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Affaire Sonko et Adji Sarr-Ababacar Sadikh Top à la barre témoigne en faveur de Ousmane Sonko Entretien dirigé par Chérifa Sadany SOW, Le Devoir

« Sonko n’est pas si bas pour… »

Ababacar Sadikh Top a une mission : innocenter Ousmane Sonko dans l’affaire de viol d’où il est l’accusé. A la cité Keur Gorgui, l’homme aux multiples casquettes : journaliste, auteur, entrepreneur, a bien voulu nous accorder un entretien pour revenir sur les faits du scandale qui inculpe Sonko.

Êtes-vous un membre de Pastef ?

– Non, je n’ai pas de carte de Pastef ; je reste journaliste de formation certes bien vrai que je suis ami, et j’ai des relations personnelles avec Ousmane Sonko.

Depuis quand connaissez-vous Ousmane Sonko ?  Avant ou après que vous ayez écrit sur lui ?

– Ousmane, je l’ai connu en 2016, bien avant qu’il ne soit radié. On s’est véritablement rencontré lorsqu’il a été radié et je me souviens qu’on s’est rencontré lors d’une émission de télévision lorsque j’étais encore journaliste à DTV, c’était un septembre 2016. Après, j’ai entrepris, pour des raisons de clarification et d’éclairage au public, une enquête basée sur un questionnaire pour réellement essayer de découvrir qui était cet homme qui venait d’être radier et qui suscite autant de passion.

Êtes-vous êtes l’un ses hommes de confiance ?

– C’est trop dire ! Peut-être que cette question devrait être posée à Ousmane Sonko. Tout ce que je sais toutefois, c’est que c’est quelqu’un en qui j’ai énormément de respect et il me le rend. Donc en ce sens, je peux dire que nous nous respectons mutuellement. Puisque nous discutons souvent sur des questions d’intérêt national ; je présume qu’il y a une confiance qui nous lie lui et moi.

N’est-ce pas une preuve de confiance suffisante le fait que vous soyez chez lui ?

– Non être allé chez lui ne veut pas dire que c’est une preuve. Des journalistes sont chez lui, des organes de presse sont souvent de passage chez lui pour discuter ou échanger avec son entourage pour essayer d’avoir des informations, et essayer d’en savoir un peu plus sur l’évolution de cet événement. Comme je l’ai dit plus haut, face à cette épreuve, c’est une obligation pour moi de lui témoigner mon soutien.

Et le fait qu’il vous parle de ses problèmes financiers ?  Vous avez avoué dans une émission qu’il vous a effectivement fait part de son souci d’argent.

– Non. Il faudrait que je précise une chose. En ce moment, je suis dans le domaine entrepreneurial. Au-delà de mes activités journalistiques et professionnelles, je mène des activités d’entrepreneuriat agricole. C’est dans ce sens, que nous discutions respectivement de nos activités. Et c’est là que j’ai su qu’il voulait acquérir un champ et que le prix du champ était trop élevé, au-delà de ses ressources financières. C’est là que je l’ai su.

Le connaissez-vous assez bien pour affirmer avec exactitude que Ousmane Sonko n’a pas violé et qu’il ne pourra jamais commettre un tel acte ?

– Là je le connais assez bien pour le dire et je suis radical là-dessus. Il n’en est rien réalité. Il n’en est absolument rien du tout. C’est un complot, c’est une manigance, une imagination contre un homme qui incarne des valeurs, contre un homme qui incarne des attributs d’éthique, contre un homme qui a un discours enrobé de vertus. Et c’est un tel homme que certains, notamment ceux qui complotent derrière, veulent entacher par des manigances pour essayer de le discréditer, jeter en pâture son image et son honorabilité devant le peuple sénégalais. Comme pour leur dire que cet homme qui se présente à vous comme étant un homme de valeur, d’éthique n’est pas celui que vous croyez. C’est ce complot abject et lâche qui est à l’origine de ce scandale.

Est-ce qu’un discours éthique suffit pour qualifier une personne d’être vertueuse ?

