde.

Le combat du père ne sera pas celui du fils mais l’espoir ne meurt jamais. Le premier cercle visible n’est pas l’Afp de Niass et l’histoire survit à l’actualité. Heureusement.

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