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Affaire Sonko: Gros de tous les péchés du Sénégal Par Habib KA, Bureau régional de Matam, Thilogne

Chaque Sénégalais qui voudra juger Ousmane Sonko doit d’abord faire une introspection de son être, son vécu personnel, puis, quitte avec sa conscience, s’y mettre. Ousmane est un mortel, comme tout humain, faillible. Celui qui n’a jamais péché peut lui jeter des pierres.

Il est comme tout humain même s’il prêche l’orthodoxie pour une gestion des biens de la Cité, une certaine éthique de la politique, une déontologie comportementale. Même s’il est chef du prestigieux parti le Pastef, cela ne le dispense pas des fautes, des erreurs, des faiblesses.

Ses adversaires les plus irréductibles ne sont certainement pas des saints exempts de tout reproche.

Au contraire. Si l’on se fie aux déclarations de Moustapha Cissé Lo, à la presse, aux réseaux sociaux, plein de ses camarades de parti font piètre figure.

Peut-on comprendre depuis l’éclatement de cette sale affaire de mœurs, dans une société de croyants dont plus de 90% se réclament musulmans, que des personnes se délectent de déclarations les plus saugrenues, les plus malveillantes dans le seul but de nuire à l’intégrité physique et morale de la personne ?

Dans une société puritaine, ou souhaitée comme telle, l’attitude de ces adultes devaient être de se désoler de ce que ce frère en Islam soit soupçonné de relations adultérines répétitives sous contrainte d’armes à feu avec une jeune femme de 21 ans employée d’un salon de massage. Oui, pour des croyants fervents, la réaction était de s’apitoyer des malheurs de la personne incriminée, de prier le bon Dieu pour qu’il soit sur le chemin de la repentance et de la demande du pardon de son Seigneur et de la victime, en évoquant Soubhaana Allah.

Ici, par contre, tout le monde y va à cœur de joie, “di xoromal” comme Assane Diouf savait bien le faire du temps où il se donnait quartier libre.

Et comme tous les jours, les réseaux sociaux fournissent les informations les plus inouïes, les plus farfelues, des fake news, au point que les Sénégalais ont du mal à discerner avec certitude le vrai du faux ; ceux qui lui en veulent s’exercent à évoquer le diable pour que le malheur tombe sur lui, pour que les faits qui lui sont reprochés soient avérés. Comme si le malheur de Ousmane Sonko pouvait leur procurer une once de bonheur.

Vivre dans une société hypocrite où les positions de domination étouffent les scandales jusqu’aux plus scabreux, de ses impunis, de ses protégés qui sont tout sauf des anges, dans ce Sénégal où tout se sait, tout se tait.

Un monde de: prostitution, adultères, viols, homosexualité, incestes, maraboutage, crimes rituels, doubles vies, alcoolisme, drogue, viol, détournements de derniers publics, blanchiment d’argent sale.

Un monde où vautours et démons survolent la nuit des espaces et édifices publics, des maisons, rôdent partout et s’intéressent à tout, et le matin, ils deviennent monsieur tout le monde, tout purs, tout nickel, tout saints, pour jeter l’opprobre sur Sonko, Sonkolait, Sonkovitalait et autre Sonko-ci, Sonko-là.

Tout le bien que lui souhaitent ces monstres-là, c’est qu’il viole à maintes reprises, armes à la main, Adja Sarr, que les informations distillées contre lui soient avérées, que le Diable ait atteint son âme, qu’il soit détourné du droit chemin, qu’il tombe dans la déperdition pour finir en enfer.

Une société ne peut pas avancer ainsi, par le vampirisme, la négation de ses fils de surcroit les plus valeureux, les plus ambitieux, les plus intègres. Jusqu’à l’extinction du soleil de Idy, Ousmane Sonko passe aux yeux du Sénégalais ordinaire pour être un homme intègre, patriote, courageux, ambitieux, sincère, droit.

“Yalla rek ka xam”.

Un pays ne peut pas procéder par l’élimination de ses potentiels dirigeants, simplement parce qu’ils se trouvent, par le hasard d’un calendrier politique, au travers de la route d’un certain président : Karim Wade, Khalifa Ababacar Sall, chacun en ce qui le concerne, a reçu sa dose neutralisante ; Ousmane Sonko reçoit la sienne des mains expertes d’une masseuse de salon. Ainsi fut fait, les actualités sénégalaises s’emballent.

Sonko sur toutes les lèvres, Sonko sur tous les toits, Sonko sur tous les plateaux, Sonko à Touba, Sonko au palais, dans la bouche du chef de l’État, Sonko Farñent qui embrase tout le pays, confirmant les propos du politologue Babacar Justin Ndiaye, qu’il donne ou encaisse des coups, il en sort toujours victorieux. Certains analystes politiques vont jusqu’à argumenter que le palais de la République est son agent de marketing.

Tout compte fait, Ousmane Sonko est en pôle position pour la Présidentielle de 2024. Détruire la carrière du jeune leader pastefien en l’embrigadant dans un procès civil, après avoir perdu son immunité parlementaire, son intégrité morale où il en sortira avec un emprisonnement, une amende pécuniaire, des pertes de droits civiques, cinq ans après avoir été radié de la fonction publique, relève d’un acharnement forcené

Avec le procès de Ousmane Sonko, leader de Pastef/ les Patriotes, le pays va vers un séisme entretenu par des faucons, vrais pyromanes du palais dont l’échelle d’amplitude incertaine peut menacer la cohésion sociale, la paix, la sérénité souhaitées par tous dans un Sénégal, Sunu gaal uni autour d’Un Peuple, Un But, Une foi.

Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, Khalife Général des Mourides, est tout indiqué pour écouter son message au téléphone, la voix des sages, ceux qui appellent au dialogue franc et sincère, à l’apaisement, à la concorde nationale.

Rappelez ici au président de la République Macky Sall, qu’un certain jour du mois d’été, juin 2008 précisément, sur votre demande, en difficulté au sein du Parti démocratique sénégalais (PDS) de Abdoulaye Wade, vous vous êtes rendu à Touba accompagné de Doudou Wade, président du Groupe parlementaire Libéral et Démocratique et de Abdoulaye Faye, administrateur général du Pds pour remercier El Hadji Mouhamadou Lamine Bara Fallilou Mbacké d’avoir intercédé en votre faveur. Certains de vos contradicteurs disaient que vous aviez agi ainsi pour vous éviter la prison dont vous avez une peur bleue.

Épargner vos opposants de cette peine alors !

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