– Il ne s’agit pas tout simplement de discours. Je vous ai dit tout au début de cette interview que lorsque j’écrivais le livre sur Ousmane Sonko, j’ai fait des enquêtes. En partant des milieux qu’il a fréquentés, son entourage, son milieu professionnel, là où il a fait sa formation. Je n’ai pas rencontré dans le secret de cette enquête une seule personne, vraiment une seule qui m’a affirmé quelque chose qui a fait ou qui peut faire douter de la valeur morale de cet homme ; moi entre-temps je l’ai beaucoup approché, j’ai beaucoup discuté avec lui entre quatre murs, j’ai beaucoup connu l’homme à travers des faits et je vous dis ici et maintenant que ce que j’ai vu en l’homme n’a absolument rien à voir avec ce que l’on voudrait croire notamment ses adversaires politiques.

Parlons du viol. Vous attaquez souvent Adji Sarr et vous défendez la propriétaire qui l’avait réembauchée. Pourquoi vous ne l’aviez-vous pas soupçonné de faire partie du complot ? Apparemment elle détient beaucoup d’informations.

– La propriétaire du salon est une dame digne. C’est une femme qui a des principes. Pourquoi je le dis ? Je me base sur des faits pour qualifier une personne. Cette dame, nous l’avons tous entendu dire que certains esprits vils lui ont proposé énormément de choses, notamment de l’argent, pour qu’elle témoigne à charge contre Sonko. Elle pouvait changer de version pour se faire de l’argent et bénéficier de la protection des comploteurs mais elle a choisi de rester digne, elle a choisi de ne pas tout simplement défendre un homme. Elle a choisi d’être du côté de la vérité que lui impose son intime conviction. Vous comme moi et même les Sénégalais qui nous lisent sommes des supposés personnes dignes. Parce que nous ne nous sommes pas confrontés à des situations de corruption de la sorte pour évaluer notre dignité, mais cette dame avait une situation de corruption qui s’était présentée à elle. Des personnes vicieuses ont essayé de la corrompe pour qu’elle change de version mais elle a dit niet et s’est limitée aux faits.

Il y’a également les autres témoins. Est-ce que vous avez entendu un seul témoin à charge contre Ousmane Sonko ? Tous ont témoigné à décharge. Pensez-vous qu’un homme peut violer une fois, deux fois, trois fois jusqu’à quatrième fois, une femme sans qu’elle ne crie, sans qu’elle ne dénonce jusqu’à la quatrième fois ?  Et pire encore, pensez-vous qu’une victime de viol, on parle bien de viol, va prendre rendez-vous avec son bourreau, qui plus demandait avec autant d’excitation si Ousmane Sonko allait venir ? Nous sommes en face d’une ignominie, d’un complot mené par un parti Etat ou une coalition Etat pour éliminer un adversaire politique. De vrais trouillards !

Et si son agresseur est un pervers narcissique ? Ça arrive de voir une femme violée qui finit par être dépendante de son agresseur jusqu’à ne pas très tôt le dénoncer.

– Ça c’est dans les films.

Pourtant les rumeurs disent que Ousmane Sonko a parfois un comportement narcissique. Qu’il n’accepte pas le critique, qu’il aime se victimiser, qu’il a l’art de manipuler, qu’il a le sentiment que tout lui est dû ; avez vu décelé cela en lui ?

– Je ne réponds pas aux rumeurs.

La décision de Ousmane Sonko d’aller se faire masser n’est-elle pas contraire aux obligations morales admises dans la société ?

– Madame, est-ce que vous avez écouté la dame propriétaire de ce salon ? Cette dame regorge de dignité et de valeur. Elle ne se laisse pas corrompre. Or, dans notre société, il y a énormément de corruptions. Pensez-vous qu’un homme qui va à la rencontre d’une telle dame propriétaire d’un salon de massage pour se faire soigner, une dame qui a toute sa dignité, vous y voyez une entorse aux valeurs morales ? Une personne dit être malade et dit n’avoir pas des moyens pour se faire soigner dans d’autres centres parce que c’était trop cher, cette personne entre dans un salon de massage parce qu’elle souffrait, parce qu’elle avait des douleurs, entre dans un salon pour se faire soigner, les gens nous parlent de valeurs morales ? La vérité est que les Sénégalais se sont rendu compte que c’est un complot et une certaine presse complice veut les désorienter. La vérité ce n’est pas de dire qu’il devait y aller ou pas. La vérité c’était de montrer que tout ceci est un mensonge et un complot, c’est ça la vérité. On a comploté contre un homme, on nous parle de viol. Les faits déjà entendus montrent qu’il n’y a pas de viol, maintenant on est en train de nous désorienter sachant que tout ceci n’est qu’un pet de lapin. Vous savez là où se trouve la question ? Le mensonge et le complot ourdis contre Ousmane Sonko.

Aujourd’hui, si on était réellement dans un pays sérieux, on allait essayer de traquer ceux qui essayent de ternir l’image de cet homme qui, après tout, n’est pas n’importe qui au Sénégal, qui après tout est une incarnation d’un espoir que les jeunes nourrissent. Ces comploteurs veulent éteindre cette lampe qui nous sert d’espoir, qui nous sert de lumière. Je pense que nous devons refuser et dénoncer à travers la presse et ainsi mettre au courant l’opinion publique pour qu’elle comprenne comment ce complot est encore autre expression d’un manque de respect et de considération à l’encontre des Sénégalais.

Vous avez attaqué le PDS sur votre page Facebook après l’intervention de Wade dans laquelle il dit que Sonko manque d’expérience. Pourquoi cela vous a autant affecté ?

– Moi je trouve que ce soi-disant communiqué est fait à dessein avec de la manipulation politique. Je l’ai attaqué et je m’en limite exclusivement là et c’est une attaque personnelle que j’assume. Vous savez dans ce pays, l’histoire est témoin de ce qui s’est déjà passé donc nous ne pouvons accepter certaines choses.

N’est-ce pas contradictoire de vous voir attaquer le PDS, de leur exiger le silence alors que Sonko reçoit leur soutien. Il a même autrefois trainé avec Wade. 

– Ce que peut dire Ousmane Sonko engage Ousmane Sonko. Ce que dit Ababacar Sadikh Top engage Ababacar Sadikh Top. Ces amitiés ou bien ces témoignages envers Abdoulaye Wade l’engagent et peut-être il y a une part de vérité mais ma position et ma posture là-dessus à travers le poste que j’ai fait sur Facebook m’engagent et je l’ai assumé.

Et si Macky Sall était à la place de Sonko et Sonko à la place de Macky Sall ?

– Je vais revenir sur une définition que j’ai déjà donnée de ce qu’on pourrait appeler la neutralité. Je suis pour la vérité, pour la dignité, pour le respect des valeurs des hommes. Je ne suis pas avec une personne tout simplement parce que j’ai une admiration envers cette personne. J’ai fait le choix de courir derrière la bonne information. Celle qui est la vérité et dès lors que je cours derrière cette information, et dont la forme comme le fond sont imbibés de vertus et de valeurs morales, je ne me demande plus si c’est Ousmane Sonko, Macky Sall ou une autre personne. Et ici, après une déduction des faits, la vérité pour moi c’est que tout ceci est un complot et qu’en réalité c’est faux de dire qu’il y a viol et les Sénégalais le savent.

Ousmane Sonko vous avait-t-il dit qu’il fréquentait un salon de massage ?

– Tout le monde n’expose pas son bulletin médical. Je ne le fais pas, vous ne le faites pas parce que c’est une question un peu sensible donc je n’étais pas au courant.

Si vous le connaissez tant, pensez-vous qu’il incarne les critères dignes d’un président de la République. Est-ce qu’il est assez méfiant ?

– Je vais parler comme un citoyen sénégalais et vous dire ce que je pense. Dans le milieu politique, en ce moment, d’après ce que nous voyons et les hommes que nous voyons, pour moi le meilleur choix politique c’est Ousmane Sonko. Il a les compétences, la crédibilité et la légitimité est en train de se construire et ne se saura qu’à travers les urnes. D’ailleurs, vraisemblablement, ses adversaires politiques n’ont pas le courage de lui faire face démocratiquement alors ils passent par des complots.

Donc le fait qu’il savait qu’on allait comploter contre lui en passant par là où il se soigne, et qu’il n’a pas pris les devants pour éviter, cela vous parait-il logique ?

– Encore une fois, je rappelle quelque chose que j’ai déjà dit dans d’autres interviews, c’est son choix à lui, et cet homme qui dit n’avoir pas des moyens pour se faire soigner dans un autre centre, je me limite à ce qu’il me dit et je ne fais pas de commentaire là-dessus.

C’est quoi changer le système selon Ousmane Sonko ? C’est changer les comportements, la manière de gouverner, les fréquentations ?

– Changer le système pour moi c’est d’être en adéquation, c’est à dire rigueur avec les lois. Changer le système c’est arriver à faire adhérer les Sénégalais pour qu’ils comprennent que dans chaque action, dans chaque fait, il faut se poser une seule et unique question : Est-ce que l’action que nous sommes en train de faire, de poser, va à l’endroit de l’intérêt des Sénégalais ? Faire de sorte que tous ceux qui sont dans les postes stratégiques, dans les positions de décision, les administrateurs ainsi que les administrés, ceux qui sont dans les services publics et privés, dans leurs actions de tous les jours se posent toujours la même question : Est-ce que l’action que je mène va à l’endroit des intérêts du Sénégal et des Sénégalais ?

Que pensez-vous du fait qu’il répète les mêmes comportements que l’actuel système, c’est-à-dire se cacher derrière les marabouts si toutefois il y a problème ?

– Se cacher derrière quel marabout ? Depuis l’éclatement de ce complot, Ousmane Sonko n’est pas sorti de chez lui pour aller à la rencontre d’un marabout. Ce qu’il y a eu lieu par contre, c’est qu’il y a des marabouts médiateurs sociaux qui s’intéressent à la stabilité du pays et qui sont venus à sa rencontre, après avoir écouté les faits pour lui témoigner leur soutien, lui montrer qu’ils sont là, qu’ils le soutiennent.

Et si par extraordinaire l’homme Ousmane Sonko a violé Adji Sarr ?

– Il y’aura pas cet extraordinaire dénouement. En l’absence de faits douteux, on se concentre sur l’essentiel et aujourd’hui l’essentiel est que tout ceci est un complot.

Est-ce que Ousmane Sonko a dit qu’il ne connaissait pas Adja Sarr ?

– Il l’a déjà dit et ça Bassirou Djomaye Faye y a répondu. Donc je me limite tout simplement à cette réponse.

La communication de Sonko est critiquée. Selon certains, il ne devait pas accuser l’État. Vous en pensez quoi ?

– Il n’a pas accusé l’État. Est-ce que Macky Sall est l’État selon vous ? Le président Macky Sall n’est pas l’État du Sénégal. Il incarne la personnalité morale de l’État. Il y’a nuance. Il faut faire la différence entre Macky Sall comme chef d’État et Macky Sall comme homme politique et chef de parti. Ce que nous voyons en tant qu’homme politique chef de parti, c’est un apposant à Ousmane Sonko. Ce dernier a attaqué son opposant politique qui s’appelle Macky Sall, donc pour moi, il y’a aucun doute là-dessus. Sa communication est bien taillée sur mesure en fonction des évènements.

Avait-il besoin de mêler sa mère dans ce scandale ?

– Il faut aller le lui demander.

Ne pouvait-il pas-t-il pas éviter que sa mère intervienne ?

– Dire qu’il a mêlé sa mère ou pas sur cette affaire n’est qu’une réflexion sordide que mènent certains pour orienter l’opinion publique. Mais la vérité des faits et ce qui importe aujourd’hui c’est une accusation de viol, laquelle, par les faits, est fausse, et qu’en réalité il y’a complot derrière. Et aujourd’hui, je pense que ce qu’on doit faire c’est aller à la recherche des comploteurs. Si on se rend compte puisque les faits le démontrent que tout ceci n’est que complot ; on doit essayer d’aller voir au-delà de Adji Sarr, chercher ceux qui se cachent derrière, ceux qui essayent de ternir l’image de cet homme qui, encore une fois, devrait être protégé. Parce qu’il est troisième à une élection présidentielle. C’est un député donc un représentant du peuple mais aussi un homme sur qui énormément de jeunes ont encore de l’espoir. C’est un présidentiable, quelqu’un qui voudrait que le Sénégal change. On devrait aller à la recherche de la bonne information en essayant de démanteler le réseau des comploteurs qui est derrière cette injustice. Je pense que c’est ça qui est important aujourd’hui.

Et si ce complot était de bonne guerre ? Pensez-vous que Ousmane Sonko puisse faire la même chose pour anéantir son adversaire ?

– Sonko n’est pas si bas pour le faire. C’est de la bassesse. C’est de l’ignominie. Ça il ne le ferait pas, jamais de la vie. Il n’a même pas pensé une seule fois qu’en allant dans un salon de message pour se faire soigner que ses détracteurs, ses ennemis allaient être si bas pour comploter dernière lui de cette façon. Malheureusement il se rencontre qu’en réalité la bassesse n’a pas de limite.

Le Devoir

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